Article n°21- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

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Article n°21- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

janvier 26, 2019 admin

EFFET DES FORMATIONS ECOLE ENTREPRENEURIAT AGRICOLE SUR L’ESPRIT ENTREPRENEURIAL DES PRODUCTEURS:

ETUDE DE CAS DES PRODUCTEURS DE SOJA DANS LA COMMUNE DE TCHAOUROU, NORD-EST DU BENIN

 

Soulé EL-HADJ IMOROU

Université de Parakou

imorousoule@yahoo.fr

Martial AFOUDA

 

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Résumé

Dans le but d’évaluer l’effet des formations Ecole d’entrepreneuriat Agricole mises en œuvre par le Programme ProAgri/GIZ, le présent article se propose d’utiliser une nouvelle approche basée sur des critères d’appréciation de l’esprit entrepreneurial chez les producteurs. Ces critères ont été identifiés dans les modules de formation et sur la base des conseils pratiques aux producteurs. De même, un indicateur de mesure du niveau d’esprit entrepreneurial a été calculé.L’étude de cas a été conduite dans les villages de Gararou, Soumon, Sanson et Kpassatona dans la commune de Tchaourou avec un échantillon de 128 producteurs dont 84 producteurs EEA et 44 producteurs non EEA sélectionnés de façon aléatoire. Le test t de student et le test de khi-2 ont permis respectivement d’apprécier l’effet de la formation sur le niveau d’esprit entrepreneurial et sur l’esprit entrepreneurial des producteurs. Il ressort de cette étude que la formation EEA a  un effet positif et significatif sur les bénéficiaires EEA. Le test t de student réalisé pour apprécier l’effet de la formation EEA sur le niveau d’esprit entrepreneurial s’est révélé significatif au seuil de 1%. De façon détaillée, le test de khi-deux quant à lui a montré que la formation EEA a un effet significatif sur l’esprit entrepreneurial des bénéficiaires EEA par rapport à la façon dont ils perçoivent désormais leur exploitation (0,043<0,05) ; sur la connaissance du décamètre comme meilleur instrument pour mesurer leur champ (p=0,031<0,05) ;  sur la stratégie à adopter pour assurer la sécurité alimentaire de leur ménage (p=0,000<0,05) ; sur la stratégie à adopter pour savoir s’ils font de bonnes affaires p=0,003<0,05).Les résultats de cette étude devraient fournir des éléments de politiques et d’encouragement aux décideurs en ce qui concerne la continuité des interventions en rapport avec les interventions EEA.

Mots clés : effet, esprit entrepreneurial, EEA, Soja, Tchaourou.

 

Abstract

Farmers Business School and entrepreneurial spirit of producers inBenin

In the past, we have been interested in Farmers Business School (FBS) training implemented by the ProAgri / GIZ Program, this article proposes a new approach to the appreciation of the entrepreneurial spirit among producers. These criteria were identified in the training modules and on the practical advice of producers. Similarly, a level indicator of entrepreneurial spirit level has been calculated. The study was conducted in the villages of Gararou, Soumon, Sanson and Kpassatona in the commune of Tchaourou with a sample of 128 producers including 84 FBS producers and 44 no-FBS producers. The student’s t test and the chi-square test respectively allowed to assess the effect of the training on the entrepreneurial level of spirit and the entrepreneurial spirit of the producers. This study shows that FBS training has a positive and significant effect on FBS beneficiaries. The student test t made to assess the effect of FBS training on the entrepreneurial spirit level was significant at the 1% level. In a detailed way, the chi-square test showed that FBS training has a significant effect on the entrepreneurial spirit of FBS beneficiaries compared to how they perceive their exploitation (0.043 <0.05); on the knowledge of the decameter as the best instrument for measuring their field (p = 0.031 <0.05); on the strategy to adopt to ensure household food security (p = 0.000 <0.05); on the strategy to adopt to find out if they are doing good business p = 0.003 <0.05). The results of this study should provide policy elements and encouragement to decision makers regarding the continuity of interventions related to FBS interventions.

Keywords: effect, entrepreneurial spirit, FBS, Soybeans, Tchaourou.

