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Article n°17- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

« DIEU » CHEZ DESCARTES ET KANT : IDEE PURE OU ATTITUDE INTELLECTUELLE COHERENTE ?

 


Euloge Franck AKODJETIN

Université d’Abomey‐Calavi

Email: akodjetine@yahoo.fr

Roland TECHOU

Grand Séminaire Saint Paul, Djimè (Bénin)

Email: trolant@yahoo.fr

 

 

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Abstract:

The objective of this research paper is to raise an issue around the idea of God and His existence in philosophy as envisaged and perceived by two rationalist philosophers. Is God a pure idea as Kant propounds or rather an intellectual attitude essential for Descartes to substantiate a truth which is claimed to be the most radical?  While asserting that God is a coherent and intellectual attitude, Descartes draws on the fact that God exists because he, a created being, is capable of thinking God as a source of all movement. Kant, on his side, states that God is a pure idea, because one can prove neither his existence nor its essence, but at most have just an idea thanks to the reason. But ultimately the two views converge towards the same point: ‘the concrete experiences of men’ where God is thought through ethics. The moral, social, rational and natural order are set as backbones for divine subtext along with the rising of the problem of ethics. As such, the issue of good, Doing good relates to God; and God becomes therefore a moral requirement.

Key words: God, pure idea, intellectual attitude, experience, ethics.

 

Résumé :

Le présent article pose la problématique de l’idée de Dieu et même de son existence en philosophie notamment chez deux philosophes rationalistes. Dieu serait-il une idée pure comme le soutient Kant ou plutôt une attitude intellectuelle indispensable à Descartes pour justifier une vérité qui se veut la plus radicale possible ? Descartes en affirmant Dieu comme une attitude intellectuelle cohérente se base sur le fait que Dieu existe parce que lui, un être créé, est capable de penser Dieu, origine de tout mouvement. Kant de son côté, affirmeque Dieu est une Idée pure car on ne peut prouver ni son essenceni son existence, mais tout au plus en avoir juste une idée grâce à la raison.Mais in fine les deux conceptions convergent en un même point :« le vécu concretdes hommes » où Dieu est pensé à travers l’éthique.L’ordre moral,social, rationnel et naturel ont un sous-entendu divin dès lors qu’est posé le problème éthique comme par exemple celui du bien. Ainsi, faire le bien c’est se référer à Dieu : Dieu devient une nécessite morale.

Mots clés : Dieu, idée pure, attitude intellectuelle, vécu, éthique

 

 

INTRODUCTION

On a souvent remarqué que la religion et la philosophie peuvent être rapprochées, notamment sur les questions communes qu’elles se posent sur la place de l’homme dans la nature, celle du bien et du mal, et d’autres encore. Nombre de philosophes se sont réclamés ou se réclament d’une religion particulière.René Descartes (1596-1650), philosophe français, d’éducation basique jésuite, crée une rupture décisive avec la philosophie scolastique pour penser le projet d’une science positive moderne et inaugurer la période moderne à travers son doute méthodique et son célèbre Cogito. Mais le décalage, inhérent à l’épreuve du doute, renverra à l’être dont l’identité définit l’essence : Dieu. On n’en dira pas autant d’Emmanuel Kant (1724-1804), prototype du philosophe casanier et piétiste, au regard du fait qu’il n’aborde pas concrètement un concept de Dieu mais plutôt une conception de la religion qu’il décrit à partir de l’objectivité de sa conviction.

La présente étude, non seulement ne se restreindra pas à un simple exposé des conceptions de Dieu selon Descartes et Kant, mais se veut une réflexion analytique visant à statuer pour établir, en définitive, si le concept de Dieu chez Descartes et Kant est une pure idée ou une attitude intellectuelle cohérente, simplement voulue par le bon sens et la raison analytique.Pour y parvenir, nousarpenterons un cheminement en trois temps : d’abord un éclairage sémantique du concept de Dieu selon différentes considérations (1) ; ensuite, un exposé analytique de la notion de Dieu chez Descartes et Kant (2) et enfin, une mise en perspective avec d’autres auteurs du discours sur Dieu (3). Le but, on s’en doute, est d’asseoir une thèse probante et argumentée de la place et du rôle de Dieu en philosophie, bannissant ainsi l’idée hâtivement conclue d’une incompatibilité de la réflexion sur le divin en philosophie.

 

  1. De la problématique du discours sur dieu et de sa spécificité dans l’histoire de la pensée
    • Le concept de dieu ou de la diversité philosophique du concept de Dieu

Des âges durant, différents philosophes ont développé plusieurs conceptions de Dieu, aussi variées que différentes entre elles de sorte qu’on ne peut immédiatement les rapprocher des conceptions religieuses connues. Mais à bien les analyser, certaines de ces conceptions néanmoins laissent entrevoir une convergence entre philosophie et religion. L’idée d’un dieu, être supérieur à l’homme et doté de pouvoirs surnaturels est massivement connue. Les philosophes grecs par exemple pensent à un Dieu raisonnable qui reçoit tout au long de l’histoire, des appellations diverses. Xénophane l’appelle « Dieu unique » ; Platon, « le Bien » et source de toute connaissance » (Jaspers, 1958, 10/18, page 40). Pour ceux-ci, quand dieu est mis en doute, on doit trouver la réponse. Ainsi, Aristote parle d’une « cause première », Spinoza d’un « infini » et Thomas d’Aquin d’« Etre premier et acte pur, être nécessaire et absolu ».

Aristote démontre dans la Physiquequ’il est nécessaire qu’il existe un Premier Moteur immobilequi cause le mouvement de tout l’univers. L’argumentation a comme premier fondement le principe de causalité qui, appliqué au mouvement peut être formulé de la façon suivante : si tout ce qui est en mouvement est mû par un autre, si cet autre est aussi en mouvement, il doit être mû par un autre à son tour. Mais pour expliquer l’existence de n’importe quel mouvement il faut arriver à un principe moteur qui n’est pas mû. Il serait absurde de penser que l’on puisse remonter d’un moteur mû à un autre moteur mû lui aussi, jusqu’à l’infini : le processus à l’infini n’expliquerait rien. S’il en est ainsi, il doit avoir, en plus des moteurs qui causent les mouvements particuliers et qui sont mus. à leur tour, un Principe absolument immobile et premier, qui cause le mouvement de tout l’univers. Sans lui, rien ne pourrait se mouvoir.

A travers un ordre mathématique et géométrique, dans le principe de la philosophie de Descartes, Spinoza traite Dieu, substance unique et infinie, d’où tout découle, et analyse la libération du sage. Dans sa philosophie, il évoque un Dieu qui est dans la nature, qui ne transcende pas le monde et ne l’a pas créé. Il n’existe aux yeux de Spinoza, d’autre substance dans la nature que Dieu, qui incarne et représente la totalité du réel. (Cette équivalence de Dieu et de la nature est affirmée par l’expression latine «Deussive natura» Dieu ou la nature). Pour lui, Dieu est un être absolument infini constitué d’une infinité d’attributs. Ce panthéisme spinoziste se double d’un strict déterminisme. Il n’est rien donné de contingent dans la nature et tout s’insère dans une chaine de causes et d’effets. Selon lui, même dieu obéit à ses propres lois et il n’y a pas de cause finale.

Saint Thomas dans ses preuves de l’existence de Dieu est passé par cinq aspects pour démontrer son idée de Dieu : Dieu comme premier moteur immobile de l’univers. Mais cette argumentation, disons-le, vient d’Aristote. C’est dire, si on prend l’être en mouvement, il est nécessaire de parvenir à un moteur immobile, si l’on veut expliquer le mouvement. Il est aussi un phénomène qui en produit d’autre (cause efficiente) et remonte jusqu’à une source première parce qu’on ne peut pas remonter à l’infini dans la série des causes efficientes.Dieu comme contingence du monde et recours à un être nécessaire. Dieu comme être parfait et finalement, Dieu comme la finalité de l’univers, dont Dieu est l’ordonnateur et toute chose a sa fin en lui.

  • De la conception de Dieu dans la religion

Avant toute tentative réflexive sur Dieu de la religion, précisons ce qu’on entend par la religion. La religion est une « institution de salut » dotée d’un système extrêmement varié de croyances, de rites, de normes et de structures. En religion, Dieu est perçu de façon anthropomorphique. Il est expérimenté comme une personne libre et toute-puissante qui dialogue avec l’homme. Dieu est pour une personne, on parle de « Dieu pour moi », ou il est pour un peuple, c’est « Dieu pour nous ». Il est connu sous plusieurs vocables manifestant son caractère personnel et le type de rapport personnel qu’il entretient avec ses fidèles. Ce caractère personnel de Dieu dans la religion sera la pierre d’achoppement en philosophie. De cette idée que l’on se fait de dieu se construit peu à peu une conception de ce Dieu. Mais deux tendances meublent cet espace : il s’agit du monothéisme et du polythéisme.

En effet, le monothéisme est défini comme la reconnaissance et l’adoration d’un seul Dieu unique, se distinguant de la monolâtrie (culte d’un seul dieu) et de l’hénothéisme (reconnaissance de la suprématie d’un seul dieu). Le Dieu du monothéisme est un Dieu transcendant, distinct du monde. C’est le Dieu des religions telles le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.Aussi, le monothéisme est une « doctrine philosophique et religieuse selon laquelle il n’existe qu’un seul Dieu, absolu, infini, spirituel, personnel, distant du monde et créateur ». On en distingue plusieurs parmi lesquels le monothéisme juif, chrétien, musulman, celui qui se donne dans les religions traditionnelles africaineset qui soutient l’existence d’un Dieu unique et suprême reconnu sous le nom de Mawu chez les Evé, Watchi (Togo), les Fon (Bénin) et Eso chez les Kabyè (Togo) selon les cultures et enfin le monothéisme philosophique reconnaît un être suprême, transcendant qui est au-dessus de tout. Mais quel lien existe-t-il ou existerait-il entre le monothéisme religieux et le monothéisme philosophique ?

Ce qu’il importe de savoir, c’est que lorsqu’on dit Dieu, on refuse tout nombre autre que l’unicité de Dieu. La signification quantitative exige aussi l’unité quantitative du divin. « Être Dieu c’est être tous les dieux en ce sens qu’un Être unique épuise toute virtualité ». C’est au fil de l’histoire que l’unicité de Dieu se manifeste de plus en plus claire. Le monothéisme se révèle d’une évidence soudaine. Au XIVème siècle avant Jésus-Christ, Aménopolis IV était à l’origine d’un culte au dieu solaire unique, Aton en Egypte. Au IIème millénaire avant notre ère, les Cananéens ont la connaissance d’El, Dieu suprême. Ce nom (El) sera repris pour désigner l’unique Dieu de la Bible. Mais ceci n’a pas suffi à enrayer une conception aux antipodes de la première.

Le polythéisme en revanche est « une religion qui fait appel à des êtres personnalisés, êtres divins puis transcendants à l’homme, à la nature visible, immortels de qui dépendent les événements et les êtres terrestres ». L’histoire des religions a longtemps été dominée par un schéma d’évolution qu’on peut ainsi énumérer : culte des ancêtres (animisme, totétisme, polythéisme, monothéisme). Cependant, l’existence d’une multitude de dieux n’est pas une donnée nouvelle. Selon les Grecs, le monde est plein de dieux. Mais cette multiplicité n’exclut pas l’idée d’un Être suprême créateur et père et des dieux et des hommes. Au fait, les dieux sont des personnifications des forces de la nature qui répondent aux besoins et aux inquiétudes des hommes. Selon certaines écoles, le polythéisme représenterait des phénomènes de décadence et de dégénérescence. Mais selon qu’on se trouve en religion ou en philosophie, Dieu est perçu autrement.

  1. De l’idée de Dieu selon Descartes et selon Kant
  • De l’idée de Dieu selon Descartes

Dans cette deuxième partie de notre travail, nous nous attèlerons à mettre en exergue la notion de Dieu chez le père de la philosophie moderne (Descartes). En effet, si les philosophes scolastiques ont par leur philosophie fait une certaine théodicée de Dieu révélé, pouvons-nous en avoir une idée aussi claire avec les modernistes ?

  • Descartes et l’existence de Dieu : l’argument ontologique

Pour Descartes, il est impossible de penser Dieu autrement que comme existant; si on le pensait autrement, il ne s’agirait plus de Dieu, car celui-ci a la propriété d’exister de toute éternité. En découle que Dieu existe nécessairement. Ainsi, ceux qui affirment que Dieu n’existe pas ne parlent pas du même Dieu, mais seulement d’une parodie d’être suprême dont il est ensuite possible de nier l’existence. S’ils connaissaient le véritable Dieu, qui est parfait par nature, ils ne pourraient lui enlever l’existence. Descartes affirme aussi qu’il y a dans son esprit cette idée d’un Dieu infini. Or, puisque son entendement est fini, il ne peut être l’auteur de cette idée. C’est là aussi une preuve ontologique, car elle revient à dire que si Dieu existe comme concept, il doit exister en réalité, car un tel concept ne pourrait autrement être pensé puisqu’il dépasse notre entendement. En ce sens il affirme :

« […] je ne puis concevoir Dieu sans existence, il s’ensuit que l’existence est inséparable de lui, et partant qu’il existe véritablement : non pas que ma pensée puisse faire que cela soit de la sorte, et qu’elle impose aux choses aucune nécessité ; mais, au contraire, parce que la nécessité de la chose même, à savoir de l’existence de Dieu, détermine ma pensée à le concevoir de cette façon. »

  • Dieu : substance infinie et puissante dont l’être ne précède pas la pensée

Aussi surprenante que l’idée paraisse, il faut noter au prime abord que l’idée de Dieu soutient toute l’œuvre philosophique de René Descartes. On a pu même parler de théologie cartésienne. Ainsi, nous voyons déjà Descartes évoquer la notion de Dieu dans la première Méditation, dans un contexte de radicalisation de son édifice du doute. En effet, il affirme : « Il y a longtemps que j’ai dans mon esprit une certaine opinion qu’il y a un Dieu qui peut tout, et par qui j’ai été créé et produit tel que je suis ». Dès lors nous voyons donc une différence entre l’idée de Dieu et l’opinion que nous avons de lui. Avec Descartes, l’idée de Dieu n’est rien d’autre qu’« une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, toute connaissante, toute puissante et par laquelle moi-même et toutes les autres choses qui sont et qui ont été créées et produites ». C’est donc possible qu’on ait à la fois l’idée de Dieu et l’idée d’un être suprême, d’un être puissant.

Il est également surprenant que cette idée de Dieu remise en doute chez Descartes soit en même temps celle d’un être dont nous sommes la créature (c’est-à-dire un être créateur). C’est d’ailleurs ce que Descartes lui-même souligne lorsqu’il dit :« Si je m’étais créé, je me serais donné toutes les perfections dont j’ai l’idée. Puisque je me connais donc imparfait, j’ai été donc créé». Ainsi, si la toute-puissance de Dieu pouvait fournir une raison de douter, sa perfection pouvait justifier toutefois une raison contraire.

D’ailleurs, le simple fait d’imaginer que l’idée de Dieu pourrait être produite par la faculté que nous avons « d’amplifier toutes les perfections créées », c’est cette faculté que l’on ne peut omettre toutefois d’expliquer comment elle peut être en nous. De cela seul à savoir l’infini, il suffit d’avoir l’idée pour savoir que ce n’est pas seulement une idée. Sa pure réalité logique le désigne comme la suprême réalité ontologique. Son existence est incluse dans son essence. Descartes ne dira pas autre chose. En effet, toutes les difficultés soulevées par une telle position viennent du fait de l’avoir présenté comme un argument ou comme une démonstration. Dès lors, Descartes se base sur cette idée présente dans l’homme (sur le cogito) pour définir et appréhender l’existence de Dieu. C’est par ce déploiement qu’il fait du cogito, qu’il parvient à une idée dont il ne saurait lui-même être la cause ; une idée qui, cette fois, serait prise pour signe authentique de sa passivité devant un être autre que le sien. Il ya donc là une démarche qui, chez Descartes, conduit de l’existence de la conscience à la recherche du contenu de la conscience des idées.

Descartes, par conséquent trouve en Dieu, la garantie de la vérité de « l’idée claire et distincte », et c’est au nom ou mieux en se basant sur « l’idée claire et distincte » qu’il possède en lui, qu’il veut prouver l’existence de Dieu. A partir d’un tel constat, il donne une interprétation de sa position : Dieu, dans l’ordre de la connaissance ne peut garantir que le souvenir de l’évidence :

(Là) « où j’ai dit que nous ne pouvons rien savoir certainement, si nous ne connaissons premièrement que Dieu existe, j’ai dit en termes exprès que je ne parlais que de la science de ses conclusions, dont la mémoire nous peut revenir en esprit, lorsque nous pensons plus aux raisons d’où nous les avons tirées ».

Retenons donc de notre analyse que la notion de Dieu existe bien dans la philosophie cartésienne. Mais est-il le même que Dieu révélé chez les scolastiques? Descartes lui-même nous répond. La réponse qu’il avance est que la découverte de la véracité de Dieu vient détrôner définitivement l’hypothèse du malin génie. Dès lors, « si je me trompe par erreur, ce n’est pas parce que je suis trompé, mais parce que je fais un mauvais usage de mes facultés ». La véracité divine place le philosophe dans différentes dispositions : « je crois naturellement au témoignage de mes sens et ma mémoire ; s’il n’est pas trompeur, l’auteur de ma nature n’a pu vouloir que cette confiance spontanée soit une illusion ».La pensée de Descartes est là en quelque sorte une négation de Dieu par l’athéisme scientifique, Dieu est donc pour Descartes une attitude intellectuelle cohérente, un Dieu de la raison.

  • De l’idée de Dieu selon Kant

La philosophie de la religion de Kant, ou plus adéquatement la théorie philosophique de la religion selon le traducteur J. Gibelin, est perceptible à travers plusieurs de ses textes (où il aborde, entre autres, la métaphysique et l’autonomie de la raison), mais le livre dans lequel Kant aborde directement la question est La religion dans les limites de la simple raison (1793). Dans cet ouvrage, Kant tente de concilier son rationalisme des trois Critiques avec le phénomène de la foi religieuse ; une foi, précisons-le, que les Lumières ne purent irradier totalement des masses de l’époque. Bien que le christianisme ait une place de choix dans sa pensée, Kant distingue tout de même les religions historiques de la religion naturelle et universelle qui peut être fondée à partir de la raison humaine. Comme le dit bien Jean Grondin dans son livre La philosophie de la religion, « l’une des originalités de sa philosophie de la religion est de ne pas fonder cette foi rationnelle sur un concept de Dieu tiré de l’ordre de la nature, mais de la déduire de la loi morale inscrite dans le cœur de tout homme ».

Pour bien comprendre la conception kantienne de religion, il faut donc aborder les limites de la connaissance humaine, la nature de Dieu, ainsi que l’espérance.

  • Les limites de la connaissance humaine

Le point de départ de notre compréhension de la religion kantienne repose sur la limite du savoir humain. « Que puis-je savoir ? » Pour Kant, toute connaissance métaphysique ne peut faire l’objet d’une prétention. Le défaut de la métaphysique est justement de prétendre la production d’une connaissance de réalités qui ne peuvent pas être données à une quelconque expérience. Le savoir renvoie au seul domaine de l’expérience concrète des choses et de ses conditions de possibilités. Le savoir relève des phénomènes, c’est-à-dire de « ce qui nous apparaît ». Kant considère qu’il n’y a rien dans l’expérience qui puisse donner une base d’évidences suffisantes pouvant prouver l’existence d’objets transcendants comme Dieu ou encore l’âme humaine. Ces choses dont l’entendement ne peut démontrer l’évidence sont de l’ordre des croyances, qui relèvent des noumènes (de ce qui est au-delà de l’expérience et purement intelligible). Tel est le destin que réserve Kant à la foi. Tandis qu’une connaissance peut être affirmée, une religiosité ne peut être que postulée. De la découle l’impossibilité de parler d’un Dieu dont il serait possible de prouver l’existence (ou de prouver son inexistence).

Aussi, la raison de l’homme et l’utilisation de son entendement sont cruciales pour Kant ; tout être humain a la faculté de penser par soi-même. Il s’agit là d’un principe central dans l’œuvre de Kant. À la question « Qu’est-ce que les lumières ? », l’auteur répond à plusieurs reprises qu’il est nécessaire que tout individu se défasse de la tutelle des autorités politiques et religieuses, ainsi que tous soient sortis, du moins dans un sens politique, de cette situation de minorité donnant lieu à une situation où chacun peut devenir libre d’utiliser sa propre raison en tout ce qui est affaire de conscience. La vraie religion a pour Kant un fondement moral, elle vient de la raison et ne doit s’imposer de manière hétéronome, de l’extérieur. Kant propose alors une religion naturelle qui correspond à une foi essentiellement morale, où l’existence de Dieu tient un statut particulier.

  • Dieu, une pure idée selon Kant

Pour Kant, Dieu est avant tout une idée. Considérant que les choses métaphysiques ne relèvent pas de l’expérience, il est impossible d’affirmer l’existence ou l’inexistence de Dieu. Toutefois, la raison est faite telle qu’elle est amenée à pouvoir créer une telle idée.

« Le concept de Dieu, et même la conviction de son existence, nous dit Kant, ne peut se rencontrer que dans la raison, ne peut provenir que d’elle et non venir d’abord en nous par l’intermédiaire d’une inspiration, ni pas une information reçue, si grande qu’en soit l’autorité ». Carine Morand, « Kant, divine est la loi morale » dans La religion. De Platon à Régis Debray. Éditions Eyrolles : Paris, 2010, p. 105.

Pour Kant, finie l’hétéronomie exercée par une force extérieure sur la raison humaine. Par ailleurs, il n’existe aucune relation d’échange entre l’homme et Dieu. « L’existence s’éprouve et se rencontre, nous dit Carine Morand, mais elle ne peut prouver de façon logique ». Pour Kant, une personne qui dit avoir une expérience intérieure de la grâce divine relève du fanatisme et une expérience extérieure, comme dans le cas du miracle, de la superstition. Toutefois, les athées et les sceptiques ont aussi torts de considérer l’absence de preuve empirique. Bref, le travail critique du philosophe, dont l’existence de Dieu écope, est ici facilement perceptible ; Kant veut cerner les limites de la connaissance humaine. Dieu ou l’absence de Dieu ne peut être prouvé.

  • Théorie philosophique de la religion d’Emmanuel Kant

Kant distingue deux types de religion : les religions historiques et la religion naturelle. Les religions dites historiques sont de types statutaires et institutionnalisés. Fondées par l’être humain, leurs éléments sont à prendre comme des représentations métaphoriques, comme des symboles de la vie éthique. Elles servent de moyens pour renforcer nos dispositions morales, mais elles ne doivent pas être comprises comme des fins en soi. L’Église chrétienne, bien que considérée comme de type historique, renferme le germe de la véritable foi universelle. Cette foi universelle représente pour Kant la religion naturelle que tout homme a dans son cœur. Elle est naturelle dans le sens que l’être humain la porte en soi par nature et que c’est à travers la raison, ce que tout homme possède en soi, qu’elle se développe. Tout individu peut y parvenir.

De même, Kant va comparer la religion cultuelle et la religion morale. Vainement la religion cultuelle va chercher les faveurs de Dieu. Mais pour Kant, la volonté de flatter Dieu par un culte sensible et extérieur relève d’un souci pathologique qui donne lieu à de faux cultes. Institutionnaliser la religion sous une forme cléricale est d’ailleurs une perversion. Autre perversion, celle de la loi morale, une perversion que Kant nomme le « Mal radical ». Radical parce que l’homme a un penchant naturel à cette perversion, mais auquel il est tout de même possible de résister en développant sa disposition au Bien.

Par ailleurs, confondre le thème de la foi avec un objet de savoir représente pour Kant une folie religieuse. Une religion authentique n’a aucun dogme et aucun culte. Lorsque le culte passe en premier, nous sommes en situation d’idolâtrie et lorsqu’on commerce avec Dieu, nous sommes en situation d’enthousiasme religieux, deux choses que Kant dénonce avec la même vigueur. Quant à la vraie religion, elle ne contient que des règles morales. Toutefois, c’est à travers la religion historique qu’elle se manifeste. Mais dans le meilleur des mondes, la religion naturelle authentique qui dépend de nos intentions morales est possible. Comme le dit Kant dans son livre déjà cité plus haut, La religion dans les limites de la simple raison : « la religion (considérée subjectivement) est la connaissance de tous nos devoirs comme commandements divins ».

Un dernier élément important de la théorie philosophique de la religion d’Emmanuel Kant, à nos yeux, est celui de l’espérance. En effet dans un système de pensée qui apparaît comme très strict, voire austère, « que m’est-il permis d’espérer ? ». Dans l’éthique kantienne, l’autonomie de l’agir moral doit être désintéressée. La recherche d’un bonheur en tant que finalité ne s’inscrit pas dans la perspective proposée par le philosophe. L’espoir réside plutôt dans la possibilité d’être digne de devenir heureux. Une nuance énorme. Il faut donc résister au penchant qui mène au « Mal radical » et devenir vertueux en maximisant nos efforts dans la disposition au Bien pour se rendre digne d’être heureux. Jouir du bonheur serait immoral. C’est là que prend tout le sens de postuler l’existence de Dieu, mais aussi l’immortalité de l’âme humaine.

