Article n°13- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

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Article n°13- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

janvier 26, 2019 admin

HABITUDES ALIMENTAIRES AU PETIT DEJEUNER DES ECOLIERS ET ELEVES DANS LA MUNICIPALITE DE PARAKOU

 

Julien Chambi ATCHADE

julienatchade@yahoo.fr

Alabi AWE,  

Jules SOSSA,

                                                                                                      Université de Parakou

 

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Abstract

This study aims at determining the factors guiding food choice for breakfast purposes among the Parakou pupils and students. The methodology adopted to guide this research work has considered a desk review consolidated by a field survey using a mixed research paradigm. The findings have showed that the dietary habits displayed during breakfast by the pupils and students are determined by the amount of their pocket money and the influence of their social environment.

Key words: Food habit, breakfast, Parakou

 

Résumé

La présente étude s’est donnée pour objectif de déterminer les facteurs du choix alimentaire au petit déjeuner des écoliers et élèves de Parakou. Du point de vue méthodologique, nous avons procédé à une revue documentaire et une enquête de terrain selon une approche mixte. Les résultats ont montré que les habitudes alimentaires au petit déjeuner des écoliers et élèves sont déterminées par le montant dont ils disposent et l’influence de l’environnement social.

Mots clés: Habitude alimentaire; petit déjeuner;  Parakou

 

 

Introduction

Le point de départ de la présente recherche est la déclaration d’un enseignant  qui se plaignait de ce que beaucoup de ses élèves ne suivent pas correctement les cours comme il se doit à certains moments de la journée. A l’éducateur d’ajouter que cela serait dû au repas lourd que beaucoup d’entre eux prennent le matin avant de se rendre en classe. Cette déclaration n’a pas été sans nous rappeler la question cruciale qui prévaut aujourd’hui, dans un contexte où l’alimentation est devenue un sujet d’inquiétude, « que manger, quand manger, comment manger?». De nos jours, l’enjeu est en effet le choix des aliments (Fischler, 2001), dans un environnement normatif où les discours alimentaires foisonnent et entrent en contradiction (Godin, 2010). A partir de ces préoccupations, la question de recherche suivante a été posée : quels sont les déterminants du choix alimentaire au petit déjeuner des écoliers et élèves de la Municipalité de Parakou ?

La quête de réponse à cette question a conduit à faire de la recherche documentaire et aussi à faire des enquêtes de terrain. De l’analyses des données collectées sur le terrain, il ressort que plusieurs facteurs influencent le choix alimentaire des écoliers et élèves de Parakou.Notre étude vise de façon globale à analyser les habitudes alimentaires au petit déjeuner des écoliers et élèves et de façon spécifiques à établir la diversité des aliments consommés au petit déjeuner par les écoliers et élèves et enfin à comprendre les causes de la diversité des habitudes alimentaires des écoliers et élèves. Le présent article s’articule autour de dix (10) points.

 

  1. Cadre de l’étude

Capitale régionale du Nord-Bénin, la Municipalité de Parakou (chef-lieu de la commune de Parakou) est au centre de la République du Bénin à 407 km de Cotonou. Elle constitue un important carrefour des axes routiers. La commune de Parakou se trouve à 9°21’ de latitude Nord, à 2°36’ de longitude Est à une altitude moyenne de 350 m et présente un relief assez modeste. Parakou est une commune à statut particulier constituée de trois arrondissements et 41 quartiers de ville. La commune est administrée par un conseil municipal de 25 membres ayant à sa tête, un Maire. Parakou est le chef-lieu du département du Borgou et, en cette qualité, abrite des directions départementales et beaucoup d’agences régionales. Selon le RGPH4 de 2013, la population de la commune de Parakou est estimée à 255 478 habitants dont 127 328 personnes de sexe masculin et 128 150 personnes de sexe féminin. Le nombre total des ménages est estimé à  16 142 dont 5 189 ménages ruraux, soit 32,14%. La taille moyenne des ménages est de 6,4 personnes alors que la taille des ménages ruraux est de 8,6 personnes.