 

Introduction

L’économie du Bénin n’est toujours pas très diversifiée et l’agriculture maintient son rôle crucial d’employeur et de source de revenus occupant entre 36 et 45% de la population active (Bongi, Obama, Le Dain, & Cossi, 2009, p. 65; Knoema, 2016) cités par Engel et al, (2017, p 18) juste derrière le secteur des services (46%). Le récent rapport diagnostic du secteur agricole au Bénin, montre que ledit secteur est dominé par de petites exploitations agricoles (PSRSA, 2011). Une grande partie des produits exportés est aussi issue de ce type d’exploitation (coton, karité, ananas, anacarde, crevettes, bétail sur pied, etc.). Toutefois, en dépit des efforts consentis par l’Etat, la pauvreté persiste en milieu rural, parce que, environ 70% des exploitants pratiquent encore l’agriculture extensive. En effet, ce secteur se caractérise par une faible productivité liée à l’utilisation des outils archaïques et des semences non améliorées, la non maîtrise de l’eau, la mauvaise organisation des filières, l’insuffisance de l’encadrement technique, le manque d’infrastructures et l’absence quasi-totale de financement des activités de production (Sossouet al., 2013). La professionnalisation des exploitations agricoles de type familial et la promotion des grandes exploitations et de l’entrepreneuriat agricole apparaissent aujourd’hui comme la meilleure option pour la croissance et la réduction de la pauvreté (PSRSA, 2011). Ceci est corroboré par la déclaration du Président du Fonds International de Développement Agricole (FIDA), en avril 2010 selon laquelle: « L’exploitation agricole, quelle que soit sa taille, est une entreprise… Les Gouvernements africains, les donateurs et les acteurs du secteur privé doivent agir pour transformer les 500 millions de petites exploitations que compte le monde en entreprises rentables… S’employer à doubler le revenu du paysan pratiquant une agriculture de subsistance, c’est simplement gérer la pauvreté. Mais l’aider à faire de son exploitation une vraie entreprise, c’est cela éradiquer la pauvreté… Les Gouvernements africains doivent créer des conditions propices au développement et à la croissance des entreprises agricoles qui peuvent devenir des gisements d’emplois dont a tant besoin la jeunesse… » 1.C’est pour répondre à ces défis que l’approche Ecole d’Entrepreneuriat Agricole a été introduite au Bénin par le Programme de promotion de l’Agriculture (ProAgri), un programme exécuté sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP), en lien avec l’axe stratégique du PSRSA qui vise la professionnalisation des exploitations de type familial à travers l’entrepreneuriat agricole. L’un des objectifs de cette approche est d’amener les producteurs à raisonner désormais comme de véritables entrepreneurs. Ainsi, ils pourront mieux gérer leurs exploitations, leurs argents et prendre de bonnes décisions d’investissement et d’utilisation des ressources disponibles de sorte à améliorer leurs revenus tout en assurant la sécurité alimentaire. C’est pour apprécier l’effet de cette formation sur l’esprit entrepreneurial des producteurs et contribuer à prouver son efficacité que cet article trouve son intérêt.

 

  1. Matériels et méthodes
    • Zone d’étude

La zone d’étude est la commune de Tchaourou dans le département du Borgou. Le choix de ce département réside dans son potentiel agricole et du fait que la commune de Tchaourou fait partie des communes qui ont bénéficié des formations EEA. Ce choix a été aussi  fait compte tenu des ressources dont nous disposons et tenant compte également de la proximité de la commune de celle de Parakou. Les villages sélectionnés pour l’enquête ont été choisis par rapport à la présence des producteurs  de soja qui ont suivi les formations EEA  et ceux qui ne l’ont pas suivi ; l’accessibilité des villages et enfin la distance qui sépare les villages du chef-lieu de la Commune.

  • Echantillonnage et base de données

L’unité de recherche de cette étude constitue les producteurs de soja qui ont suivi ou non la formation.  Au total, 128 producteurs ont été échantillonnés. Cet échantillon a été constitué sur la base d’une technique d’échantillonnage aléatoire simple dans la base de sondage des producteurs qui ont suivi la formation et ceux qui n’en ont pas suivi. Ce faisant, l’étude a été menée dans quatre (04) villages de la commune mais compte tenu des réalités du  terrain, l’effectif des producteurs enquêtés varie par village.

Tableau 1 : Structure de l’échantillon d’étude

Zone d’étude

Statut

Gararou Soumon Sanson Kpassatona
Bénéficiaires EEA 25 22 21 16
Non bénéficiaires 10 0 24 10
Total 35 22 45 26

De façon générale, les principales données collectées auprès des producteurs échantillonnés sont celles relatives aux caractéristiques sociodémographiques des producteurs ; l’appréciation générale de la formation etl’évaluation de l’esprit entrepreneurial des producteurs. La principale méthode de collecte de ces données est la méthode mixte, car les données collectées sont à la fois qualitatives que quantitatives. Nous avons ainsi procédé à des entretiens semi-structurés avec les producteurs échantillonnés. A cet effet, des questionnaires d’enquêtes ont été élaborés et administrés aux producteurs.