 

  1. Pour une analyse croisée de Descartes et Kant : perspectives d’ouverture du discours sur Dieu
  • Discussion de l’idée kantienne de Dieu : de l’inaccessibilité de Dieu à la morale.

Dans la philosophie de Kant, Dieu créateur de l’Univers est physiquement impossible. Kant propose alors un Dieu transcendantal. Cette notion fait de Dieu une abstraction pure, une imagination de l’homme pour que ce qu’il sait de l’Univers se présente en une unité d’attribution et de finalité en tant que système. Tout en affirmant de façon claire l’impossibilité physique de ce Dieu souvent qualifié d’Intelligence suprême, d’Etre originaire ou d’Etre suprême, Kant invite à lui concéder des propriétés anthropologiques, c’est-à-dire à concevoir Dieu à l’image de l’homme qui le conçoit avec des valeurs et des sentiments, sans oublier que c’est une idée transcendantale possible que dans un système unifié de concepts. Kant soutient en effet que Dieu, en tant que Realgrund est la condition de toute possibilité. Pour cette raison, son existence apparaît nécessaire, comme le sont les qualités qui lui sont propres, soit l’unité, l’immutabilité, l’éternité. Pour Kant, l’usage réel de l’entendement autorise une preuve de l’existence de Dieu à partir de la contingence des substances. Toutefois, dans la Critique de la raison pure, il démontre l’impossibilité définitive de toute preuve de l’existence de Dieu par la raison spéculative, réservant néanmoins à l’idée de Dieu, comme aux autres idées transcendantales, un usage régulateur pour la connaissance de la nature. En ce sens, toutes les représentations et toutes les lois naturelles d’évolution proviennent d’un Dieu transcendantal, être parfait.

Pour défendre son argumentaire, Kant déplace la question religieuse du terrain métaphysique vers le terrain moral, dans lequel Dieu est une idée régulatrice qui permet aux hommes d’agir moralement. C’est à la morale, que revient la tâche de fournir une preuve de l’existence de Dieu. Dieu doit être nécessairement postulé eu égard à la possibilité de l’objet total et complet d’une volonté moralement déterminée : le summum bonum ou but final. Au sujet de ce tournant pratique de la théologie, M. Ferrari remarque que « …le Dieu de Kant n’est pas le Dieu des philosophes et des savants dont la métaphysique traditionnelle, au terme d’un raisonnement, prouve l’existence… » Mais « … la loi morale en nous, cette exigence à l’aulne de laquelle tout doit se mesurer, … ».

Comme Kant, Luc Ferry pense que Dieu qui transcende le sensible est indémontrable et inconnaissable. Sa position frôle parfois celle de l’athéisme par le fait qu’il ne croit pas en Dieu. Mais la position de Ferry est qu’il faut penser l’Homme-Dieu. Ce qui abolit la transcendance et conteste l’ontothéologie. En ce sens, il affirme ceci : « Si Dieu n’existe pas, pourquoi ne pas supprimer tout à fait l’absurde notion de transcendance, pourquoi ne pas finir une bonne fois pour toutes avec elle en posant que toutes les valeurs sont immanentes à la matérialité du réel ? ». Ceci revient donc à dire qu’il faut penser Dieu dans le vécu.

En effet, depuis l’antiquité, l’idée de Dieu s’est toujours jointe à la morale. Ainsi dans l’antiquité grecque, Dieu était l’objet d’une exigence morale et d’une certitude dans la paix de la contemplation (JASPERS, La foi philosophique, Paris, Plon, 1953, p.108). Aujourd’hui encore, toutes les attentes que les hommes expriment vis-à-vis de Dieu, qu’elles soient spéculatives, morales ou religieuses, sembles converger vers l’homme. C’est d’ailleurs ce que soutient Kant. Pour lui, « le ciel étoilé au-dessus de nos têtes et la loi morale en moi » sont les deux témoignages essentiels de la divinité dans le gouvernement des choses. En ce sens, Dieu apparait comme une exigence éthique. Ainsi, toute personne qui dit « ma conscience », « ma conduite morale », dit équivalemment Dieu.

On peut inférer que l’ordre moral, l’ordre social, l’ordre rationnel et l’ordre naturel ont un sous-entendu divin dès qu’ils posent le problème d’une éthique. En effet, le respect de la morale (le bien souverain) n’a de sens, selon Kant, que s’il existe un Dieu juste qui récompense la vertu. C’est pourquoi il affirme : « Le postulat de la possibilité du souverain bien dérivé (du meilleur monde) est en même temps le postulat de la réalité d’un souverain bien primitif, à savoir l’existence de Dieu ». Faire le bien c’est se référer à Dieu. Dieu devient une nécessite morale. Cette idée de Dieu est bien une logique de l’existence. C’est en ce sens également que Claude Bruaire trouve contradictoire d’entreprendre un examen rigoureux du problème de Dieu car l’affirmation de Dieu est une attitude logique, conséquente, parce que requise par l’existence humaine. Ainsi, affirme-t-il : « L’affirmation de Dieu convient à la logique de l’existence parce qu’elle est impliquée en elle ». Aussi, c’est toute la vie de l’esprit humain qui, dans l’ordre pratique comme dans l’ordre spéculatif, témoigne de cette exigence d’infini et d’absolu. En d’autres termes, c’est en lien étroit avec le problème de l’homme que se pose la question de Dieu. Ainsi, Dieu qui constitue l’homme comme esprit devient par le fait même « l’absolu de l’homme », « la contingence assumée », « la finitude comblée », « le mal racheté ».

  • L’idée cartésienne de Dieu : limites de la raison à la position du cogito

L’idée de Dieu et la démonstration de son existence ont attiré la foudre des critiques sur Descartes. Ces critiques viennent aussi bien des empiristes que des rationalistes.En effet, certains philosophes permettent de penser que la notion de dieu résiste à la dissolution critique, à une négation intégrale de la pensée rigoureuse. Ces défenseurs de l’idée de dieu élaborent des preuves physico-théologiques (Aristote), cosmologiques (saint Anselme) et ontologiques (Anselme, Leibniz) de l’existence de dieu. En général pour les ontologistes, il est vain de démontrer une évidence, l’existence de Dieu étant immédiatement évidente dans l’analyse de son concept. La preuve ontologique dans la version anselmienne, a connu une plus grande fortune. Saint Anselme de Cantorbéry affirme que « Dieu est quelque chose de tel que rien ne peut se penser de plus grand »(Saint Anselme, Proslogion (1077) Garnier Flammarion, 1993, pp. 41-42). C’est à son argument par la grandeur que substitue Descartes celui de la perfection. Dieu est l’être parfait. Or l’existence est une perfection. Donc Dieu existe. Penser Dieu comme être souverainement parfait, c’est le penser comme existant. Descartes conclut ainsi sa démarche : « je ne puis concevoir Dieu sans existence, il s’en suit que l’existence est inséparable de lui »(René Descartes, Méditations métaphasiques (1641), in Œuvres philosophiques, T.2 Garnier, 1967, p.474).

Le doute systématique conduit Descartes à ériger l’homme comme seul responsable à bien conduire sa pensée pour parvenir à reconnaître sa propre existence, mais aussi celle de Dieu. Le célèbre cogito a paru ensuite suffisant à Descartes pour affirmer que si l’homme peut ainsi penser droitement, à partir d’un raisonnement bien conduit, logique, il peut donc dominer la nature, organiser le monde dans lequel il se trouve, et déduire même de ses raisonnements l’existence de Dieu. En effet, si l’homme se montre capable d’imaginer l’éternité, l’infini, ou la perfection, c’est qu’il possède en lui des idées innées, déposées en lui par quelqu’un de plus grand que lui, qui le transcende, par Dieu qui l’a créé à son image : ainsi, la pensée de Dieu suffit pour affirmer l’existence de Dieu. Descartes propose une méthode strictement rationnelle. Il fait du sujet humain la base immanente de sa réflexion : le « je » du « je pense » devient capable d’affirmer que Dieu existe.

Mais Pascal conteste cet immanentisme, car il n’accorde pas du tout le même statut à la Raison humaine : « Plaisante raison, qu’un vent — celui de l’imagination — manie et à tout sens… ». Si Pascal ne renonce pas à la raison, il en connaît les limites, les faiblesses, — ou selon le mot théologique : la corruption. Il se propose donc, non pas d’utiliser la raison comme révélateur de la divinité, ou de la vérité, mais d’agir dans le cadre limité de la raison pour préparer l’individu à la rencontre de Dieu, pour le porter à rechercher Dieu. Le déisme de Descartes n’est rien d’autre qu’un gnosticisme, une connaissance abstraite de Dieu à laquelle l’homme peut s’élever par la force de son raisonnement, mais qui n’insuffle aucune vie spirituelle, aucune communion avec Dieu. Pascal dénonce l’orgueil de Descartes, il soutient que nous ne pouvons pas, par nous-mêmes, affirmer l’existence ou connaître la nature de Dieu, car Dieu est illimité, alors que nous sommes limités.

A Pascal s’ajoute Hobbes qui se distancie de Descartes du fait de la conception qu’il a de l’idée de Dieu. En effet pour lui, une idée est une image qui « se réduit à une représentation concrète et imaginable ». Pour lui, l’idée provient de la matière tangible qui s’offre à nos sens telle qu’elle est. De ce point de vue, nous n’avons aucune idée de Dieu car rien ne s’offre à nos sens qui en soit l’image. Aussi, l’idée de Dieu ne devrait rien être d’autre qu’on aurait d’idée extérieure de sorte que Dieu n’est « qu’un produit de l’esprit, une supposition de la foi, mais il n’existe pas de Dieu » (Descartes, 1973, Ed. F. Alquié, Tome II, p.16, not.1).Dans le même sens, Gassendi reproche aussi à Descartes de faire reposer toute vérité sur l’existence de Dieu, or il avait auparavant été convaincu de la vérité du cogito. C’est en ce sens que Callot affirmait que le cogito est une connaissance qui ne se suffit pas à elle-même (Callot, Problème du cartésianisme, 1956). En effet, la vérité du cogito dépend du statut de l’évidence, une évidence elle-même problématique puisque n’étant pas encore sous la garantie divine. C’est alors que Callot pense que la preuve par les effets, prenant sa source dans le cogito encore incertain, évoquant des règles de la causalité encore non valides, est une preuve illégitime car elle se base sur une incertitude pour démontrer une certitude qu’est l’existence de Dieu.

 

Conclusion

Au nom de « Dieu », les philosophies ont toujours tenté de juxtaposer voire de substituer un concept à un autre. Qu’il s’agisse du divin ou de l’humain, le rôle de la philosophie a été de déployer des notions pour rendre notoires des significations. On peut distinguer les diverses manières de penser Dieu en considérant leurs issues.

Concilier foi et raison, voilà le travail que s’était donné Kant. Avec son concept philosophique de religion morale fondée par la raison, Kant a tenté de redonner un statut original quasi salutaire au phénomène religieux. Critiquant la prétention d’affirmer un savoir pour lui impossible à prouver, il a remis la figure de Dieu aux mains de l’entendement humain qu’il qualifie de véritable source du mouvement subjectif de la foi. D’une telle conception, où l’autonomie de pensée tient une place de choix, découlera plus tard un humanisme qui tentera de remplacer de plus en plus la religion dans les sociétés modernes. Les positivistes auront d’ailleurs vu à tort dans Kant une théorie d’éradication complète de la religion. Descartes, par conséquent trouve en Dieu, la garantie de la vérité de « l’idée claire et distincte », et c’est au nom ou mieux en se basant sur « l’idée claire et distincte » qu’il possède en lui, qu’il veut prouver l’existence de Dieu. Mais est-il le même que Dieu révélé chez les scolastiques ? La réponse que Descartes avance est que la découverte de la véracité de Dieu vient détrôner définitivement l’hypothèse du malin génie. La véracité divine place le philosophe dans différentes dispositions : « je crois naturellement au témoignage de mes sens et ma mémoire ; s’il n’est pas trompeur, l’auteur de ma nature n’a pu vouloir que cette confiance spontanée soit une illusion »dira Descartes dans les « Seconde réponses », de ses Méditations Métaphysiques.

 

Références bibliographiques

 critique de la théologie,

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Notes :

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  • Jacqueline Russ, Memo références. Philosophie ; les auteurs et les œuvres.p.90
  • Dictionnaire critique de la théologie sur la direction de Jean –Yves Lacoste.
  • Encyclopédie philosophique universelle, les Notions philosophique, dictionnaire 2, PUF, Paris, 1990 p. 1682.
  • , p.1984.
  • DESCARTES, LesMéditationsmétaphysiques, 5è Méditation, 1641.
  • Première Méditation, AT, IX – 1, 16.
  • Première Méditation, AT, IX – 1, 36
  • Discours de la méthode, 4eme Partie, AT, VI, 34.
  • Voir les réponses aux quatrièmes objections, AT – IX, p.166
  • René Descartes, « Seconde réponses », dans Méditations Métaphysiques, p.266
  • Gibelin. « Avant-Propos » dans Emmanuel Kant. La religion dans les limites de la simple raison. Librairie philosophique J. Vrin : Paris, 1965, P. 7.
  • Jean Grondin, « Chapitre VII. Le monde moderne. II. – La religion morale de Kant » dans La philosophie de la religion. PUF, Paris, 2009, p. 100.
  • Carine Morand. « Kant, divine est la loi morale » dans La religion. De Platon à Régis Debray. Éditions Eyrolles : Paris, 2010, P. 105
  • Jacqueline Russ, Panorama des idées philosophiques, éd. Armand Colin/HER, Paris, 2000, p.147.
  • Désigne toujours une connaissance (forme, concept, synthèse, déduction, etc.) et s’oppose à empirique. Il désigne ce par quoi une connaissance a priori est possible.
  • Jean Ferrari, « Théologie transcendantale et religion de la religion », dans Kant Théologie et religion, Robert Theis, Vrin, 2013, p.23.
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  • Terme utilisé pour traduire le terme grec phtora qu’Aristote oppose à génésis (génération). Il s’agit de changement selon la substance. La corruption est en fait la destruction de la substance, sa disparition. Sylvain A. et Yvonne W., Vocabulaire des études philosophiques, Hachette, p.44.
  • Descartes, 1973, Ed. F. Alquié, Tome II, p.610, not.1
  • Erik Laperle, La preuve ontologique de l’existence de Dieu chez Descartes, Mémoire, p.27.

Article n°16- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

REFORMES CURRICULAIRES AU BURKINA FASO : PLAIDOYER POUR UN CHANGEMENT DE PARADIGME VERS L’APPROCHE PAR COMPETENCES

 

Paulin SOME

Université Norbert Zongo

E-mail: paulinsome@yahoo.fr

 

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Abstract

The objective of this article is to advocate for a paradigm shift. With the adoption in Burkina Faso in 1983 of objectives-based curriculum comprising the three components of Presentation, Practice and Production, designing consensual operational objectives still continue to be a challenge. This is the shared difficulty for both teachers and the educational supervisors. The proposed objectives vary from one teacher to another and from on educational supervisor to another. Due to that practical divergence of opinions and discrepancy of ideas regarding the design of consensual objectives, this research work has envisaged and come up with an alternative approach in order to overcome those difficulties sprouting along the objectives designing task.

 Keywords: reform; curriculum; paradigm shift; competency-based approach.

 

Résumé

Cet article porte sur un plaidoyer pour un changement de paradigme dans l’élaboration des objectifs. Depuis l’adoption par le Burkina Faso en 1983 de la méthodologie par objectifs déclinée en ces trois étapes : Présentation, Pratique et Production, la question de la définition d’un objectif opérationnel a toujours constitué une difficulté aussi bien pour les enseignants que pour les encadreurs pédagogiques. D’un enseignant à un autre ou d’un encadreur pédagogique à un autre, les objectifs proposés pour une leçon donnée ne sont jamais les mêmes.  Face à cette discordance dans la pratique, ne serait-il pas nécessaire d’envisager une approche alternative afin de contourner les difficultés que posent l’élaboration de ces objectifs ?

Mots clés : réforme ; curriculum ; changement de paradigme ; approche par compétences.

 

Introduction

Dans de nombreux pays, les programmes scolaires subissent des changements majeurs. Traditionnellement conçus selon les normes d’une pédagogie par objectifs, ces programmes respectaient scrupuleusement les exigences béhavioristes. De nos jours, deux orientations se croisent pour offrir aux programmes d’études un visage nouveau. Les programmes actuels sont construits selon une logique de compétences dans laquelle le concept de situation se substitue à celui d’objectif. Ils s’inscrivent en outre dans une perspective socioconstructiviste qui valorise la construction en contexte des connaissances et des compétences plutôt que la transmission de savoirs, décontextualisés et désincarnés. C’est dans ce vaste mouvement curriculaire que se placecette réflexion. Dans un premier temps, il y a nécessité de clarifier les deux concepts de base de ces réformes, celui de compétences et celui de socioconstructivisme. Cet article intéresse tout particulièrement les professeurs en leur facilitant la préparation des apprentissages, les étudiants en sciences de l’éducation dans l’approfondissement de la réflexion, les chercheurs et les formateurs d’enseignants dans la quête de l’amélioration du système éducatif dans son ensemble.

  1. Problème de recherche

Les raisons qui ont suscité l’écriture de cet article tiennent du fait qu’il y a une disparité de vision dans l’élaboration des objectifs pédagogiques en enseignement de l’anglais au Burkina Faso. Ainsi, pour une mêmeleçon, il n’y a pas d’harmonie autour de la définition des objectifs chez les différents praticiens. Aussi, les enseignants éprouvent des difficultés dans la formulation des objectifs opérationnels qui pourraient être dupliqués ailleurs. De même, les encadreurs pédagogiques ne parviennent pas à s’accorder sur les objectifs pédagogiques qui peuvent être définis pour une leçon donnée. Afin de résorbercette discordance de points de vue, n’y aurait-il pas nécessité d’envisager une approche alternative ? La collecte des données de cet article est basée sur une approche mixte (qualitative et quantitative). Les participants sont tous des enseignants d’Anglais et des encadreurs pédagogiques d’Anglais comme langue étrangère au Burkina Faso.

  1. Réformes curriculaires et approche par compétences
  • La notion de curriculum

Dans l’enseignement formel, un curriculum, curricula ou curriculums au pluriel, est l’interaction planifiée des élèves avec le contenu d’instruction, les matériels, les ressources, et les procédures mises en place pour évaluer l’atteinte des objectifs de l’éducation, Kelly (2009).

D’autres définitions combinent des éléments variés pour décrire le curriculum comme suit :

  • Tout apprentissage est conçu et conduit par l’école, soit qu’il est mené en groupe ou individuellement, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’école Kerr (1968 : 16 in Kelly 2009).
  • Le curriculum peut aussi se référer au programme entier proposé par une classe, dans la commune, dans l’état, ou le pays. On attribue à la salle de classe des sections du curriculum comme élaboré par l’école. Nunan (1988) quant à lui, utilise le mot ‘syllabus’ pour désigner la sélection et la graduation du contenu, et ‘curriculum’ pour désigner tous les aspects de planification, de la mise en œuvre, de l’évaluation et de la gestion des programmes d’éducation.

Au plan historique, le premier livre publié sur le curriculum, en 1918 est celui de Bobbit (1918) qui dit que le curriculum, comme idée, a ses origines dans le mot Latin qui le définit comme course de compétition, expliquant le curriculum comme étant l’ensemble des faits et expériences qui favorisent le développement des enfants en adultes capables de contribuer au succès dans la société.

La vision contemporaine du curriculum approfondi ces postulats de Bobbit (1918), mais retient le fondement du curriculum comme l’ensemble des expériences qui transforme l’être humain en personne. Globalement, le curriculum se définit comme l’ensemble des expériences de l’individu. Cette définition est basée sur celle de Dewey (1926) qui parle d’expérience et d’éducation. Il croit que la pensée réflective est un moyen qui peut unifier les éléments du curriculum.

Caswell et Campbell (1935) considèrent le curriculum comme «toutes les expériences que détiennent les enfants sous la conduite des enseignants. » Cette définition est partagée par Smith, Stanley et Shores (1957)quand ils définissent « le curriculum comme une séquence des expériences potentielles mises en œuvre dans les écoles en vue de discipliner les enfants et les jeunes en groupe dans leur façon de penser et d’agir. »

D’autre part, Marsh et Willis (2007) voient le curriculum comme toutes les « expériences planifiées et dispensées par l’enseignant, et également étudiées par les apprenants dans la classe. »Bien qu’apparuela première fois avec Bobbit (1918), le curriculum vu comme le cours d’une expérience formative a aussi perverti le travail dans des domaines importants.

Bien que la compréhension idéaliste de« curriculum » soit différente de la vision actuelle et restrictive du mot, les écrivains et les chercheurs en général partagent le point de vue commun.

  • La notion d’objectifs selon Mager (1981)

« Un objectif est la description d’une performance que vous voulez que des apprenants exhibent avant qu’on ne les considère comme compétents. Un objectif décrit le résultat attendu d’une instruction plutôt que le processus de l’apprentissage lui-même.» Mager (1981) (notre traduction).

  1. Réformes des programmes scolaires ou réformes curriculaires au Burkina Faso (BF)
  • Des réformes au Burkina Faso en général

Selon Bayama (2016), la problématique du curriculum entendu au sens de «constitution ou politique curriculaire[1] » dans le contexte contemporain s’origine dans le fait que l’humanité a pris conscience du rôle de l’éducation dans le devenir de l’homme et du fait que« L’école est l’une des plus belles institutions que l’humanité ait inventée.»[2] Le Bureau international de l’Education, en sa qualité de Centre d’excellence en matière de curriculum, a fait le constat que dans le processus d’expansion universelle de l’école, la gestion des réformes est de plus en plus complexe. Cette complexité des systèmes éducatifs exige des compétences de vision globale dont les acteurs classiques ne disposent pas pour faire efficacement les réformes les plus pertinentes.

Le système éducatif burkinabè du point de vue de son histoire est tributaire de son héritage colonial français. La recherche de l’efficacité de ce système est un souci permanent affirmé par les différents acteurs à travers son histoire. A ce propos, nous pouvons rappeler les Etats généraux de l’éducation et l’adoption de la première loi d’orientation de l’éducation en 1996. Mais l’illustration la plus récente de cette volonté d’améliorer le système éducatif, par rapport à la réforme actuelle, est la tenue des Assises Nationales de l’éducation d’avril 2002. Par la suite, des séminaires gouvernementaux se sont penchés sur la question pour décider de la réforme de 2006.

Dans les faits, avant cette réforme, les différentes composantes du système éducatif étaient réparties entre trois ministères différents. Le préscolaire était dévolu à l’actuel Ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale (MASSN), le primaire et l’alphabétisation au Ministère de l’éducation de base et de l’alphabétisation (MEBA) et le post primaire, le secondaire et le supérieur au Ministère des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique (MESSRS). Cette situation dure depuis 1989 en ce qui concerne la séparation du primaire et du secondaire (post-primaire et secondaire).

Considérant d’abord la variable flux des enseignants et des encadreurs, dans les différentes composantes, le post-primaire (le collège) et le secondaire (le lycée), semblaient avoir la meilleure pratique. Le niveau de recrutement à partir du Bac et des diplômes universitaires (deug ou licence) permet aux enseignants d’avoir un profil de spécialiste disciplinaire, de faire une carrière grâce à un système de formation initiale et continue pour passer du post primaire au secondaire et du statut d’enseignant à celui d’encadreur. Au primaire, avec le BEPC comme niveau  de recrutement, la progression dans la carrière permet le passage d’enseignant à encadreur pédagogique mais avec une logique d’équivalence entre acquis d’expérience, diplômes scolaires, professionnels et universitaires qui reste confuse d’autant plus que les enseignants et les encadreurs sont des généralistes d’un point de vue disciplinaire.

Ensuite, en prenant en compte l’élaboration des programmes, le secondaire (collège et lycée) les élabore sur la base disciplinaire avec des sous commissions de spécialistes pour chaque discipline (enseignants, encadreurs et universitaires) de la 6ème à la Terminale. Au primaire, les programmes sont plutôt le fait d’encadreurs spécialistesen programmes dont les sessions de travail peuvent impliquer les enseignants.

  • Des réformes du programme d’Anglais au BF

Avant juillet 2010, le programme d’Anglais de l’enseignement secondaire général au premier cycle était basé sur la Grammaire au Burkina Faso, (1983). Ce programme était et est toujours mis en œuvre sur le plan de la méthodologie à travers la Pédagogie par Objectif (PPO). Selon Zida (2010 :1), les enseignants ont tendance à négliger les autres aspects de la langue, plus particulièrement les composantes communicatives à travers cette approche méthodologique. Ils se consacrent plutôt à enseigner les structures grammaticales, en d’autres termes, ils ‘parlent plutôt de la langue’ au lieu ‘d’enseigner l’utilisation ou la pratique de la langue’. Ce qui est contraire aux recommandations de la directive gouvernementale édictée en 1983.