 

  1. Méthodologie

La sociologie de l’alimentation présente quelques méthodes de collecte spécifiques pour les pratiques alimentaires (Poulain, 2012 : 526-528) ; il s’agit notamment de :

  • L’observation participante. Elle a consisté en effet à observer directement et attentivement les pratiques et les comportements des élèves et écoliers face aux vendeuses de nourriture. L’observation donne lieu parfois à des questions de précisions telles que si c’est toujours le même repas qu’ils achètent ou s’il leur arrive de changer. Si oui, quelles sont les raisons du changement, etc.
  • L’intégration au sein d’un groupe. De façon spécifique, on parlera plutôt de l’observation « armée » ; observation au sein d’un groupe ; armé d’une grille de lecture permettant de saisir les faits lorsqu’ils se produisent.
  • Le questionnaire ; permet de collecter de grandes quantités de données (représentations, opinions, comportements…..) et d’activer de multiples variables.
  • L’entretien en face-à-face ; semi ou non directif, individuel ou en groupe (focus group).

Au total, cent (100) écoliers et élèves ont été soumis au questionnaire et 30 vendeuses interviewées grâce au guide d’entretien.

La sociologie de l’alimentation présente quelques méthodes de collecte spécifiques pour les pratiques alimentaires (Poulain, 2012 : 526-528) ; il s’agit notamment de :

  • L’observation participante. Elle a consisté en effet à observer directement et attentivement les pratiques et les comportements des élèves et écoliers face aux vendeuses de nourriture. L’observation donne lieu parfois à des questions de précisions telles que si c’est toujours le même repas qu’ils achètent ou s’il leur arrive de changer. Si oui, quelles sont les raisons du changement, etc.
  • L’intégration au sein d’un groupe. De façon spécifique, on parlera plutôt de l’observation « armée » ; observation au sein d’un groupe ; armé d’une grille de lecture permettant de saisir les faits lorsqu’ils se produisent.
  • Le questionnaire ; permet de collecter de grandes quantités de données (représentations, opinions, comportements…..) et d’activer de multiples variables.
  • L’entretien en face-à-face ; semi ou non directif, individuel ou en groupe (focus group).

Au total, cent (100) écoliers et élèves ont été soumis au questionnaire et 30 vendeuses interviewées grâce au guide d’entretien.

 

  1. Déterminants du choix du petit déjeuner

« Les choix alimentaires sont le produit d’une décision répondant à un certain nombre d’influences de l’environnement ». L’objectif du présent article est de déterminer les facteurs qui déterminent le choix alimentaire au petit déjeuner des écoliers et élèves de Parakou. Il convient de distinguer les écoliers et élèves qui prennent le petit déjeuner dans une cantine et ceux qui le prennent en dehors de la cantine. Notre travail n’a pris en compte que ceux de la seconde catégorie qui prennent leur à l’endroit où bon leur semble en raison de leurs propres critères. Au nombre de ces critères, nous pouvons énumérer :

 

  • Le montant alloué par les parents

Les premières personnes à être interpellées ici sont les parents. Il existe une variété de repas à la disposition des clients mais ces repas en fonction de leur qualité ne se vendent pas aux mêmes prix.  Le choix porté sur ces repas sera déterminé par le montant dont disposent les écoliers et élèves. Pour le cas de Parakou, l’argent du petit déjeuner donné aux écoliers et élèves en fonction du niveau de vie des parents varie de 25 F à 250 F CFA. Voir infra. Un enfant à qui l’on donne 25 F par exemple aura bien voulu s’acheter du pain + de l’avocat  au petit déjeuner mais il ne le pourra pas parce que ce repas est largement au dessus de sa bourse. Il devra se résoudre à aller vers des repas de moindre « prestige ».

 

  • Les habitudes alimentaires

Les habitudes alimentaires sont souvent à rechercher depuis l’enfance des écoliers et élèves parce qu’il n’est pas rare d’entendre comme réponse  « c’est un mets que je mange depuis que je suis tout petit » à la question  qu’est vous attire vers un tel repas. On laisse deviner derrière cette réponse que rien de particulier n’attire vers ce type de repas si ce n’est l’habitude qui apparait alors ici comme un déterminant dans le choix du petit déjeuner des écoliers et élèves de la Municipalité de Parakou.