  • Description de la méthode de choix des critères d’appréciation de l’esprit d’entreprise

L’entrepreneuriat est l’action de créer de la richesse et/ou de l’emploi par la création ou la reprise d’une entreprise. Pour Schumpeter (1950), un entrepreneur est une personne qui veut et qui est capable de transformer une idée ou une invention en une innovation réussie. Penrose (1980) cité par Ellouzeet al. (2008), considère l’entrepreneuriat comme une ressource de l’entreprise. Selon cet auteur, le service entrepreneurial se caractérise par un ensemble d’activités spécifiques nécessaires à la survie de l’entreprise : introduire de nouvelles idées, saisir et/ou provoquer des opportunités de croissance, allouer des ressources financières, humaines et organisationnelles. Selon Manfred (1997) : les entrepreneurs sont des individus tournés vers l’action et les résultats concrets, ils aiment décider et refusent la routine, le travail répétitif. Mais dans le cadre de cette étude, nous appréhendons le concept d’entrepreneuriat suivant deux grandes approches (Janssen (2012). Il s’agit de l’approche fonctionnelle et l’approche indicative. La première définit l’entrepreneur au travers de sa fonction (ce qu’il fait). La seconde l’appréhende au travers de ses caractéristiques (ce qu’il est).

L’objectif de la formation EEA est de faire des producteurs des entrepreneurs dans la pratique. En effet, le producteur est appelé à raisonner désormais comme un entrepreneur et à remplir les outils EEA, ce qui fait de lui un entrepreneur dans la pratique. Cependant, le simple remplissage des outils ne détermine pas directement le fait que le producteur soit entrepreneur ou non. Certes, le remplissage des outils EEA fait des producteurs de véritables entrepreneurs dans la pratique, mais elle ne fait pas forcément des producteurs des entrepreneurs, car il existe bien des producteurs qui ne remplissent pas les outils mais qui ont le réflexe entrepreneurial. Cela rejoint l’assertion de Ferrero et Bessière (2017) selon laquelle, entreprendre, c’est dans d’abord un processus cognitif qui influence la manière dont les individus perçoivent, interprètent et transforment l’information. IL est donc absurde d’apprécier le fait que les producteurs soient devenus entrepreneurs en se basant sur le simple remplissage des outils EEA. C’est d’ailleurs dans le même sens qu’Aouel (2005) stipule que l’esprit d’entreprise est sans doute l’une des composantes inexpliquées par le modèle économique classique, néo-classique et macro-économique de croissance. Pour l’auteur, l’esprit d’entreprise est une qualité personnelle qui permet à certains individus de prendre les décisions et de les mettre en œuvre. C’est dans ce schéma d’idée que dans le cadre de cette étude nous retenons l’approche indicative en proposant un certain nombre de critères pour caractériser et apprécier l’esprit d’entreprendre des producteurs. Les critères choisis sont la perception de l’exploitation comme une entreprise (1) ; connaissance du meilleur instrument pour mesurer son champ (2) ; planification de la disponibilité et pénurie des aliments (3) ; savoir si on fait du profit (4) ; décision pour faire de bonnes affaires (5) ; classer ses cultures sur la base du profit (6) ; planifier les dépenses (production et ménage) pour cette année (7) et épargner son argent (8). Ceux-ci reposent essentiellement sur les modules de formation EEA. Au total, onze (11) modules ont été déroulés au cours de la formation à savoir : (1) faire de l’argent avec l’agriculture ; (2) connaître les unités pour connaître ses ressources ; (3) gérer l’exploitation pour assez de nourriture ; (4) savoir si vous faites de bonne affaire ; (5)des décisions pour plus de revenus ; (6) saisir des opportunités pour diversifier les revenus ; (7) gérer l’argent pendant l’année ; (8) comment obtenir de bons services financiers ; (9) plus de revenus avec le soja de qualité ; (10) bénéfice de l’adhésion à des OPA ; (11) devenir entrepreneur dans la pratique. Mais les huit (08) premiers modules ont été considérés dans l’étude pour le choix respectif des huit (08) critères. Ainsi, le tableau ci-dessous résume les critères en lien avec les questions posées :