Par conséquent, la commission de révision des programmes a suggéré que l’enseignement de toute langue devrait tenir compte de l’élaboration de buts et d’objectifs. Ainsi, la configuration du nouveau programme prend en compte les habiletés, les structures grammaticales, ou vocabulaires en même temps que les fonctions de la langue. Selon le canevas du nouveau programme, le mot « habileté » se réfère non seulement aux quatre habiletés de base (l’écoute, le parler, la lecture et l’écriture), mais aussi tout autre sous-habileté (par exemple le vocabulaire, la prononciation).

  1. Les concepts de compétence et le concept de socioconstructivisme
  • Le concept de compétence

L’opposition théorique entre compétence et performance est une hypothèse de Chomsky (1972) dans le cadre de la linguistique générative. Elle différencie chez les générativistes la capacité de construire et de reconnaître l’ensemble des énoncés grammaticalement corrects d’une part (compétence) et l’ensemble des énoncés produits d’autre part (performance). Cette opposition est primordiale dans le sens où la tradition générativiste tente d’étudier la capacité à produire des énoncés par le biais de ces énoncés.

Dans l’enseignement, la compétence désigne la mobilisation d’un ensemble de ressources (savoir, savoir-faire, savoir-être), en vue de résoudre une situation complexe appartenant à une famille de situations-problèmes Roegiers (2010). Il s’agit de compétence de base pour désigner les compétences qui doivent être acquises pour pouvoir passer d’une année à l’autre, ou d’un cycle à l’autre. Dans une définition comme dans l’autre, la compétence est fortement liée à la notion de situation problème, qui appartient à une famille de situations bien délimitées. On peut alors définir une compétence comme étant un savoir en action.

Pour Le Boterf (2000), les compétences sont les résultantes de trois facteurs :

  • le savoir agir qui « suppose de savoir combiner et mobiliser des ressources pertinentes »,
  • le vouloir agir qui se réfère à la motivation de l’individu et au contexte plus ou moins incitatif,
  • le pouvoir agir qui « renvoie à l’existence d’un contexte, d’une organisation de travail, de choix de management, de conditions sociales qui rendent possibles et légitimes la prise de responsabilité et la prise de risques de l’individu ».

La compétence est « la mise en œuvre intégrée d’aptitudes, de traits de personnalité et aussi de connaissances acquises, pour mener à bien une mission complexe dans le cadre de l’entreprise qui en a chargé l’individu, et dans l’esprit de ses stratégies et de sa culture. »

Enfin, Bellier relève trois caractéristiques principales à la lecture des différentes définitions existantes. La compétence permet d’agir et c’est là que l’on peut la repérer. La compétence est contextuelle, c’est-à-dire qu’elle est liée à une situation professionnelle donnée et correspond donc à un contexte. La compétence regroupe un ensemble de rubriques constitutives dont le savoir, le savoir-faire et souvent – mais pas toujours – le savoir-être.

Il existe également une ou plutôt des approches américaines de la compétence développées en linguistique, en psychologie du travail et dans le domaine de la stratégie d’entreprise. La pensée complexe et le co-constructivisme d’Edgar Morin ont aussi précisé et relié ce concept de compétence.

  • Le concept de socioconstructivisme

Le constructivisme social (parfois nommé constructivisme social ou socioconstructivisme) est un courant de la sociologie contemporaine.Ce courant a été popularisé par Berger et  Luckmann dans leur livre The Social Construction of Realitypublié en (1966).Ce livre développe des arguments théorisés auparavant par Émile Durkheim s’appuyant eux-mêmes sur une tradition philosophique plus ancienne.

Cette approche, à l’instar de la conception constructiviste développée en épistémologie, envisage la réalité sociale et les phénomènes sociaux comme étant « construits », c’est-à-dire créés, institutionnalisés et, par la suite, transformés en traditions. Le constructivisme social se concentre sur la description des institutions, des actions en s’interrogeant sur la manière dont ils construisent la réalité.

  1. Théorie du Constructivisme (une théorie d’éducation).

Le terme constructivisme a été défini différemment selon les auteurs ; ainsi, il veut dire plusieurs choses pour plusieurs personnes Taber(2011). Selon Jia (2010), ce mot a des origines aussi bien philosophiques que psychologiques. Le constructivisme vu comme une théorie d’éducation développe des approches depensées sur l’enseignement et l’apprentissage. Pour Taber (2011), le constructivisme peut offrir la base d’un enseignement axé sur l’apprenant.

L’approche constructiviste dans l’enseignement-apprentissage encourage la métacognition et l’auto-évaluation plutôt que la mémorisation des faits à la manière du perroquet. En fait, ce type d’apprentissage n’est pas instructif puisqu’il ne permet pas à l’apprenant de penser et de construire le savoir par lui-même. Cependant, le constructivisme « promeut une ‘vie examinée’ et encourage la pensée réflexive des valeurs, croyances et présupposés. » (Hoskins 1995 : 2). C’est pourquoi il est important pour l’enseignant de réfléchir sur ses pratiques d’enseignement. Cette réflexion peut aider l’enseignant à réfléchir sur ce que et comment les apprenants apprennent leurs leçons et ainsi procéder à des remédiations si nécessaires.

Selon Jia (2010), Socrate est considéré par certaines personnes comme le premier constructiviste. Pour lui, chaque individu nait avec du savoir qui a juste besoin d’être activé. Toutefois, contrairement au point de vue de Socrate, Piaget (1972) montre que l’individu qui entre dans le monde sans ‘savoir’ dans un domaine donné peut construire une connaissance abstraite et formelle sur le monde. Pour lui, les gens sont généralement dotés du potentiel nécessaire à la construction de la pensée formelle à travers des actions itératives sur l’environnement.

Comme l’affirme Taber (2011 : 46), « nous ne sommes pas né avec un savoir inné selon l’entendement de Socrate, mais plutôt nous sommes dotés de savoir inné de comment construire un système de connaissance personnelle par rapport au monde. » Cela veut dire que toute notre connaissance est une construction personnelle. Par conséquent, réfléchir aux pratiques d’enseignement est un moyen pour l’enseignant de construire une somme de connaissance qui lui permettra d’améliorer positivement lesdites pratiques contactées.

 

  1. Approche méthodologique

La méthodologie utilisée pour la collecte des données est mixte ; ce qui inclut aussi bien les méthodes qualitatives que celles quantitatives Creswell (2009). Selon Patton (2002) l’approche mixte est utilisée dans les enquêtes, les évaluations et les études de terrain car elle permet de cerner le phénomène à travers une approche plus globale. De plus, selon Creswell (2009) la diversification de méthodologies de collecte de données permet une riche description du phénomène, ce qui augmente la validité des données ainsi recueillies. La méthodologie mixte est plus appropriée selon Klassen et al. (2012) lorsque l’approche quantitative ou qualitative à elle seule ne permet pas d’obtenir une diversité de perspectives sur le phénomène étudié. Ils affirment que l’approche quantitative est déductive et permet de mesurer des phénomènes déjà connus. Quant à l’approche qualitative, elle est inductive et conduit à l’identification de processus inconnus du chercheur tout en lui permettant d’expliquer le pourquoi et le comment du phénomène Klassen et al. (2012 : 378).

Cette étude a pris en compte essentiellement la direction régionale du Centre-Ouest du fait des vacances scolaires qui prévalaient lors de l’enquête. Ainsi, six (6) encadreurs pédagogiques dont trois (3) conseillers pédagogiques et trois (3) inspecteurs pédagogiques ont été contactés. Quatre (4) élèves inspecteurs ont été associés à cette même enquête. Dans une étude antérieure menée en 2014, 130 enseignants avaient été interpellés sur la proposition de changement de paradigme et les réponses auxquelles nous sommes parvenus permettent de conforternotre idée sur la question. Tous les enseignants qui avaient pris part à l’enquête ont été formés à l’Ecole normale supérieure et ont obtenu un diplôme professionnel pour l’enseignement de l’Anglais. Les cinq (5) enseignants interviewés ont obtenu leur diplôme les trois dernières années.

Les questions posées dans les questionnairesétaient pour la plupart fermées avec quelques-unesouvertes.

En ce qui concerne les interviews, elles sont semi-structurées et pour quelques-unes conduites par téléphone. Elles ont duré 15 à 20 minutes chacune. Selon Gray (2004), les questions semi-structurées permettent au chercheur de reformuler et d’approfondir les questions selon les éléments de réponse apportés par les participants Richard(2013).

  1. Résultats et discussion

L’analyse des données, faite de façon manuelle en croisant les données qualitatives et quantitatives, révèle que les enseignants dans leur majorité rechignent à mettre en application l’approche communicative. Dans la recherche des réponses possibles à cette préoccupation, la non maîtrise de la définition des objectifs est apparue comme la principale des soucis. Pour pallier à cette difficulté, les enseignants préfèrent décliner les enseignements selon des éléments de compétence qu’ils auraient au préalable établis en fonction des cycles. Ainsi, à la question de savoir si les enseignants impliqués dans l’enquête accepteraient adopter les compétences communicationnelles en lieu et place des objectifs, les réponses données indiquent qu’aucun des participants ne s’oppose à ce plaidoyer.

Les formateurs des formateurs et les encadreurs pédagogiques donnent leur accord quant àl’option pour les niveaux de compétence. Ils considèrent que « cela donnerait un coup de pouce aux enseignants dans la mise en œuvre du syllabus et contribuerait à améliorer la présentation des leçons » (Ma traduction). La prise en compte des niveaux de compétence pourraient également permettre aux enseignants de développer les compétences communicatives des élèves. Il est intéressant de constater qu’aucun des encadreurs pédagogiques ne s’oppose fermement à cette proposition.

Enfin, les encadreurs pédagogiques estiment que l’introduction des niveaux de compétence dans l’enseignement de l’Anglais en lieu et place des objectifs devrait être recommandée.Ainsi se justifie la nécessité du plaidoyer pour le changement de paradigme proposé.

Conclusion

Dans la quête de l’amélioration de l’enseignement de l’Anglais au Burkina Faso, il est ressorti que la définition des objectifs opérationnels aussi bien par les enseignants que par les encadreurs pédagogiques n’est pas la chose la mieux partagée. Aussi, ne serait-il pas nécessaire de changer de paradigme par rapport à la définition des objectifs selon les auteurs comme Mager F. Robert(1981) ?

Les réactions obtenues nous permettent de répondre par l’affirmative que l’on pourrait opter pour les niveaux de compétences plutôt que pour les objectifs.

 

References

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[1]http://www.ciep.fr/sites/default/files/migration/ries/introduction-ries-56.pdf

[2]http://www.scienceshumaines.com/qu-est-ce-qu-une-bonne-ecole_fr_36763.html

Article n°15- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

LE CORPS-RHETEUR : DE TERRE D’ÉBENE A MISERE DE LA KABYLIE 

 

 

Hyacinthe OUINGNON

      Université d’Abomey-Calavi

   houingnon@yahoo.fr

 

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Résumé

Même si auparavant l’une servit de tremplin à l’autre, il est communément admis que depuis la fin du XIXème siècle, littérature et journalisme sont  deux modes bien autonomes de figuration du réel. Toutefois, ces deux macro-scènes partagent encore des motifs comme la part du politique dans la gestion des corps, question dont Michel Foucault s’est préoccupé dès les années l970. Si, a priori, on pourrait en douter, il se révèle de manière irréductible qu’à l’instar de la littérature, le périodique aussi examine le corps sous des angles plurivoques. C’est ce qu’offrent à voir Terre d’Ébène et Misère de la Kabylie, deux enquêtes-reportages respectivement publiés par Albert Londres en 1929 et Albert Camus en 1939. Les deux récits factuels, à teneur testimoniale, mettent en évidence une dense saisie du corps qui se mue en rhéteur, en produit sémiotique dans cet univers impérial que fut l’Afrique coloniale. Cette étude ambitionne de montrer qu’au-delà de la topographie, de  l’écriture et du discours du corps globalement dysphorique qu’ils charrient, ces deux grands reportages de Londres et Camus, empreints d’une sorte de réalisme critique, participent d’une esthétique de la dénonciation à ancrage pragmatico-argumentatif.

Mots-clés : Récit testimonial, Afrique coloniale, corps, logos.

 

Abstract

Even if before the one served springboard to the other, i twas usually admitted since the end of the nineteenth century, literature and journalism are two autonomous topic of figuration of the real. However, these two macro-scenes are still having in common like the one of politics in the management of corps, question of which Michel Foucault was focused on from the year seventies. If firstly one can doubt, it is very important to know that apart from literature, the periodic is also concerned with the corps in a pluvical ways. This is what we can see in Terre d’Ébène et Misère de la Kabylie (Ebony earth and Kabylie misery) two investigations-reportages published by Albert Londres in 1929 and Albert Camus in 1939 the two factual tales holding testimony, bring about a deep study, in undeniable product in the imperial universe which was the colonial Africa. This study is going to show beyond topograph, the writing and global the disturbing speech of the corps they make, these two great reportages of Londres and Camus imprented with a king of realism critical one, made a pragmatic-argumental denunciation

Key-words : factual file, colonial Africa, corps, logos

 

Introduction

Le procès de la colonisation en Afrique emprunte bien souvent la voie protéiforme de la littérature. En publiant respectivement dans Le Petit Parisien et Alger républicain « Terre d’Ébène » en 1929 et « Misère de la Kabylie » en 1939, Albert Londres et Albert Camus se servent plutôt de la scène générique du périodique aux mêmes fins. Dans ces récits factuels en prise sur la littérature, le corps fait irruption, entre en tension avec le dit, devient image, figure, voire texte ayant des couches de sens à déchiffrer, à décrypter. Car, autant chez Londres que Camus, le soma est au service d’une visée argumentative. D’une part, l’écriture du corps dresse le procès du système colonial ; d’autre part, le discours que les deux reporters font dire au corps ajoute une sorte de supra-sens concentrant le message ultime du réquisitoire contre le colonialisme. Par quels atours scripturaux Camus, écrivain-journaliste et Londres, écrivain de reportage[1], chargent-ils le corps-rhéteur d’un discours polysémique ? De l’exubérante forêt équatoriale du Congo-Brazzaville qui appert dans Terre d’Ébène aux confins arides de la Kabylie dont Misère de la Kabylie  concentre la représentation, le corps du colonisé construit-il implicitement un logos immuable ou plurivoque et des invariants discursifs qui font sens ? Manifestement, dans ces deux récits testimoniaux fortement embrayés, la corpographie et le discours du corps charrient des enjeux irréductibles. Mieux, cette scripturalité du corps fait sens. L’Analyse du discours, la sémiotique et les théories en régime médiatique, fondements théoriques et méthodologiques aussi bien convergents que complémentaires, serviront d’ancrage heuristique. De façon concrète, à travers de grandes articulations telles que la tension entre factuel et fiction, la topographie et la corpographie dysphorique, nous mettrons en évidence l’esthétique de la dénonciation qui sourd de ces écrits testimoniaux.

 

  1. Terre d’Ébène et Misère de la Kabylie: factuel et fiction en tension
  • Le reportage/témoignage comme projet

Terre d’Ébène et Misère de la Kabylie relèvent en principe du récit factuel, du reportage, Londres et Camus s’y étant attaché à présenter des tranches de vie, à décrire des spectacles. En 1928, Albert Londres s’embarque pour un voyage de quatre mois en Afrique, à la suite d’André Gide.[2]Après la traversée de plusieurs pays du continent, il rapporte un témoignage poignant sur les travers de la colonisation. Il est utile de souligner que dans le sillage des Ludovic Naudeau, Raymond Recouly, Pierre Giffard, Jean Rodes ou autres Gaston Leroux, Albert  Londres débute sa carrière par le reportage de guerre. De 1914 à 1918, il couvre en effet pour Le Matin puis pour Le Petit Journal la Première Guerre Mondiale. En 1932, à l’occasion de son dernier reportage, Londres renoue avec le métier de correspondant de guerre. Il disparut dans l’incendie du  Georges Philippar, le bateau qui le ramenait en France. Son corps ne fut jamais retrouvé. En mémoire de celui qu’on considère comme le père du grand reportage fut créé en 1932 le Prix Albert Londres décerné pour la première fois en 1933. Il faut préciser que l’entre-deux-guerres est marqué  par une systématisation de la transformation des reportages en volumes. Albin Michel, éditeur réputé pour ses offensives commerciales, crée en 1923 la collection spécialisée « Les Grands Reportages ». Pour ce lancement, il choisit Albert Londres dont le reportage sur le bagne de Cayenne vient de connaître un immense succès auprès des lecteurs du Petit Parisien.

En juin 1939, Albert Camus engage également un périple en Kabylie. Une série de douze articles publiée dans Alger républicain du 5 au 15 juin 1939 campe le bouleversant témoignage du jeune reporter sur le dénuement de cette partie de l’Afrique. En fait, le projet scriptural de Londres et Camus épouse les traits génériques du reportage qui selon Jacques Mouriquand (1997, p. 56) « se propose de donner à voir, à entendre, à sentir, à percevoir la vie. Ce peut être la vie d’un lieu, ou d’un événement. » Dans la mesure où le témoignage est certification, les deux reporters se servent à foison de données concrètes, de sorte que l’effet de réel[3] se nourrit du recours constant aux indications temporelles et locatives.

Cette volonté d’authentification féconde constamment Terre d’Ébène. Chez Camus, le même souci de véridiction irradie sa narration factuelle. On retient globalement que la tige de chardon est la base de l’alimentation à Bordj-Menaïel et Tizou-Ouzou, où des enfants et des chiens se disputent des ordures.

A l’analyse, la posture scripturale des deux reporters est nourrie par un florilège de détails. Comme le fait si bien observer Jacques Mouriquand (1997, p. 92) : « Le discours journalistique ne peut jamais tenir durablement sans ces  »grains de poivre » qui lui donnent sa saveur et qui témoignent que le journaliste est bien allé sur le terrain. »

Toutefois, au-delà de l’attachement des deux reporters au testimonial, la factualité de leur récit se trouve subvertie par la multiplication d’effets de fiction.

  • Des effets de déréalisation : la tentation de la fiction

Dans les deux récits pris en charge majoritairement par un énonciateur en focalisation interne, s’observe le foisonnement de séquences narratives, descriptives, dialogiques et une fréquente alternance du tandem narration/description, paradigmes typiquement littéraires. A titre illustratif, cet extrait de Terre d’Ébène conforte nos propos :

Mon homme dormait sur le tas de bois, près de la chaudière, comme s’il avait fait grand froid et que nous fussions en route pour la chasse aux loups.

  • Eh ! lui dis-je en le secouant, je n’ai rien à manger.
  • Il se réveilla lourdement.
  • Excusez-moi, qu’il fit, je n’ai pas faim, j’ai trop bu.
  • Vous avez bien de la veine !
  • C’est, dit-il, que je reviens d’Araouan.

Il avait des provisions. Les fonctionnaires ont l’habitude de voyager lentement. En Afrique, les transports sont officiellement dans la même situation qu’il y a trente ans, avec, pourtant, cette différence que les remorqueurs sont usés. (Londres, 1929, pp : 100-101).

En fait, l’information que charrie tout reportage, et plus spécifiquement Terre d’Ébène et Misère de la Kabylie ne peut finalement se percevoir comme du réel brut. Elle est forcément le résultat d’une construction, la mise en récit de l’événement. C’est donc à raison que Marc Lits (1996, p.156) met la presse presque sur le même plan que la littérature, puisqu’il souligne opportunément que la fonction première des médias consiste probablement « à inscrire le flux des événements dans l’histoire, à organiser pour le lecteur/spectateur le chaos événementiel en récit journalistique séquencé, mais à côté de cette mission sociale, elle remplit aussi d’autres fonctions, dont celle de nourrir l’imaginaire du public. »

Dans L’effet de réel,  Roland Barthes (1968, p. 64) souligne que les détails superflus que la description charge dans le syntagme narratif, sont bien souvent « affectés d’une valeur fonctionnelle indirecte, dans la mesure où, en s’additionnant, ils constituent quelque indice de caractère ou d’atmosphère, et peuvent être ainsi finalement récupérés par la structure. » A la  réflexion, il appert que la mise en récit du corps, l’accumulation de notations à première vue insignifiantes sur le corps du colonisé dans Terre d’Ébène  et Misère de la Kabylie relèvent du geste créateur qui transcende  une simple visée informationnelle.

  1. Topographie et corpographie : tel espace, tel corps 

A s’intéresser à la topographie et à l’écriture du corps en tant que produit sémiotique, c’est-à-dire comme objet empirique ou signe dans les deux reportages, on induit une homologie entre ces deux poncifs narratifs.

  • Une topographie dysphorique : l’Afrique inhospitalière

Dans  Terre d’Ébène  et Misère de la Kabylie, l’espace-cadre, représentation physique objective des régions parcourues par les deux reporters, renvoie de l’Afrique colonisée une image peu heureuse. Il n’est que de se reporter à l’article que Camus-reporter consacre à l’habitat kabyle. Il s’y campe un espace clos, repoussant, mortifère, anxiogène. En témoigne cette description d’un gourbi kabyle en pièce unique :

Dans une pièce obscure et enfumée, deux femmes, dont une très âgée et l’autre enceinte, m’avaient reçu. […] Dans la terre battue du sol, à hauteur de la porte, une rigole était creusée, par laquelle s’écoulaient l’urine des bêtes et les eaux grasses de la maison. Je n’apercevais pas un seul meuble. (Lévy-Valensi &Abbou, 1978, p. 280)

La visée pathémique de cette description sordide est manifeste. La molécule sémique autour de l’habitat décharge tous azimuts un réseau d’axiologiques dépréciatifs : exiguïté, insalubrité et dénuement. Le groupe de sèmes mobilisé par l’énonciateur-Camus au moyen d’une hypotypose[4] campe une Afrique coloniale misérable et désespérante. De tels tableaux répulsifs parsèment de part en part la saisie topographique des lieux investigués par le reporter. Lorsqu’on passe au spectacle que donne à voir l’espace ouvert, la même isotopie dépréciative se déploie. A Beloua par exemple,  toutes les rues sont des égouts. Elles charrient une boue noirâtre et violacée où marinent des poules mortes et des crapauds au ventre énorme.  L’Afrique coloniale vue par Londres reporter-voyageur inspire n’est guère euphorisante. En témoigne cette description répulsive de bicoques à Bamako : « La France a construit là une grande ville indigène, ville en banko, c’est-à-dire en boue. Aucune case ne dépasse l’autre. Cela s’étend comme un cimetière où l’on n’aurait enterré que des pauvres »  (Londres, 1929, p. 36) On ne peut manquer de relever au passage l’humour corrosif de Londres. Ainsi qu’on le note, la topographie est résolument dysphorique dans les deux témoignages et entre en résonance avec l’écriture du corps déployée par les textes des deux reporters.

  • Le colonisé en contexte impérial : une corpographie dysphorique

Le corps du colonisé que met en scène Terre d’Ébène et Misère de la Kabylie prend une allure totalement dysphorique autant chez Camus que chez Londres. Cette figuration se fait insistante au moyen de la diatypose, c’est-à-dire d’une hypotypose brève, rapide, sorte de trait descriptif frappant.

C’est par un tableau saisissant que Camus ouvre la déliquescence du corps dans Misère de la Kabylie : « La Grèce en haillons ». La Grèce évoque irrésistiblement une certaine gloire du corps par ses sculptures. En l’enserrant dans des haillons, le reporter met l’accent non seulement sur le délabrement physique des populations mais surtout attire l’attention sur les stigmates de la misère. D’innombrables séquences descriptives campent des corps en décrépitude. De l’analyse du récit testimonial, trois niveaux de représentations peuvent être appréhendés. Le premier modèle une vue générale où la description sélective pose un tableau totalement pathétique. Le reporter campe le spectacle qu’offrent des « mendiants montrant leurs côtes défoncés à travers les trous de leurs vêtements (…) de cortège d’aveugles et d’infirmes, de joues creuses. » (Lévi-Valensi & Abbou, 1978, pp. 278-279). Le réseau de subjectivèmes dépréciatifs dresse un chaînon isotopique chargé de pathèmes et sculpte des corps diminués, déminéralisés, trahissant une sous-alimentation aiguë de la population. Le second plan propose un cadrage serré de femmes de tout âge dont les corps, exténués, mal nourris, déchirés par le froid, véhiculent un message dysphorique. La figuration des corps des enfants, elle, véhicule également un message dissonant, sombre et alarmant. A preuve, Camus  rapporte l’image d’une petite fille étique et loqueteuse, d’enfants kabyles demandant à manger, « leurs mains décharnés tendues à travers des haillons » (Lévy-Valensi & Abbou, 1978, p. 280). En fait Misère de la Kabylie projette l’altération du corps, tisse un récit de « corps-égouts », délabrés, déliquescents, déchus, dévalorisés, repoussants, exécrables.