 

  • L’environnement social

Parakou est une ville cosmopolite où on rencontre beaucoup de communautés venues d’horizons divers. Les descendants de ces communautés sont influencés par les habitudes alimentaires locales qu’ils partagent entièrement. Lisons à ce sujet le verbatim suivant : « je ne mangeais pas du watché (mélange de riz et du niébé) avant de venir à Parakou, mais aujourd’hui, je ne peux m’en passer puisque c’est cela que la plupart de mes amis mangent, moi-même je les suis et je suis devenu un champion du watché ».

 

  • La disponibilité

Le riz est généralement prisé par les écoliers et les jeunes. Il est disponible à tous les coins de rue. Il coûte par ailleurs moins cher. Ce qui fait qu’une bonne proportion des enquêtés en consomme tous les matins en se rendant à l’école.

 

  1. Caractéristiques sociodémographiques des écoliers et élèves

Dans la zone d’étude, les principaux groupes socio-culturels rencontrés sont les Dendi (32%), les Bariba (26%), Nagot (19%), les Fon et ses apparentés (12%), les Peulh (5%), les Bètammaribè (3%), et 3% parlent autres langues (Idatcha, Lokpa et Biali). La forte proportion des Dendi et Bariba s’explique par le fait que Parakou est une aire socio-culturelle Dendi et Bariba.

Nos résultats nous révèlent que 15% des enquêtés ont un âge compris entre 8 et 12 ans, 62% ont entre 13 et 17 ans et 13% ont plus de 17 ans. Les 62% des interviewés représentent les tranches d’âge des adolescents.

Les filles (55%) s’adonnent plus au petit déjeuner que les garçons (45%). Ceci s’expliquerait par le fait que l’activité métabolique de la femme dépasse celle de l’homme. Les femmes s’alimentent plus en périodes de menstruation pour compenser les nutriments éliminés pendant cette période. De plus 85% des enquêtés ont un niveau d’étude secondaire tandis que 15% ont un niveau primaire. Ceci s’explique par le fait que les adolescents sont les plus observés au secondaire.

De plus le tableau ci-dessous nous montre que le watché est plus consommé par les Dendi tandis que la bouillie accompagnée au pâté, le pain, le toubani et le riz sont respectivement plus consommés au petit déjeuner par les Bariba et Nagot, fon et ses apparentés, Dendi, les Fon et ses apparentés.

Ces résultats montrent que les habitudes de consommation des aliments au petit déjeuner varient d’un groupe socioculturel à un autre. En effet, des résultats similaires ont été rapportés par Sossa-Vihotogbé et al. (2012) qui ont montré une forte consommation C. sésamoïdes, un légume-feuille traditionnel par les Tchabé, les Mahi, et les Kotokoli.

Les pourcentages ci-dessous, comme le montre le graphe ci-après, reflètent les habitudes alimentaires de base des différents groupes sociolinguistiques de la population enquêtée.

Figure 1: repartition des aliments consommes au petit dejeuner par groupe socioculturel

Source : enquête de terrain, septembre 2017

  1. Responsabilités des parents vis-à-vis des enquêtés

La majorité (39%) écoliers et élèves vivent avec leurs parents (père et mère) et sont également pris en charge par ces derniers tandis que 20% des enquêtés sont sous le toit de leurs mères et pris en charge par ces dernières. Par ailleurs, une particularité s’observe où six (6%) des enquêtés vivent sous le toit du père et pris en charge par le père. D’autres (14%) sont sous le toit de leur oncle ou tante mais ce sont les parents biologiques  qui en ont la prise en charge enfin d’autres (21%) ont précisé qu’ils sont chez leurs « grands-mères » qui assurent la prise en charge des petits fils. Des résultats similaires ont été rapportés par Mitchikpè (1998) qui a montré que les personnesprenant en charge ou contribuant aux dépenses alimentaires sont, selon le cas, le chef de ménage seul, la ménagère seule, le chef de ménage et son épouse ou encore d’autres personnes (enfants ou parents alliés).