 

Tableau 2 : Description du choix des critères

Modules Critères Questions posées
(1) Perception de l’exploitation comme une entreprise Comment percevez / considérez-vous votre exploitation après la formation ? (1=champ ; 2=domaine agricole ; 3=entreprise)
(2) Connaissance du meilleur instrument pour mesurer son champ (pas, décamètre et corde) Quel sont les meilleurs outils pour mesurer son champ (1=pas ; 2=corde ; 3=décamètre)?
(3) Planification de la disponibilité et pénurie des aliments Que faites-vous pour assurer la sécurité alimentaire de votre ménage toute l’année (1= Planifier la disponibilité et pénurie des aliments ; 2= Acheter aliments au marché ; 3=Réserve de récolte) ?
(4) Savoir si on fait du profit (entrées-sorties) Comment sait-on si on fait du profit ou on est en perte (1_Produit total x prix, 2_Entrées-Sorties) ?
(5) Décision pour faire de bonnes affaires : utiliser semences améliorées, engrais et respect itinéraire technique Que faites-vous pour faire de bonnes affaires (1=Utiliser semence améliorée ; 2=Utiliser engrais ; 3=Respecter itinéraires techniques, 4=Autres) ?
(6) Classer ses cultures sur la base du profit ; Quelles sont les places occupées par vos cultures ?………………………………………..

Sur quelle base ? 1=Préférence, 2=Profit, 3=Autre

(7) Planifier les dépenses (production et ménage) pour cette année Avez-vous planifié vos dépenses (production et ménage) pour cette année (0=Non, 1=Oui) ?
(8) Epargner son argent Epargnez-vous votre argent (0=non, 1=Oui) ?

Source : adapté de Sogan (2014)

L’appréciation de l’effet de la formation sur l’esprit entrepreneurial des bénéficiaires a été faite à l’aide du test de khi-deux qui a permis de mettre en comparaison chaque critère caractérisant l’esprit d’entreprise avec les catégories d’acteurs (bénéficiaires et non bénéficiaires EEA).

Par ailleurs, un indicateur composite a été conçu pour apprécier l’effet de la formation sur le niveau d’esprit entrepreneurial chez les enquêtés. En effet, nous avons attribué aux modalités de chaque critère choisi, un score selon que la réponse soit bonne ou pas. Une bonne réponse dans le contexte de l’étude signifie la reconnaissance ou le respect d’une recommandation de la formation EEA.  Ainsi, un intervalle de score compris entre [0 ; 1] a été défini. De ce fait, le score 0 signifie une mauvaise (pratique à décourager) réponse  donnée par l’enquêté ; le score 0,5 signifie une réponse non recommandée  mais acceptable (le juste milieu à défaut des moyens ou du respect stricte de la recommandation) et le score 1 est la bonne réponse (recommandation la plus conseillée). Le tableau ci-dessous présente chaque critère avec le niveau de mesure :

Tableau 3 : Niveau de mesure des critères

Critères Niveau de mesure
Perception de l’exploitation (C1) 0=champ ; 0,5=domaine agricole ; 1=entreprise
Perception du meilleur instrument de mesure de sa parcelle (C2) 0=pas ; 0,5=corde ; 1=décamètre

 

Perception de la stratégie à adopter pour assurer la sécurité alimentaire du ménage (C3) 0=achat d’aliments ; 0,5=réserve récolte ; 1=planifier disponibilité et pénurie d’aliments
Stratégie à adopter pour savoir si on fait de bonnes affaires (C4) 0=produit total*prix ; 1=entrées-sorties d’argent
Utilisation de semences améliorées pour faire de bonnes affaires (C5) 0=non ; 1=oui
Utilisation d’engrais pour faire de bonnes affaires (C6) 0=non ; 1=oui
Respect itinéraire technique pour faire de bonnes affaires (C7) 0=non ; 1=oui
Classement des cultures de l’exploitation sur la base du profit (C8) 0=non ; 1=oui
Planification des dépenses du champ et du ménage pour cette année (C9) 0=non ; 1=oui
Epargner son surplus d’argent (C10) 0=non ; 1=oui

Source : adapté de Sogan (2014)

Sachant que le niveau d’esprit entrepreneurial varie d’un producteur à un autre, définissonsIicomme l’indicateur composite de mesure du niveau d’esprit entrepreneurial par le producteur i. Cet indicateur est obtenu par la somme des critèresde mesure de l’esprit entrepreneurial pour chaque producteur i (Cij) et se définit donc comme suit :   j représente chaque critère.