Dans Terre d’Ebène, Londres, dans la même veine que Camus,  campe des portraits physiques peu valorisants des colonisés. Deux situations permettent au reporter de présenter les populations sous leurs vrais traits : l’exploitation du bois en Afrique centrale et la construction du chemin de fer. La première activité offre une vue pathétique de corps martyrisés, mutilés, en souffrance sous le joug du travail forcé, harassant. En témoigne cet épisode qui met en scène des coupeurs déplaçant une lourde bille : « Dans l’effort, les hommes-chevaux sont tout en muscle. Ils tirent tête baissée. Une dégelée de coups de manigolo tombe sur leur dos tendus. Les lianes cinglent leur visage. Le sang de leur pied marque leur passage. C’était un beuglement général.» (Londres, 1929, pp : 142-143). Les coupeurs de bois, ravalés au rang d’animaux, subissent les foudres d’un contremaître manifestement intraitable. L’isotopie ensanglantée sur laquelle s’appuie le reporter figure l’état des corps en régime impérial. A l’évidence, l’administration coloniale recourt à l’esclavage pour construire le chemin de fer Congo-Oubangui-Chari. Servent à la construction de la route précédant le chemin de fer, enfants, jeunes, adultes, vieillards profondément marqués dans leurs corps. Londres plonge sa plume dans la plaie du portage qui décime la population noire ainsi qu’on le note dans ces propos : « le portage est le fléau de l’Afrique. Cela assomme l’enfant, ébranle le jeune noir, délabre l’adulte. C’est l’abêtissement de la femme et de l’homme» (Londres, 1929, pp : 192-193). Deux informations sont portées à l’attention du lecteur. D’une part, la gradation ascendante que posent les verbes « assomme », « ébranle », « délabre », laisse imaginer d’impitoyables effets destructeurs du portage sur le corps physique des populations ; d’autre part, le substantif subjectif à teneur axiologique («abêtissement ») renseigne à suffisance sur l’impact nocif de l’esclavage sur la psychologie des colonisés. L’aliénation du corps se double de celle de l’esprit de sorte qu’en régime colonial, les populations de cette partie de l’Afrique semblent reléguées au rang de bêtes.

A l’analyse, la figuration du corps dans Terre d’Ébène dresse une isotopie dépréciative : souffrance, écrasement, enfermement, violence, supplice rythment la vie des colonisés. En fait, le reportage-témoignage de Londres et Camus transmue les corps mis en scène en corps-rhéteur qui construit un discours aux allures de réquisitoire.

  1. Du corps-rhéteur : réquisitoire et pathème en prime

Dans Corpographie et corpologie, Pascal Tossou (2016, p. 36) « estime qu’une attention particulière portée sur la « corpographie » [scénographie du corps par l’écrivain/scripteur] permet de déchiffrer, de décrypter, d’atteindre une sémantique qui participe forcément du projet esthétique d’un écrivain » Cette fonction sémiotique qu’il accorde à l’écriture du corps chez l’écrivain est manifeste dans Terre d’Ébène et Misère de la Kabylie. Le système d’encodage mis en branle par les deux reporters active deux rhéteurs, deux producteurs de sens dont les discours s’épaulent, s’imbriquent pour signifier : le texte et le corps.

  • Le texte et le corps: un tandem polyphonique signifiant

A s’en tenir au message que véhiculent le logos des reporters et la figuration du corps, la colonisation de l’Afrique par la France est un échec. Misère de la Kabylie de Camus dévoile la misère matérielle des populations kabyles ; c’est un réquisitoire implicite contre la politique coloniale de la France en Algérie. En scrutant le dispositif énonciatif dont il se sert, on est à même d’affirmer que Camus argumente sans le paraître. Le reporter confesse : « Si je pense à la Kabylie, ce n’est pas ses gorges éclatantes de fleurs ni son printemps qui déborde de toutes parts que j’évoque, mais ce cortège d’aveugles et d’infirmes, de joues creuses et de loques qui, pendant tous les jours, m’a suivi en silence.» (Lévy-Valensi & Abbou, 1978, p. 280). Sous la plume de l’énonciateur principal signalé par le déictique « je », sont mis au second plan tous les aspects valorisants de la Kabylie (au moyen de la négation « ne…pas »), tandis qu’est mise en relief via un système énonciatif dont le reporter est le cœur, l’image peu élogieuse de la région à travers une chaîne lexicale faisant la part belle au corps dysphorique. Le reporter recourt également à une argumentation analytique. L’effort de diagnostic pour repérer les racines du mal, l’attachement constant à passer ses assertions au crible de preuves diverses, distillées à profusion dans un amoncellement pourtant intelligible, tendent à emporter la conviction du lecteur.

Londres quant à lui s’appuie sur une argumentation d’autorité parce qu’il se porte comme le seul garant de la justesse de ses propos. Ainsi que le précise Christian Plantin (1996, p. 88) « Il y a argumentation d’autorité quand le Proposant donne pour argument en faveur s’une affirmation le fait qu’elle ait été énoncée par un locuteur particulier autorisé. (…) Deux cas doivent être distingués : celui de l’autorité manifestée directement par l’interlocuteur afin d’étayer ses dires. » La stratégie est précisément en prise sur une autorité manifestée directement par l’informateur. L’exemple se note à l’évocation du drame humain lié à la construction du chemin de fer Congo-Océan. «Je me répétais que, de l’autre côté, les Belges venaient de construire 1200 kilomètres de chemin de fer en trois ans, avec des pertes ne dépassant pas trois mille morts, et que chez nous, pour 140 kilomètres, il avait fallu dix-sept mille cadavres ! » (Londres, 1929, pp : 210-211). Dans ce récit indigné, tous les indices d’une énonciation embrayée subjectivante[5] s’observent. On note la forte présence de l’énonciateur principal présupposant un foyer descriptif réduit, avec l’embrayeur « je ».

Au-delà du logos qui dresse un portrait saignant du colonisé, le corps apparaît tout autant comme rhéteur au discours  percutant et signifiant. Pascal Tossou (2016, p. 48) soutient qu’en littérature, « le corps se veut un personnage/actant dont le discours doit être entendu au sens de signe graphique servant à transcrire un message pour co-dire le sens » A étudier les deux récits factuels, il est loisible d’observer que ce que l’auteur de Corpographie et corpologie dit de la littérature s’observe avec acuité sur la scène générique du reportage. Le corps du colonisé y est message, héraut dont le discours entre en résonance avec le témoignage des reporters. Dans Misère de la Kabylie le corps est un tableau, un espace-symbole où s’inscrit, s’incruste et se lit la misère matérielle. Les  mains décharnées des enfants, les côtes défoncées et le visage rongé d’ulcères des miséreux, les yeux pleins de pus des mendiants, stigmates éloquents, cristallisent un discours accusateur.

Dans Terre d’Ebène, l’espace-corps est ruine, déliquescence, violence, souffrance, supplice, meurtrissures. Il n’y a qu’écrasement, inhibition, anéantissement du colonisé. Une isotopie mortifère enveloppe tout le discours du corps-texte, entrelacement de fibres, de débris humains dont la fusion produit une sorte de macro-corps tablant non sur le logos, mais plutôt sur le pathos. Au moyen de figures de captation dont l’hypotypose et la diatypose, ce corps orateur dit qu’en Kabylie, la France ne fait pas son devoir de puissance colonisatrice et qu’en Afrique subsaharienne, le système colonial broie le noir. Il est inhumain.

 

  • Par-delà la corpographie et le discours du corps de Terre d’Ébène à Misère de la Kabylie

De Terre d’Ébène à Misère de la Kabylie, la politique coloniale dépersonnalise l’individu, écrase le colonisé, affectionne l’exploitation, le servage, la domination et l’enfermement des corps. Tels sont les traits saillants que les deux reporters ont tenté de peindre du corps en situation coloniale et surtout par le choix du reportage-enquête comme scène générique. Ce choix scriptural postule une visée pragmatico-argumentative. En effet, ces reportages au-delà d’une simple tentative de donner à voir un pan de réel a pour objectif essentiel de persuader, de toucher l’allocutaire, de modifier ses positions en jouant sur ses sentiments et ses émotions.

Pour Dominique Maingueneau, tout discours se construit en fonction d’une fin, il est censé aller quelque part. Et Perelman (1970, p. 25) souligne bien à propos que « chaque orateur pense, d’une façon plus ou moins consciente, à ceux qu’il cherche à persuader et qui constituent l’auditoire auquel s’adressent ses discours.» Dans le sillage de Baktine, on appelle dialogique un discours qui, tout en étant nécessairement adressé à l’autre et en tenant compte de sa parole, ne constitue pas un dialogue effectif. Ruth AMOSSY (2000) souligne que   »Dialogique » s’oppose ici à  »dialogal ». Le discours argumentatif est toujours dialogique ; il n’est pas nécessairement dialogal.

Même si le discours de Londres et Camus relève du dialogique, on ne saurait nier qu’en préférant mettre en évidence des corps délabrés, desséchés, suppliciés, dysphoriques, il interpelle la métropole, véritable instance-cible si on se réfère à la conception de Patrick Charaudeau (1997). Selon lui, l’instance-cible est  celle à laquelle s’adresse l’instance de production en l’imaginant, et l’instance-public, celle qui reçoit effectivement l’information et celle qui l’interprète. En achevant leur récit par des conclusions agoniques, en préférant une scénographie du corps qui dresse un cinglant réquisitoire contre le système colonial via une plainte ininterrompue des corps suppliciés et malades, les deux reporters qui ne sont pas anticolonialistes, tentent de susciter la polémique pour une colonisation plus humaine. En cela, ils prennent la posture du journaliste en citoyen.

La visée perlocutoire de leur témoignage semble avoir porté. Le livre reportage de Londres suscite de furieuses polémiques. Mais le reporter, traité d’apatride, assume son engagement et indique dans l’épilogue (Londres, 1929, p. 215) qu’un « coup de poing est par moments plus salutaire qu’une caresse. » La figuration et le discours du corps dans Terre d’Ébène a incité le gouverneur général de l’AOF à organiser, les semaines qui suivirent la parution du reportage en 1929, un voyage de presse à Dakar pour douze journalistes et autant de parlementaires, dans le but de combattre l’effet produit par le travail de Londres.

Quant à la publication de Camus, elle a dérangé les idées-reçues. Les conservateurs, les partisans de la métropole répliquent par presse interposée. Du jeudi 8 au samedi 17 juin 1939, La Dépêche algérienne publie une sorte de contre-reportage sur la Kabylie, « Kabylie 39 », effectué par Frison-Roche, composé de dix articles illustrés de photographies. Le reporter tente d’y montrer que tout va bien dans l’Algérie colonisée. Face à l’analyse contestataire de Camus, Frison-Roche dressera un bilan très favorable de l’action coloniale en Kabylie[6].

 

Conclusion

Terre d’Ébène et Misère de la Kabylie offrent à voir une scénographie du corps chargée de sous-entendus. L’étude du corps-symbole en contexte impérial via la scène générique du reportage conduit à relever quelques nuances en ce qui concerne la politique coloniale de la France en Afrique. En Afrique noire, la domination du corps par le système colonial est prégnante. Le discours du corps désarticulé, martyrisé, anéanti, pose l’échec de la mission civilisatrice de la France et campe un cinglant réquisitoire contre la colonisation. Il en va autrement de l’Afrique blanche, du moins de l’Algérie des années 1930 où la politique coloniale de l’hexagone n’est pas encore à l’asservissement des corps dominés, à l’écrasement du colonisé. Il faudra attendre le déclenchement de la guerre civile dans ce pays en 1951 pour voir le corps subir les affres de la politique d’anéantissement de la France. A l’analyse, il ressort qu’à l’instar de l’espace topographique, le corps apparaît sur la scène du périodique comme un auxiliaire de l’énonciation : il co-construit, co-dit le texte et aide à en appréhender le message. En ce sens, il peut être considéré comme un opérateur de lisibilité.

 

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[1] Myriam Boucharenc baptise ces journalistes dont les reportages sont publiés en volume « écrivains de reportage » tandis que pour désigner les écrivains qui se sont occasionnellement tournés vers le reportage, elle emploie le mot-valise « écrivain-reporter ». Sur ces questions, Cf. Myriam Boucharenc, L’Écrivain-reporter au cœur des années trente, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2004.

[2] Après un long séjour en Afrique, André Gide a publié en 1928 Voyage au Congo et Retour du Tchad où il a dénoncé les horreurs et les crimes du régime colonial de la France. Cf. à ce propos Pascal Tossou, « Le discours d’André Gide, de Voyage au Congo à Retour du Tchad ? Non ! » in Métadiscours, Cotonou, Edition Gas-Plus, 2014.

[3] Expression utilisée par Barthes pour souligner la tendance de tout récit à s’attarder sur les détails qui ancrent l’histoire dans le vécu concret. Cf. Roland Barthes, L’effet de réel, Communication, 11, 1968.

[4] L’hypotypose regroupe l’ensemble des procédés permettant d’animer, de rendre vivante une description. Elle est « une description riche, fouillée, complexe, voire vive et animée : elle est censée mettre sous les yeux du lecteur l’objet ou la scène décrits. » Cf. Patrick Bacry, Les figures de style, p. 353.

[5] Un énoncé embrayé, est un énoncé dans lequel le locuteur manifeste sa présence sur le plan modal. Cf. Dominique Maingueneau, Le discours littéraire : Paratopie et scène d’énonciation, Armand Colin, 2004, p. 126.

[6] Frison-Roche écrit par exemple : « Je ne suis pas du même avis que certains ; la France a fait de grandes et belles choses en kabylie et il faudrait pour nier une telle évidence se boucher volontairement les yeux et s’obstiner à ne voir en tout que le mauvais côté des choses. » cf. La Dépêche algérienne du 16 juin 1939.

 

 

Article n°14- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

VON DER ARMUTSÖKONOMIE IN DEUTSCHLAND: DAS VERBORGENE GESICHT EINER WELTWEIT BLÜHENDEN WIRTSCHAFT IN SCHAMLAND VON STEFAN SELKE.

 

 

 Kouadio Denis SOUANGA

Université Alassane OUATTARA

 souangadenis@yahoo.fr

 

 

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 Abstract

Despite the undisputed prosperity of its economy, the Federal Republic of Germany still hides many weaknesses. The existence of too many poor people in the middle of their society, who assure their survival only through almsgiving at social institutions, gives rise to many outrages. In his work Schamland, the sociologist Stefan Selke exposes the sad reality of life as experienced by those victims of poverty. Despite its international reputation, Germany appears, according to Selke, as a country of shame in terms of its level of poverty along with its appalling consequences. The withdrawal of the state from its responsibility in favour of social organizations comes to worsen more and more the plight of the poor. Nevertheless, the Federal Republic of Germany is not an economically weak country. A good management of their social policy can sustainably solve the debunked crisis.

Keywords: Germany, poverty, social services, plight,  good leadership

 

Zusammenfassung

Trotz des unbestrittenen Wohlstands ihrer Wirtschaft verbirgt die Bundesrepublik Deutschland immer noch viele Schwächen. Die Existenz von zu vielen Armen in der Mitte ihrer Gesellschaft, die nur durch Almosen bei Sozialeinrichtungen ihr Überleben versichern, erweckt viele Empörungen. In seinem Werk Schamland entlarvt der Soziologe Stefan Selke die traurige Lebensrealität dieser Armutsbetroffenen. Trotz seines internationalen Rufs erscheint Deutschland, so Selke, hinsichtlich der Armut und deren traurigen Konsequenzen in diesem Land als ein Schamland. Der Verzicht des Staates auf seine Verantwortung zugunsten Sozialorganisationen vertieft immer mehr die Notlage der Armen. Trotzdem ist die Bundesrepublik Deutschland kein wirtschaftlich schwaches Land. Eine gute Führung ihrer Sozialpolitik kann nachhaltig die entlarvte Krise lösen.

Stichwörter: Deutschland, Armut,  Sozialeinrichtungen,  Notlage, gute Führung.

 

Résumé

Malgré la prospérité incontestée de son économie, la République Fédérale d’Allemagne cache encore beaucoup de faiblesses. L’existence de trop de pauvres au milieu de sa société, qui n’assurent leur survie que grâce à la charité reçue auprès des services sociaux, éveille beaucoup d’indignations.  Dans son ouvrage Schamland, le sociologue Stefan Selke expose la triste réalité de vie pour ces victimes de la pauvreté. Malgré sa réputation internationale, l’Allemagne apparaît, selon Selke, comme un pays honteux au regard de la pauvreté et de ses conséquences désastreuses dans ce pays. La démission de l’Etat de sa responsabilité au profit des services sociaux aggrave de plus en plus le sort des pauvres. Toutefois, la République fédérale d’Allemagne n’est pas un pays économiquement faible. Une bonne gestion de leur politique sociale peut résoudre durablement la crise décrite chez cet auteur.

Mots-clés: Allemagne, pauvreté,  services sociaux,  sort, bonne gestion.

 

Einführung

Die gute Gesundheit der deutschen Wirtschaft ist heute weltweit unumstritten. Deutschland gilt in international vergleichender Perspektive als Wohlstandsgigant[1]. Trotzdem verbirgt diese blühende Wirtschaft viele Schwächen, deren Entdeckung von manchen Beobachtern unter anderem dem Soziologen Stefan Selke Empörungen erweckt. In seinem Werk Schamland analysiert Selke die Lebensrealität der in Deutschland armutsbetroffenen Menschen im Rahmen der Einführung der Sozialpolitik. Er zeichnet das Leben dieser Menschen, die einst in der Mitte der Gesellschaft lebten und jetzt sich verzweifelt bemühen, ein Stück Normalität zu bewahren. Er schämt sich vor diesen empfindlichen Personen, die seit Jahren Almosen bei manchen Sozialeinrichtungen in Empfang nehmen.

Wie tritt diese Armut im Werk von Stefan Selke in Erscheinung? Wie greifen die Sozialeinrichtungen in die Lösung dieser Notlage ein? Wie reagieren die Bedürftigen auf diese Angebote? Drei Reflexionsrichtungen leiten unseren Lauf: Zuerst der Skandal der Armut in Deutschland, dann die Nützlichkeit der Sozialeinrichtungen in diesem Land und endlich die Reaktion der Bedürftigen auf die angebotenen Almosen der Sozialeinrichtungen. Die verwendete Methodik für die vorliegende Forschungsarbeit ist die Sozialgeschichte der Literatur.

 

  1. Vom Skandal der Armut in der Bundesrepublik Deutschland

„Armut ist Teil von Lebenswelten, zu denen man gerne auf sicherer Distanz bleibt“, schreibt Stefan Selke im Prolog seines vorliegenden Werkes[2]. Im Vergleich mit der Doku-Fiktion Aufstand der Jungen entlarvt er den Mangel an der Solidarität in der deutschen Gesellschaft. Der erwähnte Film porträtiert allerdings eine Gesellschaft, deren Regelsystem brüchig geworden ist und in welcher Menschen für weniger als 2,50 Euro pro Stunde arbeiten. Obwohl immer mehr Bürger unter die Armutsgrenze rutschen und um ihr Überleben kämpfen, bleibt der Staat gleichgültig. Keinesfalls schreitet er ein, die armen Bürger zu schützen. Schon in seinem Werk Die Hebamme (1973) beschreibt Rolf Hochhuth dieselbe Gleichgültigkeit des deutschen Staates zu elenden Bewohnern eines Barackenlagers „Nordchicago“ bei der Stadt Wilhelmstahl. Angesichts der Verachtung der Herrscher, die die Existenz dieser untätigen Bevölkerungen zu ignorieren scheinen, können die letzten sich nur auf ihr Schicksal einstellen. Sie nehmen ihr Schicksal nichts anderes als etwas Unvermeidliches an[3]. In der Doku-Fiktion gelten die ersten Stadtteile der Gesellschaft als rechtsfreie Zonen, in denen diejenigen abtauchen, die sich „dem Würgegriff der Behörden und Gläubiger“ entziehen müssen[4].

Am Beispiel von dieser dargestellten Einbildungsrealität beschreibt Selke die Armut in Deutschland, einem reichen Land, und deren traurigen Konsequenzen auf die gefährdeten Bevölkerungsgruppen. In der Mitte der Stadt Berlin existiert, so der Autor, ein derartiger Stadtteil, den sogenannten „Höllenberg“[5]. Dort zahlt niemand Steuern. Die Polizei unternimmt nichts gegen Verbrechen. Wenn in dieser armseligen Behausung Krawalle losbrechen, spricht man von den schwersten sozialen Unruhen seit dem Bestehen der Bundesrepublik Deutschland, macht Selke bekannt[6]. In der deutschen Gesellschaft scheinen die meisten Bürger, denen es noch besser geht, die durch die Armut und Ausgrenzung gekennzeichnete Parallelwelt zu akzeptieren.

Diese Teilung der deutschen Gesellschaft in ein Oben und ein Unten ist in manchen Sozialschichten spürbar, wie eine I-Euro-Jobberin es erwähnt: „Das ist inzwischen eine Parallelwelt. Wir sind schon zwei Gesellschaften. Der Unterschied zwischen arm und reich wird immer größer. Irgendwann gibt es dann nur noch die ganz Reichen und die ganz Armen[7].“ Immer mehr grenzen sich die Reichen von den Armen ab, welche kaum von Interessengruppen vertreten sind. Keine Kirche oder keine Gewerkschaft verteidigt ihre Interessen, so der Autor[8].Diese neue Form der Armut bedroht gänzlich neue Personenkreise, seien sie Arbeitslose, Alleinerziehende, Menschen mit Migrationshintergrund oder Kinder. Eine solche Armut inmitten vom Reichtum ist  ein Skandal, wie Selke es unterstreicht[9]. Sie untergräbt die Würde des deutschen Bürgers und widerspricht dem Grundgesetz der Bundesrepublik Deutschland. In seinem Werk Spinnennetz der Macht erinnert Jürgen Roth an dieses Grundrecht, wie es im Artikel 1 des Grundgesetz vorgeschrieben ist: „ „Die Würde des Menschen ist unantastbar. Sie zu achten und zu schützen ist Verpflichtung aller staatlichen Gewalt.[10]“ „ Für Roth allerdings sollte das deutsche Grundgesetz ein Wertesystem bilden, das als verfassungsrechtliche Wertentscheidung für alle Bereiche im Verhältnis zwischen Staat und Bürger gilt. Die entlarvte Notlage bei Stefan Selke ist aber das Gegenteil der Fall. Die deutsche staatliche Macht gibt den nervigen Eindruck, ihre Bürger abzugeben. „Ohne soziale Gerechtigkeit wird es jedoch, das ist eigentlich eine Binsenweisheit, keine Legitimation des Staates geben“[11], unterstreicht auch Roth.

Deutschland geht es gut, aber vielen Deutschen geht es schlecht, behauptet auch Selke. Das klassische Bruttoinlandsprodukt eignet sich hervorragend dazu, Ranglisten zu erstellen. Gemäß des Internationalen Währungsfonds listet Deutschland unter rund 180 Ländern auf Platz 20, gleich nach Japan und Frankreich[12]. Trotzdem sind viele Menschen arm. Diese Notlage führt zu negativen Gefühlen, wie zum Beispiel zum Sozialneid, zur Steigerung der allgegenwärtigen Beschämung und zur Verachtung, aber auch zu subjektiven Gefühlen wie Vertrauensverlust, Verlassens ängste und Selbstabwertung. Die Diagnose eines der Gesprächspartner des Autors, der er nicht zitiert, verkündet ausdrücklich die vorliegenden Gefühle:

„Ich befinde mich am untersten Zipfel der gesamten Gesellschaft. Ich habe gearbeitet, habe Steuern bezahlt und bin auch in der Kirche geblieben, als ich arbeitslos wurde und weniger Geld hatte. Aber der Staat hat mich verlassen. Ich bin ein Ausgestoßener! Und es geht immer weiter. Ich sinke immer tiefer.“[13]

Diese subjektiven Armutslebenslagen versuchen manche Arbeitslosen zu überwinden. Die Ausdrücke eines anderen Gesprächspartners des Autors, arbeitslos und Familienvaters, der versucht, gegen den sozialen Abstieg und die Resignation anzukämpfen, ist ausdrucksvoll:

„Ich muss ständig an meinen Empfindungen arbeiten. Wie kann ich vernünftig haushalten? Wie kann ich einen vernünftigen Eindruck machen? Das Problem ist auch im Kopf, nicht nur im Portemonnaie. Das ist auch eine Einstellungssache, eine innere Sache. Die Frage, wie schlecht es einem geht.“[14]

Die Armut bringt allerdings mit sich die Einschränkungen der Freiheit. Die Lebensqualität ist zu einem guten Teil davon abhängig. In diesem Sinne behauptet Uerlings Hebert, was folgt: „Je niedriger das verfügbare Haushaltseinkommen ist, umso stärker ist der Verbrauch auf die Befriedigung des Grundbedarfs wie Wohnen, Essen, Kleidung konzentriert.“[15] Die Armut macht es auch verletzlich. Es reduziert die Lebensqualität. „Wer arm ist“, so der Autor, „ kauft bei Kik, einem Discounter oder einem Vortagsladen ein, der Brötchen von gestern zum halben Preis anbietet, oder geht zur Tafel und ähnlichen Einrichtungen, um sich kompensatorisch Spielräume zu verschaffen“[16]. Der Arme unterscheidet sich in Deutschland, dadurch dass er keine wertigen und langlebigen Dinge einkaufen kann. Er kann keinen eigenen Geschmack und Lebensstil entwickeln und seinen demonstrativen Konsum dazu nicht einsetzen, das soziale Prestige zu steigern. Laut der Bertels-Stiftung ist die relative Armut in Deutschland weit verbreitet. Im Jahre 2013 beträgt die Quote im Durchschnitt rund 15 Prozent der Bevölkerung. Viele Deutsche sind arm, obwohl sie arbeiten, so der Autor[17]. Diese Armut ist aber ungleich zwischen Ost und West.