Le fort taux de 20% des enquêtés qui vivent chez leurs mères et pris en charge par ces dernières s’explique par le fait que les mères assurent mieux l’éducation des enfants que les pères et les autres groupes (Tante, oncle et autres)

 

  1. Les aliments de base au petit déjeuner

Le « watché » est plus consommé par les écoliers et élèves parmi les aliments de petit déjeuner. Ensuite viennent respectivement la bouillie, pâté, pain, toubani et le riz. Il convient de dire que le « watché » est le plus mangé les matins par cette population (écoliers et élèves). La forte consommation de watché par la population s’explique par les connaissances endogènes qu’elles ont vis-à-vis du plat. Ceci rejoint les résultats de Vodouhéet al. (2012b) où ils montraient que le plat de grande morelle est plus consommé par rapport aux plats de basilic africain et amarante au Sud-Bénin.

L’analyse du tableau 2 montre également que le céréale est l’aliment de base des plats de petit déjeuner. Le riz est un produit de base le plus consommé au petit déjeuner, viennent respectivement le maïs, le sorgho puis les tubercules (ignames). Ceci s’explique par le fait que divers plats sont issus de la transformation des céréales, légumineuse, tubercules et racines. Mitchikpè et al (1998) stipulent que le maïs est le produit le plus consommé au petit déjeuner au Bénin puis l’igname occupe la deuxième place à Parakou, le riz au Sud-Bénin (Abomey-Bohicon et à Lokossa). La principale forme de consommation de maïs est la bouillie simple (bouillie de farine fermentée) ou aklui(bouillie de farine fermentée granulée). En ville, la consommation du riz est accompagnée généralement d’une sauce dont la composition varie : sauce rouge à base de tomate, blanche constituée d’oignons généralement, riz au gras, yassa, thiéboudieuneetc (Alou, 2012). Selon Alou (2012), le petit déjeuner a conservé sa structure d’après la colonisation : produits laitiers, boisson chaude, produits céréaliers (pain, viennoiserie ou reste du repas du soir)

 

Tableau 2: Recapitulatif Des Principaux Repas Journaliers

Aliment de base

 

Principaux repas

du petit déjeuner

Non réponse maïs Sorgho Manioc Igname Riz Total
2 2 0 0 0 0 4
Bouillie 0 26 0 0 2 8 36
Watché 0 12 0 0 4 50 66
Toubani 0 4 0 0 0 4 8
Yovo-doko 0 6 0 0 0 0 6
Pâté 4 14 2 0 0 6 26
Pain 6 0 0 0 0 4 10
Come 0 0 0 0 0 2 2
Pâte 0 4 0 0 0 2 6
Riz 0 2 0 0 0 6 8
Thé/café/pain 0 0 0 0 0 2 2
Spaghetti 0 2 0 0 0 0 2
Akassa 0 0 0 0 0 2 2
Total 12 72 2 0 6 6 178

Source : enquête de terrain, septembre 2017

 

Le mets « Watché » est fait à base de différentes variétés de riz et niébé vendu par les bonnes dames au marché arzèkè ou auprès des boutiquiers qui se trouvent au bord des rues

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 1: Niébés et Riz                                    Photo 2: Niébés

 

                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 3: watché

 

  1. Variation des aliments de base

Les 51% des élèves et écoliers de la municipalité de Parakou varient leurs aliments une fois par jour et les 39% deux fois tandis que 4% et 6% des interviewés varient respectivement leurs aliments de base deux fois et quatre fois par jour. Cette forte proportion de 39% et de 51% s’explique par l’accessibilité, la disponibilité et la capacité du repas à calmer la faim pendant un long moment et le goût.

 

  1. Le pouvoir d’achat des écoliers et élèves

Les parents donnent des quibus aux écoliers et élèves pour le petit déjeuner. A cet effet, les 30% des élèves/écoliers prennent 150 fcfa comme petit déjeuner, les 17% prennent 100 fcfa, 200 fcfa pour 27%, d’autres prennent plus que 250 fcfa et les 13% ne prennent rien comme petit déjeuner. Les 2% et 5% prennent respectivement 75 fcfa et 50 fcfa comme quibus de petit de déjeuner. Il ressort de ces résultats que les enfants vont à l’école avec une somme d’argent considérable pour le petit déjeuner. Ils sont ainsi contraints au choix des aliments à base de riz et niébé, maïs et de blé. Ceci s’explique par la capacité financière des parents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 2: répartition des enquetes par montant du petit déjeuner

Source : enquête de terrain, septembre 2017

 

 

 

  1. Raison de consommation des aliments de préférences

La pâte (40%) est le repas habituellement le plus consommé en famille par les écoliers et élèves puis viennent respectivement watché (22%) et le riz (18%). Cela prouve donc l’amour qu’on a envers nos cultures. Le plus souvent cette pâte est faite à base de céréales ou à base des tubercules et racines (cossette d’igname ou de manioc). En ce qui concerne la composition des repas, les compilations proposées tournent autour d’un plat principal à base de céréales ou de légumineuses ou tubercule (Bichiri, 2008).