 

  1. RESULTATS
    • Caractéristiques socio-économiques des enquêtés

Les résultats de l’analyse descriptive  (tableau 4) font ressortir que seulement 23,80% des producteurs EEA sont instruits et 43,20% des non bénéficiaires sont instruits. Ce faible taux d’éducation des bénéficiaires pourrait s’expliquer par le fait que la majorité est plus âgée (39ans en moyenne) et n’a été à l’école comparativement aux non bénéficiaires constitués en majorité de jeunes (34ans en moyenne) non mariés. Près de la moitié des bénéficiaires EEA (58,33%)  et les non bénéficiaires (52,30%) exerce une activité secondaire. Ce résultat est similaire à celui de Yegbemey et al. (2014) qui montre que 49% des producteurs de maïs enquêtés possèdent une activité secondaire. De plus, 98,80% des bénéficiaires EEA sont en contact avec un service de vulgarisation contre 37,20% seulement des non bénéficiaires. Cet écart explique d’ailleurs sans doute le non accès des non bénéficiaires aux formations EEA du fait de leur faible contact au service de vulgarisation.77,38% des bénéficiaires appartiennent à un groupement contre 15,90% des non bénéficiaires. Cet écart entre les bénéficiaires et les non bénéficiaires pourrait s’expliquer par l’approche EEA qui aurait permis aux bénéficiaires d’intégrer des groupements. Cela se justifie d’ailleurs par l’étude de TovignanChantal(2014) qui stipule que 43% des producteurs ont adhérés aux Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) grâce à la formation EEA. 64,28% des producteurs EEA possèdent un capital et seulement 21,42% sont aidés dans le remplissage des cahiers d’application EEA. Les producteurs EEA sont plus expérimentés dans l’agriculture que les non bénéficiaires. Enfin, l’expérience  moyenne dans la formation EEA est de 5ans.

L’indicateur moyen du niveau d’esprit entrepreneurial des enquêtés est 5,27.

 

Tableau 4: Statistiques descriptives des variables sociodémographiques

  Bénéficiaires EEA Non bénéficiaires EEA
Caractéristiques socio-économiques Fréquence Pourcentage Fréquence Pourcentage
Niveau d’éducation 20,992 23,80 19,008 43,20%
Activité secondaire 48,9972 58,33 23,012 52,30%
Contact avec service de vulgarisation 82,992 98,80 16,368 37,20%
Appartenance à un groupement 64,9992 77,38 6,996 15,90%
Possession d’un capital 53,9952 64,28
Aide dans le remplissage des outils 17,9928 21,42
Expérience dans l’agriculture 28 (moyenne) 13(Ecart-type) 19(moyenne) 15 (Ecart-type)
Expérience en EEA 5 (moyenne) 3 (Ecart-type)
Indicateur du niveau d’esprit entrepreneurial 5.27 (moyenne) ; 1,5 (min) ; 9 (max) ;

Source : Résultats d’enquête 2015

  • Appréciation de l’effet de la formation sur l’esprit entrepreneurial des enquêtés

2.2.1.           Perception de l’exploitation agricole comme une entreprise

Selon Manfred (1997) et Schumpeter (1883-1950) cité par (Janssen, 2012) (les entrepreneurs sont des individus tournés vers l’action et les résultats concrets, ils aiment décider et refusent la routine, le travail répétitif.

L’objectif premier d’un véritable entrepreneur est la recherche du profit. Il produit principalement pour le marché (entreprise). Il est alors important pour lui de conjuguer ses actions dans ce sens pour maximiser davantage ce profit. C’est pourquoi les producteurs devront désormais voir leur exploitation comme une entreprise.  Des résultats obtenus, on constate que 61,90% des bénéficiaires EEA et 43,20% des non bénéficiaires perçoivent leur exploitation comme une entreprise (figure 1). Le test de khi-2 révèle (khi-2=4,098 ; ddl=1 ; 0,043<0,05), ce qui montre l’existence d’une relation significative au seuil de 5% entre la formation EEA et la perception qu’ont les enquêtés de leurs exploitations. On peut donc dire que  les bénéficiaires  EEA perçoivent mieux leur exploitation comme une entreprise.