Nach der Pressemitteilung des statistischen Bundesamts sind im Westen Deutschlands mehr Menschen bedroht als vor zehn Jahren. Im Osten ist die sogenannte Armutsgefährdungsquote dagegen gesunken – allerdings auf höherem Niveau und mit Ausnahme von Berlin. In den alten Bundesländern waren insgesamt 14,7 Prozent der Menschen von Armut und Ausgrenzung betroffen – das waren 1,5 Punkte mehr als 2005. In den neuen Bundesländern – mit Berlin – sank die Quote im gleichen Zeitraum um 0,7 Prozentpunkte auf 19,7 Prozent, traf also noch immer fast jeden Fünften. Von Armut bedroht gilt nach dieser Statistik, wer weniger als 60 Prozent des mittleren Einkommens im Bundesdurchschnitt zur Verfügung hat[18]. Deshalb zog am 9. Februar 2010 das Bundesverfassungsgericht in Karlsruhe das „Grundrecht auf Gewährleistung eines menschenwürdigen Existenzminimums inklusive gesellschaftlicher, kultureller und politischer Teilhabe“ als zivilisatorisches Minimum fest[19].

Armut in einer reichen Gesellschaft am Beispiel von der Bundesrepublik Deutschland ist aber kein Naturereignis. Sie ist politisch erzeugt. Ökonomisch ist sie nützlich. Sie ist ein gesellschaftliches Produkt. Die Einsetzung der Sozialeinrichtungen in der Bekämpfung dieser Plage beschreibt sich in diesem Sinne. Was motiviert konkret die Schaffung dieser Einrichtungen? Wozu sind sie nützlich in der Bekämpfung der Armut in Deutschland?

 

  1. Von der Nützlichkeit der Sozialeinrichtungen in Deutschland

Selkes Interesse für die Sozialeinrichtungen kommt von einer beispiellosen Erfahrung, die er mit seiner Freundin in Deutschland machte. Auf dem Weg durch die Stadt, die er nicht nennt, sah er zum ersten Mal einen Mann, der in einer Mülltonne nach Essbaren suchte[20]. Er wurde von diesem undenkbaren Geschehnis überrascht, aber auch empört, dass diese Realität der Dritten Welt unter seinen Augen in Deutschland stattfindet.

Von diesem Stand der Dinge schockiert,  beschloss er  ein Jahr später, eine dieser boomenden Hilfsorganisationen aus der Innenperspektive zu erkunden. Von seinen Beobachtungen aus entdeckt er, dass diese Institutionen, die auf den ersten Blick als Hilfsstrukturen zugunsten ökonomisch schwacher Menschen erscheinen, in Wirklichkeit nichts anderes als politische Strukturen im Lohn der Staatsmachthaber sind. Sie bieten Lebensmitteltafeln, Suppenküchen und andere ähnliche Dienste an. Mehr als eine bloße soziale Struktur sind sie ein politisches System, das die Armuts-, Almosen- oder Hartz-IV-Ökonomie fördert[21]. Dieses System erscheint als der weltliche Arm des Reformprogramms des ehemaligen deutschen Bundeskanzlers Gerhardt Schröder. Allerdings, um die Wettbewerbsfähigkeit der deutschen Wirtschaft wiederherzustellen, entscheidet sich Schröder für die Liberalisierung des Arbeitsmarkts, für niedrige Sozialleistungen und für die Rentenreform. Dieser Reform, bekannt als „Agenda 2010“, schreiben manche Wirtschaftler zum Teil die Erneuerung der deutschen Industrie und deren Exporterfolge zu.[22] Die gesellschaftlichen Konsequenzen dieser Reform sind in den zehn letzten Jahren beunruhigend, wie Stefan Selke im vorliegenden Werk beschreibt.Für Selke allerdings ist die neue Armut in der Bundesrepublik Deutschland politisch. Trotz der Regelung der Leistungsansprüche im Sozialgesetzbuch II, die die Würde des Arbeitsuchenden fördert und fordert, wollte man ihn durch den längeren Aufenthalt in Arbeitslosigkeit zwingen, schlechte Arbeit anzunehmen[23]. Die Sozialpolitik „Fördern und Fordern“ infolge der Agenda 2010 führt im Gegensatz zur Scham und zur Beschämung. Sie erleichtert systematische Beschämungsverhältnisse aus Arbeitsreformen, nämlich aus der Zunahme der Leiharbeit, der atypischen und befristeten Beschäftigungsverhältnisse. Hinzu kommen die Vergrößerung des Niedriglohnsektors sowie die Hartz-IV-Gesetze im Namen des ehemaligen Direktors der sozialen Beziehungen bei Volkwagen und Vorsitzender der Kommission verantwortlich für die Vorbereitung der Modernisierung der deutschen Industrie Peter Hartz. Das Elend der Arbeitslosen wurde durch die Einführung des Arbeitslosengelds II verschärft. Diese Maßnahme, das dritte Gesetz der Hartz-Reform nach den zwei ersten, nämlich dem, das die Arbeitslosen dazu zwingt, unabhängig vom Gehaltsniveau eine Arbeit anzunehmenund dem, das die « Mini-Jobs » zu weniger als 400 € monatlich schafft, grenzt für ein Jahr die Zahlung von Arbeitslosengeld für ältere Arbeitnehmer und härtet die Bedingungen der Zuschreibung – eine Stelle von einem Jahr in den letzten zwei Jahren.[24]Dadurch wurden Arbeitslose schneller unter der Armutswelle gedrückt.

Das Engagement der Hilfsorganisationen in die Freiwilligengesellschaft beschreibt sich in dieser Perspektive. Dieses Engagement zu Lasten von diesen Organisationen entlässt den Staat, Urheber der oben erwähnten Maßnahmen,  aus seiner Verantwortung. In diesem Sinne enthüllen sich diese neuen Organisationen als Lückenbüßer eines Systems, das sich von seinen zivilisatorischen Grundprinzipien, nämlich der Unparteilichkeit und der Neutralität verabschiedet[25]. Die meisten humanitären Hilfsorganisationen handeln allerdings auf diesen Grundregeln.

Bei Selke tauchen die Freiwilligen in vielen Varianten auf. Sie sind entweder Ehrenamtliche, bürgerschaftlich Engagierte, Bürgerarbeiter in Selbsthilfe oder Freiwilligendienste. Durch die Ausdehnung ihrer Handlungen in manchen Sozialsektoren geben diese Organisationen den Eindruck, den Staat in seiner Grundsicherung zu ersetzen. Ihr Ruf nach zivilgesellschaftlichem Engagement ist eine typische Gegenreaktion auf ökonomische, soziale und politische Krisen. In diesem Sinne schreibt Gisela Notz, was folgt:

„Soziale Versorgung wird großflächig reprivatisiert, staatlichen Kürzungen zum Opfer fallende soziale Einrichtungen werden der Wohlfahrt überantwortet bzw. der ehrenamtlichen Arbeit und Selbsthilfe übergeben – und all dies wird mit dem ideologischen Mäntelchen des Vorteils menschlicher Wärme … gnädig zugedeckt.“[26]

Allerdings, anstatt die Armut nachhaltig durch politisches Handeln zu bekämpfen, wird private Wohltätigkeit als kostengünstiger Ersatz instrumentalisiert und inszeniert. Diese Helfer handeln als Pannendienst innerhalb einer Armutsökonomie. Sie entlassen den Staat, wobei sie durch Almosen die Bürgerrechte beschädigen. Die Verantwortung für soziale Sicherung wurde von der Politik allmählich auf Freiwillige verlagert, ohne dass diese auf Dauer eine befriedigende Bewältigung dieser Aufgabe garantieren könnten.

Unter derartigen Umständen ist es schwer, diesen Helfern die Schuld im Falle einer Fehlleistung in ihrer Handlung zu geben, denn die Grundsicherung der Bevölkerung liegt den Leitbildern des Staates zugrunde. Der Staat ist im Rahmen seiner königlichen Macht verpflichtet, eine nachhaltige Entwicklung des Landes zu gewähren. „Ein „guter Staat“ ist“, so Selke, “ nach diesem Prinzip einer, der es schafft, Armut so weit wie möglich zu verhindern und damit die Menschenrechte zu achten[27].“ Sich von seiner Pflicht zugunsten der Hilfsorganisationen zu verabschieden, ist für den Bundesstaat ein Sprung nach vorne.

Allerdings wollen die meisten Nutznießer arbeiten. Sie sind fleißig und ehrgeizig. Sie sind dessen bewusst, dass, wer nicht arbeitet, auch nicht essen soll und wer isst, ohne gearbeitet zu haben, ein Dieb ist. Sie erwarten die Schaffung der Arbeitsbedingungen seitens der politischen Macht. Diese Erwartung dreht immer wieder um die Illusion, denn der Staat laut der vorliegenden Aussagen gibt den merkwürdigenden Eindruck, vor seiner Verantwortung zu fliehen. Selbst die Parteien packen dieses Thema nicht an, denn mit diesen unangenehm beschriebenen Dingen bei Selke will sich niemand abgeben. Dementsprechend scheint die Politik sehr ferne von der Realität der Armen zu stehen. Die Politiker geben den falschen Eindruck, keine Ahnung davon zu haben, wie ihr wahres Leben eigentlich vonstattengeht.

Der Staat zieht sich aus seiner Verantwortung. Für die Politiker sind Tafeln eine Entlassung. Mit Armenspeisungen verhindert man, dass soziale Unzufriedenheit überschwappt. Sie beruhigen viele Unzufriedene. Durch derartige Handlung begeht der Staat aber einen Irrtum. Er entzieht sich seiner Verantwortung. Ebenfalls münden die Angebote der Armutsökonomie in eine Parallelwirtschaft, einerseits die der Reichen und andererseits die der Armen.

Diese Ökonomie lindert aber die Armut, anstatt ihre Ursachen zu bekämpfen. Die Menschen spielen höchstens die Rolle von Konsumenten zweiter oder dritter Klasse. Sie nehmen nicht an der Erzeugung von Gütern und Diensten teil, welche zum Wachstum der Wirtschaft beitragen. Die öffentliche Hilfe zu ihnen, wie der Autor im vorliegenden Werk schildert, lindert ihre Armutslage. Sie verschärft aber langfristig das Ausgangsproblem. Die Nutznießer aber, die wegen ihrer Notlage auf die angebotenen Dienste nicht verzichten können, sind auf die Qualität dieser Dienste aufgeteilt.

 

  1. Von der Reaktion der Bedürftigen auf die angebotenen Almosen

Die in Schamland beschriebene Armut ist von den Opfern dieser Notlage schwer anzunehmen. Die Bundesrepublik Deutschland ist kein Entwicklungsland. Eine gute Führung ihrer Sozialpolitik kann nachhaltig die entlarvte Krise Lösen. Sie hat viele Zuständigkeiten dafür. Deshalb führt diese unannehmbare Notlage zu zahlreichen Anklagen und Verwahrungen. Seien sie Ausbildende, Handwerker, Unternehmer oder Beamte, sind sie viel die Opfer dieser Notlage. Die Aussagen einiger von ihnen sind sehr empfindsam. Nennenswert sind die Erfahrung eines studierenden Ehepaars und die eines kranken Handwerkers mit seiner Frau, die an Herzfehler leidet.

Nach dem Verlust ihres BAföGs, der gesetzlichen Regelung allerdings muss das studierende Ehepaar mit ihrem Kind, verbittert, verletzt und zornig zur Tafel gehen, um seine Familie zu ernähren. Außer dem ersten Kind ist die Frau noch Schwanger. Die Familienlage dieser Studierenden erschwert zweifellos ihre finanzielle Lage und stellt sie am Rand ihrer Gesellschaft.

Allerdings, anstatt die von den meisten Ehepaaren die vorliegende Reihenfolge – Studium, Heirat, Kinder – zu machen, entscheidet dieses Ehepaar sich für das Gegenteil der Fall, das heißt zuerst ihre Kinder zur Welt bringen, dann sich heiraten, bevor sie ihr Studium. Obwohl es sich nicht für arm erklären wollte, zwingt seine schwierige finanzielle Lage, es zur Tafel zu gehen. Sehr verlegen, von sich selbst zu sprechen, berichtet der Ehemann über ihre Lage mit einem unbestimmten Pronomen, wie folgt: „Und versteckt sich dabei hinter dem „man“, so als spräche er [der Ehemann] über andere und nicht über sich und seiner Frau“[28].

Ebenfalls äußern der kranke Handwerker, der auf einer Baustelle stürzte, und seine Frau, die an Herzfehler leidet, ihren Zorn ihrem neuen Leben gegenüber: „Wir waren ein Teil der Gesellschaft, aber Vater Staat hat uns dermaßen verlassen, er hat uns richtiggehend nach unten gearbeitet. Wir sind regelrecht ausgestoßen. Wenn das so weitergeht, sinken wir noch tiefer.“ [29] Über den Bundesstaat sehr empört, wünscht der Ehmann den Rückkehr Adolf Hitlers, um die Bevölkerung von dieser Krise zu retten. In diesem Sinne macht der Autor seine Stimme, wie folgt, bekannt: „Es musste noch mal einen kleinen Hitler geben. Ja, so ein kleiner Adolf. Dann gäbe es heute nicht so viele Arbeitslose, dann würde wieder was getan. Dann würden sich viele nicht mehr so überflüssig vorkommen“[30].

Die Armut hat in der Bundesrepublik Deutschland Folgen, die weit über das bloß Materielle hinausgeht. Resignation und Hoffnungslosigkeit, Selbstaufgabe und Selbstanklage sind, unter anderem, Reaktionen, die sich in den Gesprächen des Autors mit Tafelnutzern in allen Schattierungen und Tonlagen wiederfinden. All das macht krank und kann zum frühen Tod führen. “Rund 30 Prozent der von Armut betroffenen Männer werden nicht mehr älter 65 Jahre[31]“, behauptet der Autor.

Die Arbeitslosen, die dazu entschließen, zur Tafeln zu gehen, verlieren den letzten Rest ihrer Selbstbestimmung. Sie fühlen sich doppelt entmündigt. Erst beim Amt, dann bei der Tafel. Plötzlich sind sie abhängig. Ihre Selbstachtung gewinnen sie nicht durch das Lächeln der Tafelhelfer zurück, sondern nur dann, wenn sie sich wieder selbst etwas kaufen können, wenn sie aufs Neue finanziell unabhängig werden.

Eigentlich muss der Staat mehr Verantwortung übernehmen, damit Tafeln nicht mehr so attraktiv wären. Aber je besser die Tafeln arbeiten, desto eher können sich Politiker zurückkehren. Am Ende verlassen sich Politiker und Bedürftige auf die Tafeln, den liebesgewonnenen Pannendienst der Gesellschaft. Aber, wenn diese Hilfeeinrichtungen wirtschaftliche und politische Rollen spielen, sind sie nicht die soziale Lösung.

Durch die Tafeln bekommt die Politik ein Alibi und kann behaupten, sie versorgt den Bürgern. Die Wahrheit aber ist anders. Die Tafeln sorgen um sich selbst. Die Bürger fühlen sich währenddessen im Stich gelassen, denn das Signal ist: „Ihr sollt uns so wenig wie möglich kosten. Die wirtschaftlich noch verwertbaren Individuen ziehen wir raus. Die anderen speisen wir ab[32].“

Die Tafeln haben nicht damit gerechnet, dass so viele Menschen kommen. Mit dem Zufall sind sie teilweise überfordert, sodass sie die Bürgerrechte wegnehmen. Trotzdem sind die Tafeln kein Schicksal, das von oben auf die Armen niederkommt. Es gibt Alternativen, daraus zu ziehen. Nichts ist in Stein gemeißelt. Durch die Tafeln fühlen die Armen sich ausrangiert und deplatziert. Noch wird der schöne Schein aufrechterhalten. Aber hinter den Kulissen brodelt es. Nur auf den ersten Eindruck hin ist das alles gut und schön. Bei näherem Hinsehen bricht alles auseinander.

Die Armen wünschen sich mehr soziale Gerechtigkeit. Sie haben nichts gegen Belastungen. Nur die ungerechte Verteilung der Belastungen kritisieren sie, denn die Entwicklung ihres Landes in vielen Bereichen unsozial. Deshalb wäre es besser, die deutschen Sozialsysteme zu verstärken, anstatt die Tafeln immer weiter auszubauen, Arbeitsplätze regelmäßig zu schaffen, anständige Löhne zu bezahlen, damit die deutsche Bevölkerung würdig leben könnte. Sozial wäre es, so der Autor, wenn die Tafeln sich selbst überflüssig machen würden, anstatt nur davon zu reden[33], denn sie  machen den Armen keinen Spaß. Das erklärt die Notwendigkeit, aus der Mühle zu ziehen, die dreiste Erniedrigung wegfallen zu lassen.

Schlussfolgerung

Die Thematisierung der Armut in manchen Sozialschichten der Bundesrepublik Deutschland erweist sich als eine Scham angesichts des großen wirtschaftlichen Potenzials dieses Landes und des internationalen Prestiges, mit dem es sich anschließt. Deutschland braucht nicht die Lösung seiner Probleme mit privaten Unternehmen abzuziehen. Es muss seine Verantwortung übernehmen, um die Grundsicherung seiner Bevölkerung zu versichern.

Dem Autor des vorliegenden Skandals erscheint ein Perspektivwechsel dringend notwendig. Für ihn ist es Zeit, dass über den weniger bekannten Teil der Gesellschaft gesprochen wird. Es geht um die Gedankenwelt und Lebenswirklichkeit derjenigen Menschen, die inmitten des gemeinsamen Wohlstands arm sind. Deshalb, anstatt in depressiver Empörung zu verfallen, wäre es besser, den Aufbruch in eine bessere Zukunft  diesen Schwächsten vorzubereiten.

 

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URL: http://www.slate.fr/story/49535/Allemagne-comment-gerhard-schroeder-redressement (21/04/2018).

[1]Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Berlin, Econ., S. 21.

[2] Vgl. Idem, S. 12.

[3] Vgl. Rolf Hochhuth : Die Hebamme, Komödie, Reinbek bei Hamburg, Rowohlt Verlag GmbH, 1973, P.12.

[4] Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Berlin, Econ.,Op. Cit., S. 19.

[5] Idem.

[6] Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Berlin, Econ.,Op. Cit., S. 19-20.

[7] Zitiert nach Stefan Selke, in, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op., Cit., 27.

[8] Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit, S. 29.

[9] Vgl. Idem, S. 20.

[10] Zitiert nach Jürgen Roth, 2013, Spinnennetz der Macht, Wie die politische und wirtschaftliche Elite unser Land zerstört, Berlin, Econ, S. 10.

[11] Jürgen Roth, 2013, Spinnennetz der Macht, Wie die politische und wirtschaftliche Elite unser Land zerstört, Op. Cit., S. 9.

[12] Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit, S. 21.

[13] Zitiert nach Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit, S. 22.

[14] Zitiert nach Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit, S. 22.

[15] Zitiert nach Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 24-25.

[16] Zitiert nach Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 25.

[17] Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 25.

[18] Pressemitteilung Statistisches Bundesamt, in, Welt, „Armut trifft in Westdeutschland immer mehr Menschen“, in,https://www.welt.de/newsticker/dpa_nt/infoline_nt/brennpunkte_nt/ article158311803/Armut-trifft-in-Westdeutschland-immer-mehr-Menschen.htmln, (21/04/2018).

[19] Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 25.

[20] Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 9.

[21] Vgl. Idem.

[22] Daniel Vernet: « Comment Gerhardt Schröder a rassuré la compétitivité allemande », in : slate, in : http://www.slate.fr/story/49535/Allemagne-comment-gerhard-schroeder-redressement (21/04/2018).

[23] Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 31.

[24] Daniel Vernet: « Comment Gerhardt Schröder a rassuré la compétitivité allemande », in : slate, in : http://www.slate.fr/story/49535/Allemagne-comment-gerhard-schroeder-redressement (21/04/2018).

[25] Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 215.

[26] Zitiert nach  Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 215.

[27] Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 197.

[28] Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 55.

[29] Zitiert nach Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 61-62.

[30] Zitiert nach Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 62.

[31] Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 172.

[32]Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 164-165.

[33]Vgl. Stefan Selke, 2013, Schamland, die Armut mitten unter uns, Op. Cit., S. 166.

Article n°13- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

HABITUDES ALIMENTAIRES AU PETIT DEJEUNER DES ECOLIERS ET ELEVES DANS LA MUNICIPALITE DE PARAKOU

 

Julien Chambi ATCHADE

julienatchade@yahoo.fr

Alabi AWE,  

Jules SOSSA,

                                                                                                      Université de Parakou

 

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Abstract

This study aims at determining the factors guiding food choice for breakfast purposes among the Parakou pupils and students. The methodology adopted to guide this research work has considered a desk review consolidated by a field survey using a mixed research paradigm. The findings have showed that the dietary habits displayed during breakfast by the pupils and students are determined by the amount of their pocket money and the influence of their social environment.

Key words: Food habit, breakfast, Parakou

 

Résumé

La présente étude s’est donnée pour objectif de déterminer les facteurs du choix alimentaire au petit déjeuner des écoliers et élèves de Parakou. Du point de vue méthodologique, nous avons procédé à une revue documentaire et une enquête de terrain selon une approche mixte. Les résultats ont montré que les habitudes alimentaires au petit déjeuner des écoliers et élèves sont déterminées par le montant dont ils disposent et l’influence de l’environnement social.

Mots clés: Habitude alimentaire; petit déjeuner;  Parakou

 

 

Introduction

Le point de départ de la présente recherche est la déclaration d’un enseignant  qui se plaignait de ce que beaucoup de ses élèves ne suivent pas correctement les cours comme il se doit à certains moments de la journée. A l’éducateur d’ajouter que cela serait dû au repas lourd que beaucoup d’entre eux prennent le matin avant de se rendre en classe. Cette déclaration n’a pas été sans nous rappeler la question cruciale qui prévaut aujourd’hui, dans un contexte où l’alimentation est devenue un sujet d’inquiétude, « que manger, quand manger, comment manger?». De nos jours, l’enjeu est en effet le choix des aliments (Fischler, 2001), dans un environnement normatif où les discours alimentaires foisonnent et entrent en contradiction (Godin, 2010). A partir de ces préoccupations, la question de recherche suivante a été posée : quels sont les déterminants du choix alimentaire au petit déjeuner des écoliers et élèves de la Municipalité de Parakou ?

La quête de réponse à cette question a conduit à faire de la recherche documentaire et aussi à faire des enquêtes de terrain. De l’analyses des données collectées sur le terrain, il ressort que plusieurs facteurs influencent le choix alimentaire des écoliers et élèves de Parakou.Notre étude vise de façon globale à analyser les habitudes alimentaires au petit déjeuner des écoliers et élèves et de façon spécifiques à établir la diversité des aliments consommés au petit déjeuner par les écoliers et élèves et enfin à comprendre les causes de la diversité des habitudes alimentaires des écoliers et élèves. Le présent article s’articule autour de dix (10) points.

 

  1. Cadre de l’étude

Capitale régionale du Nord-Bénin, la Municipalité de Parakou (chef-lieu de la commune de Parakou) est au centre de la République du Bénin à 407 km de Cotonou. Elle constitue un important carrefour des axes routiers. La commune de Parakou se trouve à 9°21’ de latitude Nord, à 2°36’ de longitude Est à une altitude moyenne de 350 m et présente un relief assez modeste. Parakou est une commune à statut particulier constituée de trois arrondissements et 41 quartiers de ville. La commune est administrée par un conseil municipal de 25 membres ayant à sa tête, un Maire. Parakou est le chef-lieu du département du Borgou et, en cette qualité, abrite des directions départementales et beaucoup d’agences régionales. Selon le RGPH4 de 2013, la population de la commune de Parakou est estimée à 255 478 habitants dont 127 328 personnes de sexe masculin et 128 150 personnes de sexe féminin. Le nombre total des ménages est estimé à  16 142 dont 5 189 ménages ruraux, soit 32,14%. La taille moyenne des ménages est de 6,4 personnes alors que la taille des ménages ruraux est de 8,6 personnes.

 

  1. Méthodologie

La sociologie de l’alimentation présente quelques méthodes de collecte spécifiques pour les pratiques alimentaires (Poulain, 2012 : 526-528) ; il s’agit notamment de :

  • L’observation participante. Elle a consisté en effet à observer directement et attentivement les pratiques et les comportements des élèves et écoliers face aux vendeuses de nourriture. L’observation donne lieu parfois à des questions de précisions telles que si c’est toujours le même repas qu’ils achètent ou s’il leur arrive de changer. Si oui, quelles sont les raisons du changement, etc.
  • L’intégration au sein d’un groupe. De façon spécifique, on parlera plutôt de l’observation « armée » ; observation au sein d’un groupe ; armé d’une grille de lecture permettant de saisir les faits lorsqu’ils se produisent.
  • Le questionnaire ; permet de collecter de grandes quantités de données (représentations, opinions, comportements…..) et d’activer de multiples variables.
  • L’entretien en face-à-face ; semi ou non directif, individuel ou en groupe (focus group).

Au total, cent (100) écoliers et élèves ont été soumis au questionnaire et 30 vendeuses interviewées grâce au guide d’entretien.