La consommation de certains aliments chez presque tous les groupes socioculturels enquêtés est introduite dans leurs habitudes alimentaires depuis le bas âge. Ce qui correspond à un fait de l’héritage (Batawilaet al., 2007). Les connaissances endogènes sont conservées et transmises de génération en génération sur tous les plans et même celui alimentaire (Codjiaet al., 2009).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 3: Répartition des enquêtés selon le repas habituel pris

Source : enquête de terrain, septembre 2017

 

Les interviewés, 35% et 29%  aiment respectivement l’igname-pilée et le watché plus que les autres aliments du fait de leur goût, disponibilité, l’accessibilité financière et la qualité nutritionnelle. Les interviewés ont évoqué comme raison de consommation d’igname pilée, le goût (15%) et la disponibilité (14%) tandis que 6% et 4% consomment respectivement le watché à raison de leurs capacités financière et à la qualité nutritionnelle de l’aliment. 65% et 71% des interviewés ont évoquérespectivement la sieste et la constipation comme raison de non consommation de l’igname pilée. La forte proportion de préférence d’igname pilée s’explique par le fait que l’igname est généralement disponible dans le Nord-Bénin comparativement au riz exporté. Mitchikpe et al (1998) ont montré qu’à Parakou, la consommation de l’igname dont la forme la plus répandue est l’igname pilée, domine largement celle des zones centre et sud du Bénin. Les enfants mangent tous les groupes alimentaires à des fréquences très variables selon l’appétit, la vie sociale et la disponibilité des aliments (Bichiri, 2008). Des résultats similaires ont été rapportés par Batawilaet al. (2007) au Togo et au Bénin (Dansi et al., 2008; Sossa-Vihotogbé et al., 2012; Chadaré et al., 2008) par rapport aux raisons de consommation et de non consommation des aliments.

L’igname pilée que la population cible aime est faite à base de l’igname. Après être préparée, elle est pilée par ceux qui veulent la consommer ou les bonnes dames afin de la vendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           Photo 4: Igname                  Photo 5: Igname pilée       Photo 6: Plat d’igname pilée

 

  1. Les principaux repas journaliers, leurs importances et le lieu de prise du petit déjeuner

Le déjeuner (85%) est le plus important parmi les principaux repas puis ensuite le petit déjeuner (83%) et enfin le dîner (75%). Donc le goûter (35%) n’est pas une nécessité pour les élèves et écoliers. Bechiri (2009) montre à travers une étude sur l’alimentation des enfants de 6 à 12 ans en Algérie que le petit déjeuner occupe une place importante parmi les principaux repas de la journée et le déjeuner est le moins sauté pendant la journée chez 1.78 p. cent des enfants.

Par ailleurs, la majorité (65%) prend les trois principaux repas quotidiennement recommandés au cours de la journée, il s’agit des trois (03) repas traditionnels, petit déjeuner, déjeuner et le diner. 17% des enquêtés ne prennent pas le petit déjeuner. Cela serait dû au manque de moyen financier, d’appétit et au problème de santé nutritionnelle (obésité). Quelques études (WOLF et coll., 1994, ORTEGA et coll., 1996) ont souligné que la suppression du petit déjeuner est plus fréquente chez les individus obèses que ceux qui ont un poids normal et que 10.42 p. cent sautent parfois ce repas. Bio nigan et al (2008) ont montré que le petit déjeuner n’a pas contribué à augmenter de façon significative la distance parcourue pendant 10 min, mais il n’a pas non plus infléchi la performance à cette épreuve sportive chez les écoliers de la ville de Porto Novo.