Figure 1 : Répartition des enquêtés par statut suivant la perception de l’exploitation

Source : Résultats d’analyse de données d’enquête de terrain Août – Octobre 2015

 

2.2.2.           Instruments de mesure du champ : Pas, décamètre et Corde

La connaissance exacte de la mesure des  parcelles de l’exploitation, en générale des ressources de l’exploitation permet au producteur de savoir comment allouer ses ressources de façon efficiente pour obtenir un bon rendement. C’est pourquoi il est important pour lui de connaître les instruments de mesure adéquate et fiable. Le décamètre est l’instrument le plus recommandé aux producteurs. A défaut de cet instrument, ils peuvent utiliser la corde qui présente une marge d’erreur acceptable contrairement aux pas qui leur est exclusivement déconseillé.

  • Pas

La figure 2 montre que 24,10% des bénéficiaires EEA considèrent plus les pas comme le meilleur instrument pour mesurer leur champ que les non bénéficiaires (9,10%). De plus, le test de khi-2 donne (khi-2= 4,225 ; ddl=1 ; p=0,040<0,05), ce qui traduit l’existence d’une relation de dépendance entre la formation EEA et l’instrument pas. Il ressort de ce résultat que les bénéficiaires EEA perçoivent mieux les pas comme meilleur instrument, ce qui ne devrait pas être le cas. Cela pourrait s’expliquer par le fait que la formation n’a  surement pas eu un effet sur la perception qu’ont ces bénéficiaires (24,10%)  de cet instrument ou du moins, ils constituent parmi les bénéficiaires cette race de conservateurs de pratiques endogènes.

  • Décamètre

D’après la figure 2, on constate que près de la moitié (49,40%) des bénéficiaires EEA considèrent cet instrument comme le meilleur pour mesurer leur champ plus que les non bénéficiaires (29,50%). De plus, le test de khi-2 montre qu’il existe une dépendance significative au seuil de 5% entre la formation EEA et l’instrument décamètre (khi-2=4,637 ; ddl=1 ; p=0,031<0,05). Donc, les bénéficiaires EEA perçoivent mieux le décamètre comme meilleur instrument pour mesurer leur champ comparativement au non bénéficiaires.

  • Corde

La figure 2 montre également que 30,10% des bénéficiaires EEA considèrent la corde comme meilleur instrument pour mesurer leur champ comparativement au non bénéficiaires (45,50%). Ce qui montre que les non bénéficiaires perçoivent mieux la corde comme meilleur instrument. Par ailleurs, le test de khi-2 révèle qu’il n’existe aucune relation significative entre la formation EEA et la perception qu’ont les enquêtés de l’instrument corde (khi-2=2,955 ; ddl=1 ; p=0,086>0,05).

Figure 2: Répartition des enquêtés par statut suivant les instruments de mesure du champ

Source : Résultats d’analyse de données d’enquête de terrain Août – Octobre 2015

2.2.3.           Planification  de la disponibilité et pénurie des aliments

La formation voudrait que désormais les producteurs gèrent leur exploitation pour assez de nourriture. Il ne faut pas seulement produire pour le marché mais il faut également penser au ménage. C’est pourquoi les producteurs sont appelés désormais à planifier la disponibilité et pénurie des aliments du ménage tout au long de l’année afin de savoir la quantité de produits issus de la récolte faudra-t-il réserver pour le ménage. Des résultats obtenus, on constate que la moitié (54,20%) des bénéficiaires EEA et 39,50% des non bénéficiaires planifient la disponibilité et pénurie des aliments (figure 3). De plus, le test de khi-2 montre qu’il existe une dépendance significative au seuil de 5% entre la formation EEA et la planification de la disponibilité et pénurie des aliments du ménage tout au long de l’année (khi-2=18,866 ; ddl=2 ; p=0,000<0,05). Les bénéficiaires EEA planifient plus la disponibilité et pénurie des aliments du ménage tout au long de l’année que les non bénéficiaires.