La sociologie de l’alimentation présente quelques méthodes de collecte spécifiques pour les pratiques alimentaires (Poulain, 2012 : 526-528) ; il s’agit notamment de :

  • L’observation participante. Elle a consisté en effet à observer directement et attentivement les pratiques et les comportements des élèves et écoliers face aux vendeuses de nourriture. L’observation donne lieu parfois à des questions de précisions telles que si c’est toujours le même repas qu’ils achètent ou s’il leur arrive de changer. Si oui, quelles sont les raisons du changement, etc.
  • L’intégration au sein d’un groupe. De façon spécifique, on parlera plutôt de l’observation « armée » ; observation au sein d’un groupe ; armé d’une grille de lecture permettant de saisir les faits lorsqu’ils se produisent.
  • Le questionnaire ; permet de collecter de grandes quantités de données (représentations, opinions, comportements…..) et d’activer de multiples variables.
  • L’entretien en face-à-face ; semi ou non directif, individuel ou en groupe (focus group).

Au total, cent (100) écoliers et élèves ont été soumis au questionnaire et 30 vendeuses interviewées grâce au guide d’entretien.

 

  1. Déterminants du choix du petit déjeuner

« Les choix alimentaires sont le produit d’une décision répondant à un certain nombre d’influences de l’environnement ». L’objectif du présent article est de déterminer les facteurs qui déterminent le choix alimentaire au petit déjeuner des écoliers et élèves de Parakou. Il convient de distinguer les écoliers et élèves qui prennent le petit déjeuner dans une cantine et ceux qui le prennent en dehors de la cantine. Notre travail n’a pris en compte que ceux de la seconde catégorie qui prennent leur à l’endroit où bon leur semble en raison de leurs propres critères. Au nombre de ces critères, nous pouvons énumérer :

 

  • Le montant alloué par les parents

Les premières personnes à être interpellées ici sont les parents. Il existe une variété de repas à la disposition des clients mais ces repas en fonction de leur qualité ne se vendent pas aux mêmes prix.  Le choix porté sur ces repas sera déterminé par le montant dont disposent les écoliers et élèves. Pour le cas de Parakou, l’argent du petit déjeuner donné aux écoliers et élèves en fonction du niveau de vie des parents varie de 25 F à 250 F CFA. Voir infra. Un enfant à qui l’on donne 25 F par exemple aura bien voulu s’acheter du pain + de l’avocat  au petit déjeuner mais il ne le pourra pas parce que ce repas est largement au dessus de sa bourse. Il devra se résoudre à aller vers des repas de moindre « prestige ».

 

  • Les habitudes alimentaires

Les habitudes alimentaires sont souvent à rechercher depuis l’enfance des écoliers et élèves parce qu’il n’est pas rare d’entendre comme réponse  « c’est un mets que je mange depuis que je suis tout petit » à la question  qu’est vous attire vers un tel repas. On laisse deviner derrière cette réponse que rien de particulier n’attire vers ce type de repas si ce n’est l’habitude qui apparait alors ici comme un déterminant dans le choix du petit déjeuner des écoliers et élèves de la Municipalité de Parakou.

 

  • L’environnement social

Parakou est une ville cosmopolite où on rencontre beaucoup de communautés venues d’horizons divers. Les descendants de ces communautés sont influencés par les habitudes alimentaires locales qu’ils partagent entièrement. Lisons à ce sujet le verbatim suivant : « je ne mangeais pas du watché (mélange de riz et du niébé) avant de venir à Parakou, mais aujourd’hui, je ne peux m’en passer puisque c’est cela que la plupart de mes amis mangent, moi-même je les suis et je suis devenu un champion du watché ».

 

  • La disponibilité

Le riz est généralement prisé par les écoliers et les jeunes. Il est disponible à tous les coins de rue. Il coûte par ailleurs moins cher. Ce qui fait qu’une bonne proportion des enquêtés en consomme tous les matins en se rendant à l’école.

 

  1. Caractéristiques sociodémographiques des écoliers et élèves

Dans la zone d’étude, les principaux groupes socio-culturels rencontrés sont les Dendi (32%), les Bariba (26%), Nagot (19%), les Fon et ses apparentés (12%), les Peulh (5%), les Bètammaribè (3%), et 3% parlent autres langues (Idatcha, Lokpa et Biali). La forte proportion des Dendi et Bariba s’explique par le fait que Parakou est une aire socio-culturelle Dendi et Bariba.

Nos résultats nous révèlent que 15% des enquêtés ont un âge compris entre 8 et 12 ans, 62% ont entre 13 et 17 ans et 13% ont plus de 17 ans. Les 62% des interviewés représentent les tranches d’âge des adolescents.

Les filles (55%) s’adonnent plus au petit déjeuner que les garçons (45%). Ceci s’expliquerait par le fait que l’activité métabolique de la femme dépasse celle de l’homme. Les femmes s’alimentent plus en périodes de menstruation pour compenser les nutriments éliminés pendant cette période. De plus 85% des enquêtés ont un niveau d’étude secondaire tandis que 15% ont un niveau primaire. Ceci s’explique par le fait que les adolescents sont les plus observés au secondaire.

De plus le tableau ci-dessous nous montre que le watché est plus consommé par les Dendi tandis que la bouillie accompagnée au pâté, le pain, le toubani et le riz sont respectivement plus consommés au petit déjeuner par les Bariba et Nagot, fon et ses apparentés, Dendi, les Fon et ses apparentés.

Ces résultats montrent que les habitudes de consommation des aliments au petit déjeuner varient d’un groupe socioculturel à un autre. En effet, des résultats similaires ont été rapportés par Sossa-Vihotogbé et al. (2012) qui ont montré une forte consommation C. sésamoïdes, un légume-feuille traditionnel par les Tchabé, les Mahi, et les Kotokoli.

Les pourcentages ci-dessous, comme le montre le graphe ci-après, reflètent les habitudes alimentaires de base des différents groupes sociolinguistiques de la population enquêtée.

Figure 1: repartition des aliments consommes au petit dejeuner par groupe socioculturel

Source : enquête de terrain, septembre 2017

  1. Responsabilités des parents vis-à-vis des enquêtés

La majorité (39%) écoliers et élèves vivent avec leurs parents (père et mère) et sont également pris en charge par ces derniers tandis que 20% des enquêtés sont sous le toit de leurs mères et pris en charge par ces dernières. Par ailleurs, une particularité s’observe où six (6%) des enquêtés vivent sous le toit du père et pris en charge par le père. D’autres (14%) sont sous le toit de leur oncle ou tante mais ce sont les parents biologiques  qui en ont la prise en charge enfin d’autres (21%) ont précisé qu’ils sont chez leurs « grands-mères » qui assurent la prise en charge des petits fils. Des résultats similaires ont été rapportés par Mitchikpè (1998) qui a montré que les personnesprenant en charge ou contribuant aux dépenses alimentaires sont, selon le cas, le chef de ménage seul, la ménagère seule, le chef de ménage et son épouse ou encore d’autres personnes (enfants ou parents alliés).

Le fort taux de 20% des enquêtés qui vivent chez leurs mères et pris en charge par ces dernières s’explique par le fait que les mères assurent mieux l’éducation des enfants que les pères et les autres groupes (Tante, oncle et autres)

 

  1. Les aliments de base au petit déjeuner

Le « watché » est plus consommé par les écoliers et élèves parmi les aliments de petit déjeuner. Ensuite viennent respectivement la bouillie, pâté, pain, toubani et le riz. Il convient de dire que le « watché » est le plus mangé les matins par cette population (écoliers et élèves). La forte consommation de watché par la population s’explique par les connaissances endogènes qu’elles ont vis-à-vis du plat. Ceci rejoint les résultats de Vodouhéet al. (2012b) où ils montraient que le plat de grande morelle est plus consommé par rapport aux plats de basilic africain et amarante au Sud-Bénin.

L’analyse du tableau 2 montre également que le céréale est l’aliment de base des plats de petit déjeuner. Le riz est un produit de base le plus consommé au petit déjeuner, viennent respectivement le maïs, le sorgho puis les tubercules (ignames). Ceci s’explique par le fait que divers plats sont issus de la transformation des céréales, légumineuse, tubercules et racines. Mitchikpè et al (1998) stipulent que le maïs est le produit le plus consommé au petit déjeuner au Bénin puis l’igname occupe la deuxième place à Parakou, le riz au Sud-Bénin (Abomey-Bohicon et à Lokossa). La principale forme de consommation de maïs est la bouillie simple (bouillie de farine fermentée) ou aklui(bouillie de farine fermentée granulée). En ville, la consommation du riz est accompagnée généralement d’une sauce dont la composition varie : sauce rouge à base de tomate, blanche constituée d’oignons généralement, riz au gras, yassa, thiéboudieuneetc (Alou, 2012). Selon Alou (2012), le petit déjeuner a conservé sa structure d’après la colonisation : produits laitiers, boisson chaude, produits céréaliers (pain, viennoiserie ou reste du repas du soir)

 

Tableau 2: Recapitulatif Des Principaux Repas Journaliers

Aliment de base

 

Principaux repas

du petit déjeuner

Non réponse maïs Sorgho Manioc Igname Riz Total
2 2 0 0 0 0 4
Bouillie 0 26 0 0 2 8 36
Watché 0 12 0 0 4 50 66
Toubani 0 4 0 0 0 4 8
Yovo-doko 0 6 0 0 0 0 6
Pâté 4 14 2 0 0 6 26
Pain 6 0 0 0 0 4 10
Come 0 0 0 0 0 2 2
Pâte 0 4 0 0 0 2 6
Riz 0 2 0 0 0 6 8
Thé/café/pain 0 0 0 0 0 2 2
Spaghetti 0 2 0 0 0 0 2
Akassa 0 0 0 0 0 2 2
Total 12 72 2 0 6 6 178

Source : enquête de terrain, septembre 2017

 

Le mets « Watché » est fait à base de différentes variétés de riz et niébé vendu par les bonnes dames au marché arzèkè ou auprès des boutiquiers qui se trouvent au bord des rues

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 1: Niébés et Riz                                    Photo 2: Niébés

 

                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 3: watché

 

  1. Variation des aliments de base

Les 51% des élèves et écoliers de la municipalité de Parakou varient leurs aliments une fois par jour et les 39% deux fois tandis que 4% et 6% des interviewés varient respectivement leurs aliments de base deux fois et quatre fois par jour. Cette forte proportion de 39% et de 51% s’explique par l’accessibilité, la disponibilité et la capacité du repas à calmer la faim pendant un long moment et le goût.

 

  1. Le pouvoir d’achat des écoliers et élèves

Les parents donnent des quibus aux écoliers et élèves pour le petit déjeuner. A cet effet, les 30% des élèves/écoliers prennent 150 fcfa comme petit déjeuner, les 17% prennent 100 fcfa, 200 fcfa pour 27%, d’autres prennent plus que 250 fcfa et les 13% ne prennent rien comme petit déjeuner. Les 2% et 5% prennent respectivement 75 fcfa et 50 fcfa comme quibus de petit de déjeuner. Il ressort de ces résultats que les enfants vont à l’école avec une somme d’argent considérable pour le petit déjeuner. Ils sont ainsi contraints au choix des aliments à base de riz et niébé, maïs et de blé. Ceci s’explique par la capacité financière des parents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 2: répartition des enquetes par montant du petit déjeuner

Source : enquête de terrain, septembre 2017

 

 

 

  1. Raison de consommation des aliments de préférences

La pâte (40%) est le repas habituellement le plus consommé en famille par les écoliers et élèves puis viennent respectivement watché (22%) et le riz (18%). Cela prouve donc l’amour qu’on a envers nos cultures. Le plus souvent cette pâte est faite à base de céréales ou à base des tubercules et racines (cossette d’igname ou de manioc). En ce qui concerne la composition des repas, les compilations proposées tournent autour d’un plat principal à base de céréales ou de légumineuses ou tubercule (Bichiri, 2008).

La consommation de certains aliments chez presque tous les groupes socioculturels enquêtés est introduite dans leurs habitudes alimentaires depuis le bas âge. Ce qui correspond à un fait de l’héritage (Batawilaet al., 2007). Les connaissances endogènes sont conservées et transmises de génération en génération sur tous les plans et même celui alimentaire (Codjiaet al., 2009).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 3: Répartition des enquêtés selon le repas habituel pris

Source : enquête de terrain, septembre 2017

 

Les interviewés, 35% et 29%  aiment respectivement l’igname-pilée et le watché plus que les autres aliments du fait de leur goût, disponibilité, l’accessibilité financière et la qualité nutritionnelle. Les interviewés ont évoqué comme raison de consommation d’igname pilée, le goût (15%) et la disponibilité (14%) tandis que 6% et 4% consomment respectivement le watché à raison de leurs capacités financière et à la qualité nutritionnelle de l’aliment. 65% et 71% des interviewés ont évoquérespectivement la sieste et la constipation comme raison de non consommation de l’igname pilée. La forte proportion de préférence d’igname pilée s’explique par le fait que l’igname est généralement disponible dans le Nord-Bénin comparativement au riz exporté. Mitchikpe et al (1998) ont montré qu’à Parakou, la consommation de l’igname dont la forme la plus répandue est l’igname pilée, domine largement celle des zones centre et sud du Bénin. Les enfants mangent tous les groupes alimentaires à des fréquences très variables selon l’appétit, la vie sociale et la disponibilité des aliments (Bichiri, 2008). Des résultats similaires ont été rapportés par Batawilaet al. (2007) au Togo et au Bénin (Dansi et al., 2008; Sossa-Vihotogbé et al., 2012; Chadaré et al., 2008) par rapport aux raisons de consommation et de non consommation des aliments.

L’igname pilée que la population cible aime est faite à base de l’igname. Après être préparée, elle est pilée par ceux qui veulent la consommer ou les bonnes dames afin de la vendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           Photo 4: Igname                  Photo 5: Igname pilée       Photo 6: Plat d’igname pilée

 

  1. Les principaux repas journaliers, leurs importances et le lieu de prise du petit déjeuner

Le déjeuner (85%) est le plus important parmi les principaux repas puis ensuite le petit déjeuner (83%) et enfin le dîner (75%). Donc le goûter (35%) n’est pas une nécessité pour les élèves et écoliers. Bechiri (2009) montre à travers une étude sur l’alimentation des enfants de 6 à 12 ans en Algérie que le petit déjeuner occupe une place importante parmi les principaux repas de la journée et le déjeuner est le moins sauté pendant la journée chez 1.78 p. cent des enfants.

Par ailleurs, la majorité (65%) prend les trois principaux repas quotidiennement recommandés au cours de la journée, il s’agit des trois (03) repas traditionnels, petit déjeuner, déjeuner et le diner. 17% des enquêtés ne prennent pas le petit déjeuner. Cela serait dû au manque de moyen financier, d’appétit et au problème de santé nutritionnelle (obésité). Quelques études (WOLF et coll., 1994, ORTEGA et coll., 1996) ont souligné que la suppression du petit déjeuner est plus fréquente chez les individus obèses que ceux qui ont un poids normal et que 10.42 p. cent sautent parfois ce repas. Bio nigan et al (2008) ont montré que le petit déjeuner n’a pas contribué à augmenter de façon significative la distance parcourue pendant 10 min, mais il n’a pas non plus infléchi la performance à cette épreuve sportive chez les écoliers de la ville de Porto Novo.

Nos résultats révèlent que 31% prennent leur petit déjeuner en famille tandis que 52%, hors de famille (au réfectoire scolaire et dans les rues). Les interviewés s’intéressent plus aux plats de rue au petit déjeuner qu’aux plats familiaux. Cela s’explique par le fait que les parents laissent leurs enfants (écoliers et élèves) à leur propre charge en préférence matinale alimentaire en leur offrant un montant journalier. Les écoliers béninois qui reçoivent de l’argent le matin, s’alimentent presque tous à l’école auprès de restauratrices qui ont rempli les conditions de santé et d’hygiène requises par l’administration scolaire. Les autres consomment un petit déjeuner fait du reste du dîner de la veille ou de la bouillie de farine de maïs fermentée, avant de quitter la maison (Bio nigan et al, 2008).

 

Conclusion

Il ressort de la présente étude que les déterminants du choix du petit déjeuner des écoliers et élèves de la Municipalité de Parakou sont variés. Au nombre de ces déterminants, on peut citer le montant alloué par les parents aux enfants, l’environnement social, les habitudes alimentaires, la disponibilité des repas, etc. L’étude nous a permis aussi de faire une esquisse des habitudes alimentaires selon les différents groupes sociolinguistiques des apprenants sans oublier la détermination des repas de base de ces jeunes.Il ressort de notre étude aussi que  selon Thibaut de Saint Pol (2002) l’acte alimentaire se déroule selon des protocoles imposés par la société. La définition de ce qu’est un repas, les plats qui le composent, la forme de la journée alimentaire (nombre de prises, horaires…), les modalités (lieu, contexte des prises alimentaires…), mais aussi les manières de manger varient énormément d’une culture à l’autre, et entre groupes sociaux au sein d’une même culture (Fischler, 1990 ; Poulain, 2002a).

Les différences de pratiques alimentaires entre milieux sociaux  sont aussi tributaires des différences de revenus ;  elles traduisent également d’autres dimensions de nature  sociale tels quel’âge, le niveau d’éducation, les habitudes familiales, ou encore l’influence de l’entourage (Nestle et coll., 1998).Les pratiques alimentaires offrent une incroyable occasion de décrypter une société.

 

Références Bibliographiques

Batawila K., S. Akpavi, K. Wala, M. Kanda, R. Vodouhe, et K. Akpagana. 2007. diversite et gestion des legumes de cueillette au Togo diversity and management of gathered vegetables in togo. African journal of food agriculture nutrition and development. 7(3):1-16

Bio N., Gouthon p., Falola J.-M., Quenum M.A., Lawani M.M., Petit déjeuner et performance à la course de 10 minutes chez des écoliers de la ville de Porto-Novo au Bénin. Rev. CAMES – Série A, Vol. 06,2008

Dansi A., A. Adjatin, H. Adoukonou-Sagbadja, V. Faladé, H. Yedomonhan, D. Odou, B. Dossou. 2008a. Traditional leafy vegetables and their use in the Benin Republic.Genetic resource and crop evolution. 55: 1239-1256.

Fischler C. L’Homnivore. Odile Jacob, Paris, 1990a, 2011b.

Mitchikpe E., E. Atègbo, J. Fannou, M. Nago. 1998. Consommation alimentaire des ménages urbains au Bénin. CERNA, CIRAD. 1-48

Nestle M, Wing R, Birch L, Disogra L, Drewnowski A, et coll. Behavioral and social influences on food choice. NutrRev1998, 56 : S50-S64

Poulain JP. Sociologies de l’alimentation, les mangeurs et l’espace social alimentaire, , 2002, Presses universitaires de France, Paris.-

de Saint Pol T.  Le dîner des français : un synchronisme alimentaire qui se maintient. Économie et Statistique 2007a, 2008b, 2009c.

Sossa-Vihotogbé C.N.A., N.H. Akissoe, V. Anihouvi, B. Ahohuendo, A. Ahanchede, A. Sanni et J. Hounhouigan. 2012. Endogenous Knowledge of Four Leafy Vegetables Used by Rural Populations in Benin, Ecology of Food and Nutrition, 51(1) 22-39.

Vodouhé S., R. Tossou et M. Soumanou. 2012. Perception des consommateurs sur la qualité nutritionnelle et sanitaire de quelques légumes feuilles locaux produits dans la zone côtière du Sud Bénin. Productions Végétales & Animales et Economie & Sociologie Rurales. 1- 11.

Article n°12- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

SPUTTERING DEMOCRACY IN SELECTED ANGLOPHONE AFRICAN FICTION: A THEME ACROSS GENERATIONS

 

Théophile HOUNDJO

Université d’Abomey-Calavi

E-mail : thesympat@yahoo.fr

Yélian Constant AGUESSY

Université de Parakou

E-mail :aguessico@yahoo.fr

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Abstract

While fighting for the independences of their countries, African people used to think that their breaking of the colonial bondage would bring them lasting democracy. But very soon, democracy was trampled underfoot. Many fictitious works account for such a state of affairs. Among them are Abrahams’s A Wreath For Udomo, Armah’s The Beautyful Ones Are Not Yet Born, Djoleto’s Money Galore, and Ogundimu’s A Silly Season. Internal factors as well as external ones have ‘driven’ African countries into sputtering democracy. As internal factors we can mention, Corruption, embezzlement, favouritism, and dictatorship through the imposed situations on the peoples including the absence of the freedom of the press, the absence of freedom of association, torture, abductions and arbitrary imprisonments. As far as external factors are concerned, we have regular incursions of Western countries in the African politics and economy too. Africans must be creative and original in order to avoid copying blindly what is being applied in Western countries which reflect more their realities and not always African ones. This paper aims at examining the Africans’ failure to cope with the cliché of Western democracy for more than half a century. It also suggests means and ways to promote democracy and economic prosperity. Both the qualitative research method and the postcolonial theories have been adopted.

Keywords: sputtering democracy; corruption; failure; regular interruption; factor

 

Résumé

Pendant qu’ils luttaient pour les indépendances de leurs pays, les Africains pensaient que mettre fin à l’asservissement colonial leur conférerait une démocratie durable. Mais très tôt, elle a été foulée aux pieds. Beaucoup d’œuvres fictives traitent d’un tel état de choses. Parmielles on peut citer A Wreath for Udomo d’Abrahams, The Beautyful Ones Are Not Yet Born d’Armah, Money Galore de Djoleto et A Silly Season d’Ogundimu. Les facteurs endogènes et exogènes ont conduit les pays africains dans une démocratie balbutiante. Comme facteurs endogènes, on peut citer la corruption, le détournement, le favoritisme, la dictature par le truchement des situations imposées aux peuples parmi lesquelles l’absence de la liberté de presse, d’association, la torture, les enlèvements et les emprisonnements arbitraires. Quant à ce qui concerne les facteurs exogènes, il y des incursions régulières des pays occidentaux dans la politique africaine de même que l’économie. Les Africains doivent faire preuves de créativité et d’originalité afin d’éviter de copier aveuglément  ce qui s’applique dans les pays occidentaux et qui reflète plus leurs réalités et non pas toujours celles africaines. Cet article vise à examiner l’échec des Africains à s’accommoder des clichés de la démocratie européenne pendant une période de plus d’un demi-siècle. Il suggère aussi les voies et moyens pour promouvoir la démocratie et la prospérité économique. Les théories utilisées sont celle de la recherche qualitative et du post-colonialisme.

Mots-clés : démocratie balbutiante, corruption, échec, interruption régulière, facteur.

Introduction

Until the end of the first half of the nineteenth century, Africa was run by Africans with regulations and laws inspired and established by Africans. In this light, some parts of the continent such as Ashanti in Gold Coast now Ghana and Lagos in  I were managed by kings. Other parts of the continent like the Eastern Nigeria were run by other political or administrative organizations like the council of chiefs and elders as shown by the narrator in Things Fall Apart by Chinua Achebe (p. 7). Before the establishment of colonization in 1885, Africa’s only contact with the Western world was through slave trade which lasted four centuries, from the fifteenth to the nineteenth century. Colonization took place from the end of the nineteenth century to the second half of the twentieth century and lasted seven decades.  How did it come to an end?

In Africa, Colonisation came to an end because some Africans wanted it to be so. History books as well as fiction-based works deal with such a matter. This paper draws, as fiction-based study, most examples or illustrations from the following selected fiction works, A Wreath for Udomo (1956) by Peter Abrahams (1919), Money Galore (1975) by Amu Djoleto (1929), The Beautyful Ones Are Not Yet Born (1968) by Ayi Kwei Armah (1939) and A Silly Season (2008) by Adetunji Suleiman Ogundimu.

The frequency of military coups in the 1960s and 1970s gave birth to political instability and therefore became a main cause of underdevelopment. Indeed, some years before the independences of African countries, mainly in the last two decades, for most of them, African peoples were allowed to form associations such as trade unions and political parties. Thus, they started participating to democratic elections, the way it was done in the Western countries. Such a process, decolonization, is dealt with in so many books. Some novels deal with it too. One of them is A Wreath For Udomo by Peter Abrahams where he describes the fight for independence both in the West and Africa until independence was won. Once independence won, the same democratic process must continue. But very soon the first leaders started to move from the right way by doing what was good for them to win and keep power at any cost. The opposition parties or the parties which were not holding power, rightly, disagreed and Africa was ‘drowned’ into the sea of permanent instabilities.

The objective of this research paper is to identify and study the causes and consequences of democratic/political instability in order to suggest ways and means to change such a state of affairs/things positively.

Postcolonialism and sociocriticism are the two literary theories used to analyse this paper. Postcolonialiasm, as Pewissi stated, “deals with the effects of colonization on cultures and societies” (Pewissi, 2017, p.118).  Sociocriticism, on the other hand, takes into account elements such as history, society, and the culture when reading a literary text. Otherwise, it “aims to bring out the relations existing between the structures of literary (or cultural) work and the structures of the society in which this work is deeply rooted” (Cros, 2011, p. 33). As the three focus documents are fiction narratives in which numbers, calculations and quantities are not to be taken into account for the analysis, Therefore, we have adopted the qualitative analysis approach.