Nos résultats révèlent que 31% prennent leur petit déjeuner en famille tandis que 52%, hors de famille (au réfectoire scolaire et dans les rues). Les interviewés s’intéressent plus aux plats de rue au petit déjeuner qu’aux plats familiaux. Cela s’explique par le fait que les parents laissent leurs enfants (écoliers et élèves) à leur propre charge en préférence matinale alimentaire en leur offrant un montant journalier. Les écoliers béninois qui reçoivent de l’argent le matin, s’alimentent presque tous à l’école auprès de restauratrices qui ont rempli les conditions de santé et d’hygiène requises par l’administration scolaire. Les autres consomment un petit déjeuner fait du reste du dîner de la veille ou de la bouillie de farine de maïs fermentée, avant de quitter la maison (Bio nigan et al, 2008).

 

Conclusion

Il ressort de la présente étude que les déterminants du choix du petit déjeuner des écoliers et élèves de la Municipalité de Parakou sont variés. Au nombre de ces déterminants, on peut citer le montant alloué par les parents aux enfants, l’environnement social, les habitudes alimentaires, la disponibilité des repas, etc. L’étude nous a permis aussi de faire une esquisse des habitudes alimentaires selon les différents groupes sociolinguistiques des apprenants sans oublier la détermination des repas de base de ces jeunes.Il ressort de notre étude aussi que  selon Thibaut de Saint Pol (2002) l’acte alimentaire se déroule selon des protocoles imposés par la société. La définition de ce qu’est un repas, les plats qui le composent, la forme de la journée alimentaire (nombre de prises, horaires…), les modalités (lieu, contexte des prises alimentaires…), mais aussi les manières de manger varient énormément d’une culture à l’autre, et entre groupes sociaux au sein d’une même culture (Fischler, 1990 ; Poulain, 2002a).

Les différences de pratiques alimentaires entre milieux sociaux  sont aussi tributaires des différences de revenus ;  elles traduisent également d’autres dimensions de nature  sociale tels quel’âge, le niveau d’éducation, les habitudes familiales, ou encore l’influence de l’entourage (Nestle et coll., 1998).Les pratiques alimentaires offrent une incroyable occasion de décrypter une société.

 

Références Bibliographiques

Batawila K., S. Akpavi, K. Wala, M. Kanda, R. Vodouhe, et K. Akpagana. 2007. diversite et gestion des legumes de cueillette au Togo diversity and management of gathered vegetables in togo. African journal of food agriculture nutrition and development. 7(3):1-16

Bio N., Gouthon p., Falola J.-M., Quenum M.A., Lawani M.M., Petit déjeuner et performance à la course de 10 minutes chez des écoliers de la ville de Porto-Novo au Bénin. Rev. CAMES – Série A, Vol. 06,2008

Dansi A., A. Adjatin, H. Adoukonou-Sagbadja, V. Faladé, H. Yedomonhan, D. Odou, B. Dossou. 2008a. Traditional leafy vegetables and their use in the Benin Republic.Genetic resource and crop evolution. 55: 1239-1256.

Fischler C. L’Homnivore. Odile Jacob, Paris, 1990a, 2011b.

Mitchikpe E., E. Atègbo, J. Fannou, M. Nago. 1998. Consommation alimentaire des ménages urbains au Bénin. CERNA, CIRAD. 1-48

Nestle M, Wing R, Birch L, Disogra L, Drewnowski A, et coll. Behavioral and social influences on food choice. NutrRev1998, 56 : S50-S64

Poulain JP. Sociologies de l’alimentation, les mangeurs et l’espace social alimentaire, , 2002, Presses universitaires de France, Paris.-

de Saint Pol T.  Le dîner des français : un synchronisme alimentaire qui se maintient. Économie et Statistique 2007a, 2008b, 2009c.

Sossa-Vihotogbé C.N.A., N.H. Akissoe, V. Anihouvi, B. Ahohuendo, A. Ahanchede, A. Sanni et J. Hounhouigan. 2012. Endogenous Knowledge of Four Leafy Vegetables Used by Rural Populations in Benin, Ecology of Food and Nutrition, 51(1) 22-39.

Vodouhé S., R. Tossou et M. Soumanou. 2012. Perception des consommateurs sur la qualité nutritionnelle et sanitaire de quelques légumes feuilles locaux produits dans la zone côtière du Sud Bénin. Productions Végétales & Animales et Economie & Sociologie Rurales. 1- 11.

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