Figure 3 : Répartition des enquêtés par statut suivant la planification disponibilité et pénurie des aliments

    Source : Résultats d’analyse de données d’enquête de terrain Août – Octobre 2015

 

2.2.4.     Savoir si on fait du profit (entrée-sortie)

Les producteurs ne savent souvent s’ils font de bonnes affaires ou pas à la fin de la campagne. Ils considèrent pour la plupart les recettes issues de la vente de leur récolte comme profit. La formation voudrait désormais qu’ils prennent soin d’enregistrer leurs dépenses engagées dans l’exploitation afin qu’ils arrivent à évaluer leur revenu en faisant leur entrée-sortie d’argent. En effet, les résultats obtenus montrent que plus de la moitié (72,30%) des bénéficiaires et 45,50% des non bénéficiaires font les entrées-sorties d’argent pour savoir s’ils font du profit (figure 4). De même, le test de khi-2 montre une dépendance significative au seuil de 5% entre la formation EEA et la stratégie adoptée par les enquêtés pour savoir s’ils font du profit (khi-2=8,883 ; ddl=1 ; p=0,003<0,05). Alors, les bénéficiaires EEA adoptent mieux la stratégie pour savoir s’ils font du profit comparativement au non bénéficiaires.

 

Figure 4 : Répartition des enquêtés par statut suivant la stratégie pour savoir si on fait du profit

 Source : Résultats d’analyse de données d’enquête de terrain Août – Octobre 2015

 

2.2.5.         Décision pour faire de bonnes affaires 

Pour faire de bonnes affaires, les producteurs devront accroître leur rendement pour que leur produit brut en valeur, aussi grand qu’il soit, diminue le coût unitaire de leur produit afin qu’il soit plus compétitif sur le marché. Pour y arriver, ils devront adopter de bonnes pratiques telles que : l’utilisation de semences améliorées, d’engrais et le respect de l’itinéraire technique.

  • Semences améliorées

Les résultats obtenus montrent que 59,00% des bénéficiaires EEA et 37,20% des non bénéficiaires utilisent les semences de soja améliorées (figure 5). De même, le test de khi-2 révèle qu’il existe une dépendance significative au seuil de 5% entre la formation EEA et l’utilisation des semences améliorées. (khi-2=5,403 ; ddl=1 ; p=0,020<0,05). On peut donc dire que les bénéficiaires EEA comprennent mieux l’importance d’utiliser les semences améliorées contrairement au non bénéficiaires.

  • Engrais

D’après la figure 5,  6,00% des bénéficiaires EEA utilisent l’engrais pour la production de soja contre 2,30% des non bénéficiaires qui le font. Le test de khi-2 montre qu’il n’existe aucune relation significative entre la formation EEA et l’utilisation de l’engrais par les enquêtés (khi-2=0,854 ; ddl=1 ; p=0,335>0,05).

  • Respect itinéraire technique

85,50% des bénéficiaires EEA respectent l’itinéraire technique de  production du soja alors que seulement 37,20% des non bénéficiaires le font (figure 5). De même, le test de khi-2 donne (khi-2=30,961 ; ddl=1 ; p=0,000<0,05), ce qui montre qu’il existe une dépendance  significative au seuil de 5% entre la formation EEA et le respect des itinéraires techniques. Les bénéficiaires EEA comprennent mieux l’importance de respecter l’itinéraire technique de  production du soja comparativement au non bénéficiaires.

Figure 5 : Répartition des enquêtés par statut suivant la décision pour faire de bonnes affaires

Source : Résultats d’analyse de données d’enquête de terrain Août – Octobre 2015

 

2.2.6.  Saisir les opportunités pour diversifier vos activités agricoles pour plus de revenus.

Selon le PSRSA (2011), la plupart des exploitations  sont  orientées vers la polyculture associées au petit élevage (volailles, petits ruminants ou porcins). Il est donc important aux producteurs de connaître la marge brute de leurs différentes cultures afin de prendre des décisions objectives des choix de cultures et des techniques de production à adopter pour viser une meilleure rentabilité. Les résultats montrent que 57,10% des bénéficiaires EEA classent leurs cultures sur la base du profit contre (48,70%) des non bénéficiaires qui le font (figure 6). De même, le test de khi-2 montre qu’il n’existe aucune relation significative entre la formation EEA et le classement des cultures sur la base du profit (khi-2=1,737 ; ddl=2 ; p=0,420>0,05).

Figure 6 : Répartition des enquêtés par statut suivant le classement des cultures sur la base du profit ; Source : Résultats d’analyse de données d’enquête de terrain Août – Octobre 2015

 

2.2.7.      Planification des dépenses (production et ménage) pour cette année

Pour gérer leur exploitation et avoir de l’argent tout au long de l’année, il est recommandé aux producteurs de planifier leur dépense de production et de ménage.  46,40% des bénéficiaires contre 29,50% des non bénéficiaires ont planifié leurs dépenses de production et du ménage pour cette année (figure 7). En effet, le test de khi-2 donne (khi-2=3,412 ; ddl=1 ; 0,065>0,05). Il  n’existe aucune relation significative entre la formation EEA et la planification des dépenses de production et du ménage pour cette année.