This paper is divided into three parts namely the introduction, the discussion of results and the conclusion

  1. Discussion of the Results
  • Panafrica, a newly independent democratic country in A Wreath For Udomo

Democracy has started well in Panafrica. This is shown through the organization and holding of free and fair election won by the Africa Freedom Party, Udomo’s party. Once his government established, Udomo tackles the most important and urgent problems his country is facing. He is aware that it is not an easy task as shown in his own reflection: “running a country can be more difficult than winning it. Ade and some of the others are impatient. They want a republic tomorrow. They think I am too slow. Don’t you, Ade?” (Abrahams, 1977: 201) What are the achievements of Udomo’s government?

  • Educating Panafricans, a political decision to promote democracy and enhance development

In Udomo’s country, few people have been educated. At the same time, the majority of those who have been to school need training or additional training in order to play their part in the strengthening of what has been gained and then to contribute to the development of the country. Freedom, which has been the motto or the momento of Udomo’s party, cannot be sustained without educated and graduate people. So, human resources are needed for the huge task of working for development and sustainable development. A group of Panafrican people are sent abroad. Most of them, mainly children and teenagers are sent to school in the country to acquire knowledge and then participate in the building of their country through the stability that educated people work for its advent and promotion.

  • Infrastructures in post-independent Panafrica

Apart from education, Udomo has also worked in other fields that are useful and even very useful for the promotion of democracy and the takeoff and then development of his country, Panafrica.

In terms of infrastructures, the newly elected government in Panafrica has built roads, which, as known, play an important role in transport and indirectly in the development of any country. Transport being the system of carrying goods and people from one place to another, everywhere in the world, people must necessarily leave a place for another no matter the means they use. Nobody has all that he or she needs at home. People need to go to market, office, school, farm, health centres, to name only a few. These movements are made possible because of roads, the most common or most used among other ways Udomo’s government has built. Development is a sine qua non condition for political stability.

It has also built health centres (dispensaries, maternity awards and hospitals) that give the people the opportunity to be nursed or cured. Hospitals, like roads, are important tools for the development of a country, a nation. Health, good health plays an important role in the Gross Domestic Product and the Gross National Product of a country. People who are not in good health cannot produce. One characteristic of developed countries is the existence of strong and well-equipped health centres. Even if they cannot be found all through (the country) Panafrica, some are built. All this has been possible because Udomo has encouraged his countrymen to work but also because of his controversial collaboration with the white people who provide his government with technical and financial assistance. The goal behind all this is development for stability and vice versa

There are more white people in Panafrica than before independence. They are in the civil service, in the government, in road works and in trade to name only these. They also build other infrastructures. In a kind of stock taking, Udomo rightly and proudly tells his former allies, but now rivals in his own group, namely Adebhoy and Selina, what they have gained from their cooperation with the white man:

When I first came back I recognized only one of the three: the white man. But the moment I defeated him I saw the others, and they were greater and more dangerous than the white man. Beside these two the white man was easy, almost an ally. Well, I turned him into an ally against poverty. He works for us now, builds for us so that those who come after us will have bread and homes. There are schools and hospitals in the land … women are making up. Why do you think I spent so much money sending them abroad? I’ll tell you. Because I need them as allies to fight our third enemy, the worst enemy we have: the past…  There are enough liberated young people now for me to defy all that is ugly and evil in our past. We can defeat it now. (Abrahams, Ibid: 301 -302)

Udomo clearly works not only for the present but also for the future generations. This is what is abundantly referred to as sustainable development nowadays. Africa needs leaders like him for its development even if, as a leader and then a ruler, he has made some mistakes. He has a dire need of European aids. He confesses that they cannot reach the development and modernity they have been longing and fighting for ever since without European ‘capital and technical skill.’” (Peter Abrahams, 1977: 206) Unfortunately, the worst enemy they have, the past, that is to say tribalism, has won over him. It has won over him because it has prevented him from going forward through the obstacles it has put on his way but also by having him killed eventually.

  • Udomo’s death as the beginning of democratic instability in Africa

The elements mentioned in the quotation which must be taken as achievements or a great progress are not seen as such by some people among whom are Selina and Adebhoy who consider Udomo as a traitor. Consequently, they have planned his death and put an end to his life and therefore to the democratic experience he embodies. A small extract of the description of Udomo’s death is as follows:

The man at the door grabbed as he reached the door handle. The man towered above him, knife – hand raised high above his head, body still responding to the urge of the drumbeats, then he brought the knife down and shoved Udomo violently from him. Udomo crashed to the floor Udomo die Udomo die Udomo die.

But Udomo still lived. The man at the door had used only his knife handle.
But the victim was ready now. The will to resist was ended. The tribal gods had asserted their superiority. Udomo lay on the floor, paralysed, eyes glazed, mouth open.

So he was dead. Hard to believe that, somehow. He’d always been so vitally alive. Hard to think that he’d often been here in the studio, he and Lois.” (Abrahams, 1977: 306–307)

Udomo is dead. His true killers are not those people who lift their knives on him. Paul Mabi says that “the real killers, even if they didn’t strike the blows, are our laughing friends Adebhoy and a terrible tribal woman called Selina who controlled the party when I was out there.”(Abrahams, Ibidem: 308

Udomo is killed without being given the opportunity “to carry the country to a point from where there can be no going back.” (Abrahams, Ibidem: 255) Udomo’s death corresponds to the end of the democratic experience in post-colonial democracy in Africa in the early years of democracy even if in concrete life, the novel was published a year before the independence of the first black African country apart from Liberia and Ethiopia. What are the causes of this failure?

The main causes of Udomo’s death which corresponds to the end of democracy in the early years of independence have been mentioned by Udomo himself. He tells Selina:

Listen, Selina, I’ll tell you what I’m after. Our country has three enemies, or rather, had three enemies. I’ve turned one of them into ally now. But let’s say there are three… The first is the white man. That surprises you, doesn’t it?

But don’t smile yet. There’s more to come about the white man. As I say our country has three enemies. First there is the white man. Then there is poverty, and then there is past. Those are the three enemies”… our third enemy, the worst enemy we have: the past! (Abrahams, Ibidem: 301 – 302)

The past here equates to tribalism embodied by Selina and Adebhoy. It is really the worst of the three enemies of the country. In actual fact, the Panafrica Udomo and the other members of the group have thought of while they have been in Europe is different from the one they have come to see. Tom Lanwood confesses that the Africa he has written about is different from the real Africa.

Udomo’s regime is one of the very first ones of the post-independence era. A scrutiny ofanother or other regime(s) of thepost-independence period described in fictitious works is useful for this study.

 

  1. African Politics from the 1960s to the 1980s: The Beautyful Ones Are Not Yet Born and Money Galore-based study

Most part of The Beautyful Ones Are Not Yet Born is devoted to a civilian regime in the first decade of independences in Africa. This regime lasts more than the one described in A Wreath For Udomo. The civilian regime described in Money Galore almost looks like the same as the one of Kwame Nkrumah described in The Beautyful Ones Are Not Yet Born. Each of the two regimes is democratically elected. For each of them the life of only one minister is highlighted. In The Beautyful Ones Are Not Yet Born, the only one minister the novel really deals with is Joseph Koomson. Likewise, in Money Galore, the author has decided to write about Kafu only.

 

  • The Civilian Rule in The Beautyful Ones Are Not Yet Born and Money Galore
  • The Civilian Rule: Specificity in Money Galore

After His party has won elections, Kafu is appointed Minister of Internal Welfare. His supporters precisely one of the market women who has funded his campaign expresses her disappointment because she would like him to be assigned “the Ministry of Trade”. (Djoleto, 1975: 56) Kafu and his Liberation Party have reached power after winning democratic elections. But unfortunately, they have led the country to failure or bankruptcy. As a consequence, the army has seized power. The circumstances under which the army has seized power are described as follows:

“We are not burglars sir. We have shed no blood. The minister was our friend and…” Amega pleaded but he was cut short. ‘Shut up! You may have shed no blood, but there has been bloodletting all right. Look at that knife, and the cut on the forehead. We are taking over power, but we hate bloodshed. You have been a nuisance. The people will not understand. They will think we killed him!”

“Sergeant, ring for an ambulance. Then go to the front door, ring the bell and bring the wife”

‘When Grace saw the dead bodies, she gave a piercing cry and collapsed in the arms of the officer.  (Djoleto, ibidem: 181-182)

How has the political and social failure reached this level?

Kafu being the only one Minister of his government the author has put emphasis on, we can assume that he bears both the same or almost the same qualities and the defaults of the other members of the government including the head. Certainly, Kafu alone is enough to embody the failureof the civilian politicians. The first cause of the failure of Kafu’s government is his own personality because he is a selfish, megalomaniac and corrupt person who does not care for other people.

  • More illustrations of democratic instability: Kafu and Koomson as Ministers of the Republic

In order to explore properly the work done by Kafu and Koomson as ministers it is worth having a glance at what they have been so far.

  • Kafu and Koomson’s lives

Usually, the origin or background influences his political career and/or professional life. When entering the government, Kafu is thirty-two. He is the son of a retired teacher. His father’s appellation is Rev. Sampson Abaka Kafu. His mother is Mrs Edusua Kafu. His parents are neither poor nor well-off people. Speaking of them he says: “My father lives in rented rooms after forty years’ service to this nasty country. His pension is ten Cedis a month. I have to give him forty each month. I can’t save” (Djoleto, Ibid: 37-38). He is from a modest family but just as a candidate he starts using his position to enrich himself to the detriment of the people. This is what can be said about his family background. They are a Christian family although Kafu himself is an unfaithful husband. He is married to a very beautiful woman called Grace and they have two children. (Djoleto, Ibid, p. 28) He cheats her with at least four women namely Madam Odofo Lamptey, Auntie Salamatu, Mercy Mensah, the lady Ofori Nortey refers to as  “that whore” (Djoleto, Ibid, p. 180) and Lydia, Rev. Opia Dan Sese’s mistress. In the long run, he will make pregnant the first two. He is fond of women. This is a forerunner of the ill-governance he has been responsible for. After Kafu, let’s say a word about Koomson, the fictitious minister in Kwame Nkrumah’s regime.

Koomson used to be a modest citizen precisely a former “railway man, then a docker at the harbor. Pulling ropes. Blistered hands, toughened, callused hands. A seaman’s voice.Big, rough man, a man of the docks well-liked by men of the docks. Doing well, the only way we do well here.” (Armah, 1988: 88). Always in the novel, he is referred to with several titles such as “His Excellency Joseph Koomson. Minister Plenipotentiary, member of the Presidential Commission, Hero of Socialist Labor.” (Armah, Ibidem: 56) He is also referred to as the party man. He has won these titles once he has become a minister. This is megalomania which is a cause of their failure. These are not the only things he has won as a member of the government. He has also become rich. Koomson owns several cars: “Three.The latest is a white Mercedes, 220 Super” (Armah, Ibid: 110). Oyo’s mother says “that Brother Joe had influence.” (Armah, Ibidem: 58) But the man has known Koomson for several years now. He informs his friend Teacher about that “this Koomson was my own classmate. My classmate.Teacher, my classmate.” (Armah, Ibidem: 57) Besides, he has schemed to buy a few boats “the smallest ones cost about twelve thousand pounds.” (Armah, Ibidem: 136) The plenipotentiary minister says that he can afford pretending that the Commercial Bank is theirs, and they can do anything.” (Armah, Idem) Koomson behaves almost the same way Chief Nanga does in A Man Of The People as pointed out by Célestin Gbaguidi in his doctoral dissertation: “… people of Chief Nanga’s calibre out of greed, amass illegal mountains of money for themselves whereas people at the grass roots languish in abject poverty. (Gbaguidi, p. 150) This is embezzlement and abuse of power. These are among the causes of the downfall of their regime and therefore an illustration of democratic instability. Where and how do Koomson, the former docker, and his family live?

When Oyo and the man enter a taxi to go to Koomson’s, the former proudly tells the driver. : “Go to the Upper Residential Area, driver” and then brings the precision that it is: “On the hills beyond the new Esikafo Aba Estate” (Armah, Ibid: 140). Not everybody can afford to live there.

The narrator specifies this: “After all, it was not everybody who had some place to go in the Upper Residential Area. White men, then the old lawyers, and now the bigger Party men and a few civil servants” (Armah, Ibid: 141) If you happen to pay visit to somebody in this area, it almost means that you are not a ‘small’ person. The narrator adds that “it was certainly not every fool who could, get up and say he wanted to go to that area. (Armah, Ibid: 141)

  • Political Leaders’ Laziness, Megalomania, Greed and Selfishness and Lack of Discipline as a Cause of their Failure

Kafu is a teacher at the secondary school level. He has taught at National Secondary School, Cape Coast in Ghana, and his native country. He owns a Master’s Degree (M.A). When he becomes a minister he boastfully and with contempt tells his Permanent Secretary, Mr Vuga who holds the same degree: “Mine is a second. You probably took yours in Scotland. Mine is London”, which is false. (Djoleto, Ibid: 63&75). His school was founded by the Church but after independence the government has taken it over from them. How has he done his job as a teacher before becoming a minister?

Kafu’s full identity is “Abraham Kofi Kafu, MA, Dip. Ed., 32, Senior History Master, National Secondary School, Cape Coast.” (Djoleto, Ibid: 20) He does not do his work properly. He sometimes misses lectures without any permission. Mr Benjy Baisi reproaches him with going to classes drunk and not marking exercises.(Djoleto, Ibid: 19). For his first meeting with Nee Otu Lartey about the funding of his campaign, he has not asked permission. The narrator says: “On Friday, Kafu missed the last two periods.” (Djoleto, Ibid: 28) He confesses this to his Principal Benjy Baisi at hospital: “I’m sorry, Mr Baisi, I couldn’t ask permission before I left the school. I thought I could make it over the week-end and return before Monday morning.” (Djoleto, Ibid: 42) There are two other instances of Kafu missing classes without any permission. A teacher must be a model. A bad teacher cannot be a good political leader. Kafu is an illustrative element of this.

In order to meet his old classmate Nee Otu, Kafu leaves the school without warning the authorities assuming or arguing that “the boys can look after themselves. He further argues: “I can’t be everywhere. I’m starting the campaign in Accra in a week or two.”(49) (Djoleto, Ibid, p. 22). The narrator gives another instance of Kafu’s lacking discipline in the conduct of his career: “So Kafu shuttled between Accra and Cape Coast. […]  He had not resigned yet but missed a lot of classes. Mr Benjy Baisi bore it all without complaint.”(Djoleto, Ibid: 53-54)

In addition to this, he is lazy and careless about academic regulations, he is a destabilizer too. As  a matter  of fact , the government writes to  the National Secondary School, Cape Coast, asking  the school authorities to  implement a project  of  farming  by students but Kafu sensitizes his  colleagues not  to cooperate. He confesses himself:

I’ve been telling the graduate staff not to help with the projects. The non-graduates are so servile they will probably do so. We shall soon get a letter  from  the  Department  neither   confirming  nor denying  that  we  should  do  farming  in  Cape Coast. We should be able to frustrate the whole business. (Djoleto, Ibid: 14)

It is clear, Kafu goes against regulations. Whether a person is good or bad, people who know him/her can also know about his/her attitudes. Anson Berko, the bread contractor of their school, says that Kafu is “lazy and reckless. That’s all. He can’t be a contractor, how much more a politician?” (Djoleto, Ibid: 27) Before that, the same Anson Berko has warned Kafu that he wouldn’t give him the chance “to ruin the country.” (Djoleto, Ibid: 27) The running of the country  by the  government  Kafu  is  a member  of has proved  that Anson Berko is right.

Kafu proves to be both selfish and boastful. Talking to his principal, he behaves as if his listener were a small boy or a needy or maybe a rival.  He tells him:

You know I’m going to stand in the elections and you hate the idea. You hate me, I know you hate me. You  don’t  like  the Liberation Party because you can’t match the  intellectual excellence of  the  top  crop of  its  members. But I can advise you Baisi. No matter what people say, only the educated can save  this  country.  (Djoleto, Ibid: 19)

Kafu talks as if Mr Baisi were not an educated person. He addresses him as if he were his rival. He talks to him as if there were evidence that his principal is jealous of him. It is   rather Kafu who is not an educated person. He confuses people and circumstances. Making confusion is one of the important causes of the government’s failure. A good teacher is humble, respectful. He or she listens to others.  In a word, they are a model or models to follow. He addresses his principal as Baisi instead of Mr.Baisi. While contempting him this way, he is just looking forward to being candidate. How much does Kafu ‘weigh’ in the field of morality?

 

  • Kafu’s morality: Some of his Misconducts during the Campaign

Kafu’s behaviour in society, as a teacher, is questionable. Not only as a teacher but also as a candidate to parliament he has misbehaved several times. This, unfortunately, will continue when he becomes a minister. When looking for money to fund his campaign, Kafu has had to meet some people. When it is time to meet Nee Otu Lartey, Kafu drives his Peugeot car but it is not insured. On his way, he has accident and this brings the police to notice that the car is not insured.  He has broken the law. What to do then? He confides in Nee Otu, begging him, like an orphan beggar who has just arrived at a foreign country would do, through his pitiful appearance, to help him avoid being fined but also being jailed. The latter agrees to help him in this way, which he really does. The following dialogue clarifies the situation:

I found your car was not insured for the year. Had you renewed your driving license?

‘No, Nee Out, Kafu said, still tearful and morose

‘Too bad,’ said quietly and thoughtfully. It means more money will have to be put in the slot. The whole process is time–consuming. Anyway, I’ve got Inspector Yebribia working on this accident. I think we can be pretty sure that the whole affair will soon be filed away in a closed docket. (Djoleto, Ibid: 34)

 

A candidate who willingly misbehaves will surely be a bad leader. By begging Nee Otu to help him put an end to this accident file in which he is wrong, Kafu is asking his friend to corrupt the police and this is done. Once a member of the government, he doesn’t respect his country’s institutions.

The second carelessness towards his country’s laws by Kafu is his approval of the fact that Nee Out wants to start his building before applying for its approval by the suitable authorities. Nee Otu tells him: “we will start the building before the plan is approved by the authorities! Leave them to me!” (Djoleto, Ibid: 45) A further moral weakness from Kafu during the campaign is greed.

As a candidate Kafu proves to be a greedy person and a profiteer. Directly or indirectly, he obliges Nee Otu Lartey to rent a big house for him in a VIP area, Labone, a comfortable house which has a big lounge with wall to wall Carpeting, three bathrooms, four air-conditioned bedrooms, a modern kitchen with a deep-freeze. The rent is four hundred cedis a month. Nee Otu tells him: “we’ve made a down payment of two thousand four hundred. That gives him “six months.’’’ (Djoleto, Ibid: 34) Kafu has not been able to afford such a house by himself not even a small one in the past. Nevertheless he goes far by demanding from other people a house for him. He tells Nee Otu: “My own house, yes. The country owes me one.” (Djoleto, Ibid: 37)

The third act of immorality from Kafu as a candidate is his lie-telling during the campaign and even after. This is demagogy. Many people would say it is politics but even in politics there are limits and norms beyond which you cannot be taken seriously. For instance, he tells Rev. Sese:  “The country needs intellectuals in parliament. Men like myself who know their books, to reconstruct the country.” (Djoleto, Ibid: 16) Everybody has noticed how Kafu has destroyed the country instead of building it as he has promised. Lie-telling to the populations is one of the causes of his failure and the end of their governance.

 

  • Kafu, the gambler, the irresponsible head of family, the suborner and the dictator

Kafu needs so much money because the money he earns goes where it shouldn’t. The practice which ‘consumes’ Kafu’s money and consequently renders him moneyless is gambling. During a conversation with Rev. Opia Dan Sese,  he  reveals  the  contents of an  anonymous  letter sent  to his  wife  denouncing  his gambling inclinations: “What disturbs me most, Osofo, is this: the letter says Kofi is gambling at the casino Hotel Continental and the Ambassador. He’s been borrowing money from people. The letter mentions one Mr. Mills Blankson, one Amega. I forget the others.” (Djoleto, Ibid: 127)

Another evidence of Kafu’s involvement in gambling is the advice his close friend Nee Otu gives him after giving him money. He says: “’I’ll give  you  two  hundred,’ he counted it  there  and  then  and gave  it  to  him, ‘but  please don’t gamble  it  away.’”(Djoleto, Ibid: 132) After thanking his benefactor, Kafu confesses slowly, quietly “Gambling is a business – so easy to get in so hard to get out – well, well! I’m not a gambler, Odofo. I’m not. Whoever says so is a liar! I swear!’’ (Djoleto, Ibidem)

There is evidence that Kafu is a gambler now. More than just a gambler, he is a gambling addict. Such a person cannot lead people, worse still he is a minister of a republic. He has done things which show that he is not a responsible head of family. In this condition, it must be difficult for him to be among the good decision makers of a whole country.

Kafu sleeps away from home forgetting his children and wife behind. Meanwhile he is either at his mistresses’ houses or in a hotel. The narrator says: “as it was a Saturday, Kafu was late in coming home; indeed he never came home until nine on Sunday morning. He told Danso to take the car home. That was all.” (Djoleto, Ibid: 126) Rev. Opia Dan Sese is disappointed and says: “I got worried when I heard in Cape Coast that Abraham was leading a reckless life.” (Djoleto, Ibid: 127) He has stayed away for three days and is even reluctant to go back home. The narrator displays such a state of things: “By the end of the third day, in the evening, Kafu was about to go home, which he was reluctant to do because he actually had a lot of his clothes in Odofo’s house and could stay on— he had recovered fairly satisfactorily from the impact of the news of Odofo’s pregnancy.”(Djoleto, Ibid: 140) Kafu has reached a higher step than just sleep away from home: he has got pregnant one of his mistresses. He will get pregnant madam Salamatu too.

There is another misconduct from him which is against his success both in family and the leading of public affairs. As a matter of fact, Kafu finds it difficult to provide his wife with money for the running of his own house in spite of his income and the huge amount of money he is usually given by smugglers and friends such as Madam Odofo, Madam Salamatu and Nee Otu Lartey. He confides to Rev. Opia Dan Sese: “I need money myself. I’ve told you, Osofo. Help from you is always welcome. Very welcome!” (Djoleto, Ibid: 143) This is what Kafu himself confesses. His wife Grace brings more precision about this situation:

But Osofo, I’m his wife and I believe that however poisonous this letter may be, not all it says is lies. Can you believe that Kofi finds it difficult in spite of all his big income to provide money for running the house? We are living now from hand to mouth, whatever he gives me, he has taken back. If it hadn’t been for the money I get from Vida, which she kindly increased when I told her a little of my story, I would have starved with my children!  (Djoleto, Ibid: 128)

Definitely, Kafu is unable to have self-control as far as his finance is concerned; he is unable to manage his family of four people. Therefore he can’t lead public affairs no matter the level.

Apart from these ‘vices’, Kafu has corrupted a leading member of the trade union of shit carriers. To prevent them from going on strike, Kafu gives money to one of their representatives. The narrator reveals it here: “After a day or two the strike threat fizzled out. The chief to whom Kafu had given the money banked it with a view to adding more savings to it and buying a low cost house in the future at Dansoman.” (Djoleto, Ibid: 148) The opposition press confirms this in one of their issues. He reacts to it with Salamatu:

We know for certain that the strike action failed not because the workers lacked the will or had second thoughts in view of the enormous hardship it would have caused, but because of the immoral stratagems of certain individuals who are not above bribing just causes out of existence and who, above all, do not scruple to dispose of their amorous rivals by laying lethal traps for them. Woe betide a people whose governance is full of immoral irresponsibility such as we have indicated above. We shall overcome!”

“Sala, don’t you think this is slanderous bombast?’ Kafu asked. (Djoleto, Ibid: 149)

Kafu gets angry and is determined to use all his ‘strength’ and power to ‘punish’ the editor of this newspaper. Proudly, Kafu receives bribes from smugglers and he himself gives bribe too. The country can’t be well managed this way. In addition to that, he has become a stubborn and blind dictator which is incompatible with democracy. He has imprisoned Anson Berko for feeling sake and Mensah Quartey on wrong basis. He threatens everybody and refuses to listen to anybody including his close friends. He declares:

I know that a newspaper can eventually cause the downfall of a government. We must act, now! The morning Herald must fold up. Let the editor be arrested and roughed up for seven days. And… let me see… Mr Mensah Quartey must be detained for a week or two and grilled thoroughly for writing anonymous letters to ministers’ wives.  (Djoleto, Ibid: 154-155)

This is not only dictatorship but also a prohibition of the freedom of the press and speech, which is an anti-democratic practice and the consequences, will follow.

  • Kafu’s morality as a minister: Kafu taking the law into his own hand

Kafu has won the elections. “Of the 21,868 votes cast there, Kafu garnered 18,562.” (Djoleto, Ibid: 54) The direct consequence is that “Kafu has been assigned the Ministry of Internal Welfare.” (Djoleto, Ibid: 56) How does he contribute to the running of public affairs at this level?