Figure 7: Répartition des enquêtés par statut suivant la planification des dépenses (production et ménage)

Source : Résultats d’analyse de données d’enquête de terrain Août – Octobre 2015

 

2.2.8.      Epargne d’argent

La formation EEA recommande aux producteurs d’épargner leur surplus d’argent pour avoir accès aux bons services financiers et pour subvenir aux besoins de l’exploitation ou du ménage en cas de manque ou d’insuffisances de ressources financières. 70,20% des bénéficiaires EEA contre 55,80% des non bénéficiaires épargnent leur argent (figure 8). Le test de khi-2 donne (khi-2=2,613 ; ddl=1 ; 0,106>0,05). Il  n’existe donc aucune relation significative entre la formation EEA et l’épargne d’argent.

Figure 8 : Répartition des enquêtés par statut suivant l’épargne d’argent

  Source : Résultats d’analyse de données d’enquête de terrain Août – Octobre 2015

 

  • Effet de la formation EEA sur l’indicateur du niveau d’esprit entrepreneurial

Le test t de Student réalisé est significatif au seuil de 1% et montre qu’il existe une différence de moyenne significative entre le niveau d’esprit entrepreneurial des bénéficiaires et des non bénéficiaires EEA. Le niveau moyen d’esprit entrepreneurial des bénéficiaires (5,83) est supérieur à celui des non bénéficiaires (4,19) avec des écart-types respectivement de 1,57 et 1,63. Cela veut dire que la formation EEA a eu un effet positif et significatif sur l’esprit entrepreneurial des bénéficiaires.

 

Conclusion

Eu égard aux commentaires précédents, on constate qu’il existe une dépendance significative entre la formations EEA et les critères caractéristiques de l’esprit entrepreneurial à l’exception des critères perception de la corde comme meilleur instrument de mesure du champ, utilisation d’engrais ; classement des cultures sur la base du profit,planification des dépenses (production et ménage) et épargne d’argentavec lesquels il n’existe aucune relation significative. En effet, le soja étant une légumineuse, il est capable de capter l’azote atmosphérique qui accélère sa croissance. Ainsi compte tenu de cette aptitude, l’utilisation d’engrais reste pour les bénéficiaires et non bénéficiaires un dernier recourt, surtout qu’elle nécessite d’avoir des moyens pour en acquérir. Ce qui explique l’effet non significatif de la formation sur son utilisation. De même, bien que les non bénéficiaires aient plus recours à l’utilisation de la corde comme instrument de mesure de leur champ et qu’il n’existe aucune relation significative entre la formation et son utilisation, cela explique le fait que les producteurs avaient bien recours à cette pratique avant la formation. Par ailleurs, le classement des cultures sur la base du profit est une évidence puisque le producteur veut maximiser son profit. Alors son choix est guidé par cet objectif qui lui permet de mettre au premier plan la culture qui lui apporte plus de revenus. Ce qui explique le non significativité de la relation entre la formation et le classement des cultures sur la base du profit. Enfin, la formation n’a eu un effet sur la planification des dépenses par le producteur parce que, certains ont estimés « qu’ils n’ont pas besoin d’écrire quelque part un plan de dépense et que tout se passe dans la tête, surtout qu’ils font face aux mêmes dépenses au quotidien. De plus, ajoutent-t-ils qu’il n’est pas possible de prévoir toutes ses dépenses. »

Par ailleurs, le test t de student réalisé entre l’indicateur du niveau d’esprit entrepreneurial et la formation EEA s’est montré significatif et permet de dire que la formation a effectivement eu un effet positif sur l’esprit entrepreneurial des bénéficiaires. De façon détaillée, on peut donc dire que la formation EEA a eu un effet positif et significatif sur les bénéficiaires EEA par rapport à la façon dont ils perçoivent désormais leur exploitation ; sur la connaissance du  meilleur instrument (décamètre) pour mesurer leur champ ;  sur la stratégie à adopter pour assurer la sécurité alimentaire de leur ménage (planification de la disponibilité et pénurie des aliments du ménage) ; sur la stratégie à adopter pour savoir s’ils font de bonnes affaires (entrées-sorties d’argent) ; sur la décision à prendre pour faire de bonnes affaires (utilisation de semences améliorées et respect itinéraires techniques).

 

Références bibliographiques

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