The first measures that Kafu has taken are for his own benefit. He uses his political position to settle account with people and promote his own. The very first thing he does is to dismiss his former Principal, Mr Benjy Baissi whom he forces into retirement whereas he still has five years left, and appoints a retired person, his friend Rev. Opia Dan Sese, to take over from him. He hates the former because he is fair in what he does. At the same time, he promotes, unfairly, a retired friend. (Djoleto, Ibid: 68-69) It is a bad omen, proving, in the very beginning that his government is working and will function on the basis of unfair and undemocratic principles. In the same framework, he has had Anson Berko and Mensah Quartey imprisoned. He hates the former because he has refused to fund his campaign and wrongly suspects the latter to have sent a letter to his wife Grace describing his unfaithfulness to her. This suspicion arises from the fact that he is the editorialist of the opposition party, NUP (National Union Party) (Djoleto, Ibid: 160) Before having Anson Berko jailed, he has put an end to his contract at National Secondary School. (Djoleto, Ibid: 69)

  • Kafu and Koomson’s Greed as Ministers

As a candidate, Kafu proves to be greedy. The same thing is easily noticeable when he becomes a minister too. A minister, in a serious country, must fight against smuggling because it is destructive for the economy. Kafu blames smugglers in public but when they give him money and usable goods he takes them and even praises them, sometimes. Mercy Mensah, one of the lady smugglers gives an Omega watch to him and he takes it. She first asks him whether he would like an Omega watch and his answer is “why not?” (Djoleto, Ibid: 116) When giving it to him, she says “take this one. Ask no questions. No thanks. It’s between us!” (Djoleto, Idem) As far as the money is concerned, Salamatu is their spokesperson this time. The narrator reports:

He then heard Salamatu say, ‘Amega, Mercy, I’ve told Kafu about our offer. It’s sixteen thousand cedis altogether. The three of us are providing twelve thousand as a gift. It’s understood that the remaining four thousand will be paid back to Omega within a year. Actually it’s money that’s meant for safe keeping because Amega, like any of us, doesn’t want to keep all his money with the banks. As soon as there’s a coup and there are commissions of this and that all your accounts lose privacy. There’s no point keeping four thousand idle when it can help Kofi. So, Kofi, use it but make sure you pay it back. Amega can be tricky when it comes to money! (Djoleto, Ibid: 117; our emphasis)

He also privately takes money from Salamatu, Odofo, two smugglers. The omniscient narrator penetrates Odofo’s thoughts and discovers that “what she liked most was that Kafu had so far never tried to use false pretences to take money from her as other men had done.” (Djoleto, Ibid: 90-91)

This quotation contains several levels of irony. First, it proves that Kafu is a person and a political personality who is unable to resist dirty money. Just after blaming and laughing at smugglers he accepts money and a valuable from them. Second, mere citizens too are aware that their minister lacks money and only a little is enough to buy his silence. This is corruption. Third, these smugglers are  telling  Kafu  that  their  political regime  cope  with ill-governance  in  a way that a military coup  can  take  place  at  any time. The fourth and last level of irony is his incapacity to pay back the part of this money, the four thousand to its owner, Amega Amenu. That is the last straw. As  a  matter of fact, it is when Amega  and Ofori Nortey are ill-treating  him at dawn that, in his will to save him from  them, Bukari,  his  watchman,  mortally wounds him. (Djoleto, Ibid: 181)

Koomson owns several and beautiful cars, millions of pounds because the country’s commercial banks belong to them. He owns a house at the Residential Area and a well-furnished house to name only these.

  • Favouritism, Greed, Embezzlement and Corruption as a Cause of Political Instability

Favouritism, greed, embezzlement and corruption are beneficial for a minority to the detriment of the large majority. As such, it yields dissatisfaction which usually leads to political riots. Koomson’s room is well furnished showing opulence. The narrator describes it in the following terms:

“… all the man could see was a row of glass-covered  shelves and with a multitude of polished dishes and glasses, the sitting room was cut off by a long, high frame, beautifully polished, also with shelves all covered with small, intricate objects that must have come from foreign lands, though of what use they were the man could not decide. To his own left there was one of the new television sets, and then farther on the corner was filled by two large contraptions whose outsides were of highly polished wood. One of them the man recognized as a radio set, though it was amazingly large. The other he found impossible to place. Then there were five deep, soft choirs, all with red cushions, and a carpet on the noiseless floor. There were also the two sofas, on one of which his wife was sitting. (Armah, 1988:146)

The description of the room made above shows that Koomson is a greedy person who lives in opulence. Greed and opulence are among the causes of the overthrowing of the government he is a member of.

How does Koomson succeed in getting these things and also taking care of his people? The pieces of furniture in Koomson’s room are not bought by him but are embezzled from the State Furniture Corporation. During a conversation with Oyo, Estella reveals this state of things:

Is that the dining room?’ Oyo asked, pointing”

‘Yes,’ said Estella ‘they have come for the furniture’

‘They?’

‘The State Furniture Corporation. They renew it for us. Joe is like this with the manager”

‘I see.’ These were questions in Oyo’s eyes, questions that probably would have sprung from envy and admiration, but she did not ask them.  (Armah, Ibid: 148)

Like the commercial bank, the State Furniture Corporation also belongs to Koomson and the other party people. They just come to replace furniture for a Minister who is supposed to be a model by buying them. By so doing, they promote the corporation. The use of the present tense “they renew” implies that it is neither the first nor the last time the renewal is going to take place. This is another form of embezzlement which will lead the whole country to failure, the government in particular. The fact that the State Furniture Corporation replaces Koomson’s furniture for him is not the only one form of favouritism he is involved in or enjoyed. He has arranged scholarship in dressmaking specialization in London for Regina, his sister in law, Estella’s sister. The extract of the conversation between Oyo, the man and Estella is illustrative of this:

I was a tight friend of your sister Regina, when we were in school’, Oyo said.

‘She is in London now’

‘What is she doing?’

‘She has a scholarship. Joe arranged it for her’

‘Is she in a University then?’ Asked the man

‘No Estella said’ She’s specializing in dressmaking. She says she’s going to name her establishment after me when she comes.Estie Models, London Trained. (Armah, Ibidem: 148-149)

Estella says that the scholarship Regina has been awarded has been arranged. Moreover, knowing His Excellency, Mr. Koomson’s political position as a “Minister Plenipotentiary, Member of the Presidential Commission”, one   can guess  that  Regina has  not  deserved this  scholarship. A poor nominee’s name has been cancelled and replaced by Regina’s.  Koomson himself has said that “everything is possible … It depends on the person.” (Armah, Ibid: 149)  The person it may depend on maybe either the benefactor or the beneficiary. This practice is very current in sub-Saharan Africa. As a matter of fact, a large number of students or civil servants have been victims of such bad practices which have been carried out by dishonest senior executives. By turning the country’s commercial bank into theirs or having the State Furniture Corporation renew them their furniture, Ministers and officials do not behave well. What is happening is corruption. But there are bribery and genuine corruption. Here, everybody, almost everybody, is concerned. These practices bring frustration and frustrated people are often uncontrollable.

At the man’s house, Estella reveals how deeply politicians are corrupt. She says: “’Don’t mind them!’ Estella’s voice had climbed to its usual pitch. ‘Do you know, they themselves, the ones who shout, own things, lots of things!’’’ (Armah, Ibid: 137) Corruption is a well-established system in Nkrumanist Ghana. It is like a school people go to and learn rules and codes. This school has advocates as well as opponents (detractors), fortunately. Even among those who are for the school there are some who are skilful or talented and others awkward. Corruption or bribery is even described in image. Oyo teaches her husband that corruption is represented by the road. Drivers are those who accept bribe. There are two types of drivers. Those who drive fast are people who are involved in bribe taking or embezzlement of huge amount of money. The drivers who drive slowly are those who are dealing in bribery of small amount of money. The people who refuse to drive are the people such as the man and Teacher who refuse and hate bribery and corruption of all sorts. In a traffic, accidents may happen no matter the driver and the way they drive, fast or slowly. The accidents are those who get caught.’” (Armah, Ibid: 58-59)

Of course, Koomson is among those who drive fast and never have accidents. When a person accepts bribe, people says “he has learned his lesson”. This is what Amankwa says of the Supervisor of Space Allocation when the latter takes bribe from him in order to help him, as quickly as possible, to remove his timber from the bush.(Armah, Ibid: 108) The narrator even specifies that Koomson “has learned to drive.”(Armah, Ibid: 96) High political officials are corrupt, so are people in charge of security. As a matter of fact, there are instances where policemen are either demanding or accepting bribe in Armah’s first novel. The narrator describes a scene of bribe taking by the police after they have asked for it:

Once when the man was traveling to Cape Coast three different policemen had stopped the little bus and asked the driver for his quarter license. The driver had not bought it yet, and each of the policemen had said to him, in front of everybody, ‘Even Kola gives pleasure in the chewing’. In each case the driver had smiled and given the law twenty five pesewas, and the law satisfied. There was only one way.  (Armah, Ibid: 95)

In a word, corruption is nearly tolerated. It is so tolerated that corrupt people are promoted. It is the case of the Supervisor of Space Allocation who has been promoted after he has embezzled, as a bursar, students’ allowances. (Armah. Ibidem: 109-110) Théophile Houndjo, in his doctoral dissertation, tackles such a practice through the development of section entitled “The celebration of corruption and the promotion of corrupt people” ‘Théophile Houndjo, p. 186) Corruption is widespread and people see it as an ordinary thing or a common practice. In the man’s work place, it is written on the wall in the toilets room:

MONEY SWEET PASS ALL

WHO BORN FOOL

SOCIALISM CHOP MAKE I CHOP

CONTREY BROKE(28)

(Armah, Ibidem: 106)

  • Some consequences of mismanagement
  • Abject poverty

The ill-governance in Koomson’s country has given birth to social injustice and subsequently poverty. The gap in the standard of living between the havings mainly the politicians who have learned their lesson to drive and even to drive fast, and the having not, the grass root populations, is wide, very wide. The poor are too many and experience almost unbearable life. A few examples are Kwesi Anan, Kofi Billy, Sister Maanan and the old woman. The social situation of the Ghana under Nkrumah is such that some Ghanaians could lack just sugar, which is one of the elementary things that people who eat it must have or should not lack the money to buy some. It is the case of the old woman who comes to the man’s at night in order to borrow some, as narrated bellow:

Good evening’, she says. ‘Here I am again. Sugar. Would you be pleased to lend me a little sugar? Just for the children’

‘’The wife answers, ‘We have just finished our last packet ourselves. (Armah, Ibidem: 43)

Unfortunately she can’t have the sugar because Oyo herself has very little left as revealed by the narrator in a flash back on page 102. This simply means that the man himself is among the poor people in his country although he is a wage earner. Two or three illustrations of his being poor can be laid down as follows: At home, the man’s environment is not totally clean. It is a place which is not qualified for true human beings. The following extract describes his bathroom.

When the man has switched on the light with the bathroom and shut the door, he could not for a time take his eyes off the door where it was rotten at the bottom, and the smell of dead wood filled his nostrils and caressed the cavity of his mouth. He tried to breathe in only small, saving breaths of air, but when the cold water hit his back he sucked in a huge involuntary gulp, and there was no more point in his continuing his efforts to keep the rot out of himself.  (Armah, Ibidem: 101)

The bathroom is enough to illustrate the poverty the man and his family are experiencing. The second illustration of the state of poverty the man lives in is the fact that his son can walk barefooted. The man’s mother-in-law is laughing at him after her grandson has knocked his toe against a stone. She ironises: “My poor husband!’ said the old woman, over and over again. ‘You have no shoes to wear, so your poor little feet get torn to pieces. Ei, my husband, you have nobody, nobody to buy you shoes, so your little toes will all be destroyed.”(Armah, Ibidem: 123) Here, the mother –in-law is both pointing out the man’s incapacity to buy shoes for his only son and is also laughing at him.

The man is also unable to provide his children with a bed to sleep in. The narrator reveals such a state of things here: “Adoley and Ayivi were sleeping in the hall, entangled like some strange kind of Siamese twins in the same chair.”(Armah, Ibidem: 160) The description made above and most especially the allusion to “Siamese twins” proves that they don’t have a separate bed, even a decent one with enough room or space on it. This is an illustration of abject poverty.

Apart from the man’s example, Kwesi Anan’s poverty is also worth mentioning. He is so poor that he lives in “only a converted lavatory”. It is “in a room at the extreme end of a long, low house” in which “he had no place to take the visitor.” (Armah, Ibidem: 150)The situation in which poverty puts people mainly young people, who have, a premature tired skin” leads, among other things to violence and despair.Nkrumah’s regime has made so many hopeless people that they constitute a bomb which has destroyed them in the end.

  • Violence

Violence as a consequence of social injustice that is noticeable in Ghana under Nkrumah described in The Beautyful Ones Are Not Yet Born is due to, among other things, the way their country is ruled. Kofi Billy who has been to Europe and who has fought for the white man has lost all hope and commits suicide. The narrator describes the circumstances of his death: “It was the Sunday that that Kofi Billy’s body was found. He was hanging from a sheet down from the top bar of the finished door of a house not yet finished then.”(Armah, Ibid: 75)

  • Dissatisfaction and Anxiety Within the People and their Consequences
  • The end of Koomson’s regime

At a certain moment, the economic, social and political atmosphere which has prevailed in Ghana under Nkrumah obliges the police and the army to seize power. To prove that they have been fed up with Nkrumah’s regime, they go out to rejoice. When the man asks who has seized power, they answer him “army men and police men.”(Armah, Ibid: 157) People demonstrate to show either happiness or simple loyalty to the new regime or both.(Armah, Ibid: 158)

As readers, we have noticed how Nkrumah’s regime has failed. Let us see in details how Kafu and his Liberation Party and their men have run their country.

  • The end of Kafu’s regime

The incapacity of Kafu’s government to supply the populations with foodstuffs and mass-retailed products is a forerunner of his regime’s downfall. As a matter of fact, Kafu’s government is unable to provide the people with consumer goods such as oil, even palm oil that is locally produced, sugar, milk, fish and tomatoes. There are no plantains, no meat, no yam, and drugs are scarce.(Djoleto, Ibid: 120) On the other side, the price of building materials has doubled and tripled in some cases.”(Djoleto, Ibid: 159).  Some workers claim salary increase because the cost of life has become expensive. Whereas others like drivers claim better working conditions: “These civil servants are unhappy these days.” (Djoleto, Ibid: 162)

During their meeting with Kafu, some drivers address him as if he were a mere useless citizen. He is even denounced to have taken “bribes and stashed them away in Swiss banks, sir.”(Djoleto, Ibid: 178) Within the populations, almost everybody fears a military coup. Concretely speaking, when giving sixteen thousand cedis to Kafu, Salamatu says that they fear a military coup might take place. (Djoleto, Ibid: 117) In this framework, Rev. Opia Dan Sese warns Kafu not to arrest MensahQuartey. He says: “If you touch him world opinion will lash out at you. The people will be afraid, and out of self-protection some of them will band together and kick you out. The army and police, for example. They do it sharp like an amputation,’ Opia said with a non-committal smile.” (Djoleto, Ibid: 132) These two quotations show that the collapse is to be noticed very soon and almost everybody is awre of it. It remains only the last straw that will break the camel’s back.

Kafu himself has heard of a coup and shares the idea with his mistress, Madam Odofo. He asks her: “This coup that is rumoured, Odofo, do you believe in it?’’ (Djoleto, Ibid: 166) This implies that he too is afraid. Some people like Ofori Nortey are almost sure that a coup will take place. When talking to Kafu , he says: “Kafu, I am prepared to go to jail so long as I get my own back on you. The army will release me anyway. They will overthrow you sooner or later. I can wait for them there. Where is Amega’s money, you swine?” (Djoleto, Ibid: 180) In a word, Kafu’s government’s bankruptcy has gone beyond what can be noticed with naked eyes. Before Ofori Nortey, Nee Otu Lartey has warned Kafu, in a prophetic way, against the danger of a strike which can result in a military coup:

‘Nee Otu, why this insistence?’Kafu asked with a frown.

‘Kofi, just be patient and listen. The impending strike is no joke.’

‘I know anything else.’

‘It is calculated to paralyse the whole country.’

‘I’m aware of that’

‘And it will be a prelude to a coup.’” (Djoleto, Ibid: 174-175)

This prophecy like a true one comes true. Kafu’s government is overthrown by the army. The narrator gives details here:

It was the first dawn after the declaration of the country-wide strike. Kafu was busy in his study at home, compiling a memorandum on it for the consideration of his colleagues …

Just then footsteps were heard. An army officer carrying a gun shouted, ‘Hold it! Move to the wall. Drop that knife! Sergeant, search them!’

‘We are not burglars, sir. We have shed no blood. The minister was our friend and… Amega pleaded but was cut short. ‘Shut up! You may have shed no blood, but there has been bloodletting all right. Look at that knife, and cut on the forehead. We are taking over power, but we hate bloodshed. You have been a nuisance. The people will not understand. They’ll think we killed him!’

‘Sergeant, ring for an ambulance. Then go to the front door, ring the bell and bring the wife.’

When Grace saw the dead bodies, she gave a piercing cry and collapsed in the arms of the officer. (Djoleto, Ibid: 179&181-182)

The powerful Kafu is dead. Coincidentally, the army has seized power and the novel closes on that event. Before they do it in Money Galore, the army and police have seized power in The Beautyful ones Are Not Yet Born as mentioned earlier. What does military rule look like?

  • The military in command in the Beautyful Ones Are Not Yet Born and a Silly Season

From A Wreath for Udomo to Money Galore including The Beautyful Ones Are Not Yet Born, the different civilian regimes have failed for different reasons and sometimes specific ones. Politics is not a concern of the army or the police. Nevertheless, we can notice that both The Beautyful Ones Are Not Yet Born and Money Galore end with military coups.

In The Beautyful One Are Not Yet Born, we notice that after the army and the police have seized power, the military regime is established and starts working contrary to what happens in Money Galore. Their first actions are negative. Violence continues and corruption still prevails. The watchman takes one hundred cedis at the gate of the harbour before allowing Koomson to enter in order to escape with a canoe. The narrator says that “the boatman took out another of the notes, and the watchman took them, slowly, with something like a loving awe, so that the notes made a soft cracking noise as they rubbed against his palm.‘Pass,’ said the watchman.” (Armah, The Beautyful Ones Are Not Yet Born: 176)The watchman knows that Koomson is running away to escape justice but nevertheless leaves him go against money.

The police too are corrupt under the newly established military regime. A policeman for example takes bribe from a driver as reported to the readers on page 182.

The policeman who had spoken raised his right hand and in a slow gesture pointed to his teeth. The man had seen this gesture before, serveral times. Usually, its maker would add the words,Even Kola nuts can say “thanks”. This policeman, however, was saying nothing … With his left hand he extracted the money, rolling it up dexterously into an easy little ball…  (Armah, Ibid: 182)

Bribery continues prevailing after the military coup. The narrator is explicit: “in the life of the nation itself, maybe nothing really new would happen. New men would take into their hands the power to steal the nation’s riches and to use it for their own satisfaction. That, of course, was to be expected” (Armah, Ibid: 162)

A Silly Season deals, from the beginning to the end, with a military regime. How do the civilian and military politicians run the public affairs in Ribalia, the fictitious country described in the novel? Shall we expect from the military and the police the exploits, the democratic conduct the civilians have failed to adopt?

The military regime established after the overthrowing of the Nkruma’s regime in The Beautyful Ones Are Not Yet Born has not been able to put an end to corruption as it is just shown. It is almost the same ‘wind’ which continues blowing with even new vices and new ‘social plagues’ when the military junta led by an officer called Yaro takes the command. Some of them are favouritism with its branches of nepotism and cronyism, corruption and tribalism to name only these.

  • People of the New school: Corruption in Vogue in A Silly Season

All through A Silly Season bribery is encountered. Some people take bribes and fortunately others refuse it. A few examples of bribery are illustrative. The first leader of the military junta is corrupt. He accepts bribes as mentioned here by the narrator: “When the Military President is eating andsmiling. Ask French banks! Or check the president’s accounts in Germany. They will tell you that our president is a multi-billionaire.” (Ogundimu.A Silly Season: 95)

Like the Military President, Governors and State Commissioners also take bribe. Kunle Bangbelu says it here: “Many of my colleagues from the other ministries had been murmuring, bugging me for failing to let them share from what they named my ministry’s spoils.” (Ogundimu, Idem: 72)

The Military President, the State Commissioners and even the new citizens indulge in corruption because they are not punished when caught. The narrator informs us: “Even when you get caught for corruption practices, you must still try to bribe your way out. Thus, you struggle to swim out of messy waters, so that you can eventually retain your position and continue in office by hook or by crook.’’ (Ogundimu, Idem)

  • Other forms of ill-governance

Some people like Kayode are hired on the basis of cronyism. The narrator confesses about him: “The sister-in-law of his friend’s uncle came to the rescue; he was made a clerk.” (Ogundimu, Ibidem: 55)The military and civilian politicians have promoted self-enrichment in Ribalia, frustrated the press and promoted impunity. Democracy cannot prosper in these conditions.

  • People of the old school: objection to bribe taking

There are nevertheless some people who go against the new order, the new school consisting in taking bribe or promoting the practice. Among these people are first of all Mrs Banji of whom it is said that she “will not accept a gift until a job has been completed and certified consistent with the contract terms.” (Ogundimu, Ibidem: 75) For Kunle Bangbelu “it is better not to accept anything from a contractor, even when the job has been completed.” (Ogundimu, Idem) He is even stricter than Mrs Banji. The two of them belong “to the old school.” (Ogundimu, Idem) In this group of honest people are the man and the teacher in The Beautyful Ones Are Not Yet Born 

 

Conclusion

The qualitative approach, postcolonial criticism and sociocriticism used have enabled me to reach my goal. Indeed, this work has dealt with the practice of democracy in Africa during a period of half a century. It has pointed out the important different flaws or weaknesses of African democracy during this period to the extent that one can conclude that from the late fifties to the early twenty-first century, African democracy is a sputtering one or a crippled one. This is illustrated by regular or almost permanent political instability through the many coup d’Etats during the above mentioned period. Nkrumah’s regime described in The Beautyful Ones Are Not Yet Born has been overthrown by the army and the police (p.157). The government Kafu has belonged to has been ‘blown out’ by the army of his country as described in Money Galore (p.182). In A Silly Season, it is the military that are in command even though a few well-educated intellectuals like Kunle Bangbelu are appointed to high levels of decision making such as Ministers and Commissioners. The democratic and economic if not the development Udomo has been conducting in A Wreath For Udomo has been interrupted by “atavic” forces under the banner of two advocates of tribalism namely the tendem Adebhoy-Selina (pp. 306-307). This interruption is similar to or synonymous with a coup d’Etat that has put an end to some noble political and economic ambitions of a young and open-minded and dynamic African politician. The paper has also studied the causes of such trend in order to put an end to something which is known to be bad in order to establish, consolidate and promote good ways of conducting democracy and development process.

The two main causes of the prevalence of sputtering democracy in Africa are ill-governance and its ‘fertilizer’ that impunity is. Ill-governance is illustrated by evil practices in a democratic system such as tribalism, nepotism, cronyism, embezzlement, corruption, frustration of the freedom of the association and the press , in a word, dictatorship as shown along the development of this paper. All these ill-practices are nursed by impunity. To put an end to impunity and at the same time promote democracy, accountability must be established and implemented impersonally. Théophile Houndjo suggested in his doctoral dissertation: “Fierce fight against corruption includes an important aspect which is the establishment of a policy of accountability …” (p445). In the same vein he quotes Ngugiwa Thiong’O who, in his fourth novel,has made a plea for accountability: “Your deeds alone will condemn you … You—No one will ever escape from his own actions” (Idem)

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Article n°11- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

ANALYSING IDEOLOGICAL POINT OF VIEW IN BEN AKPONINE-SAMUEL’S A HOLIDAY TO REMEMBER: A SYSTEMIC FUNCTIONAL APPROACH.

 

Sévérin M. MEHOUENOU

mehouenous@gmail.com

 Innocent Sourou KOUTCHADE

koutchade2@yahoo.fr

 Université d’Abomey-Calavi

 

Abstract

This article aims at exploring the ideological point of view in Akponine-Samuel’s A Holiday to Remember. The concept of ideology is understood as the system of beliefs, values, and categories that guides the way an interactant views the world. Through this system, language plays an experiential or ideational function realized through the transitivity system as ingrained in the grammar drawing on the contextual properties of field. The process for successfully conducting this study has considered selecting two extracts from the novella on purpose of quantitative and qualitative analyses. This has helped to uncover how the different transitivity patterns interact to convey children’s ideological point of view not only about how religion has become a hot bed of boredom but also about criminality. The work concludes that the literary work unveils the socio-criticism position of the narrator and as a matter of fact, it is suggested that Africans should find resources in their institutions to overcome these social flaws.

Key words: Experiential Function, Ideology, Religion, Criminality, World view, Psychology.

 

Résumé

Cet article vise à explorer le concept d’idéologie tel que développé dans l’ouvrage A Holiday to Remember de Akponine-Samuel. Ce concept est compris comme le système de croyances, de valeurs, et de catégories qui guide la façon dont un interlocuteur conçoit le monde. A travers ce système, la langue a une fonction expérientielle réalisée par la transitivité qui a pour base les propriétés contextuelles du champ. Pour conduire avec succès ce travail, deux extraits ont été sélectionnés de la nouvelle et une analyse quantitative et qualitative en a été faite. Ceci a permis de découvrir comment les différents procédés de transitivité s’interposent pour transmettre le point de vue idéologique des enfants non seulement sur comment la religion est devenue un lit d’ennui mais aussi sur la criminalité. Le travail conclu que l’œuvre littéraire dévoile la position sociocritique adoptée par l’écrivain et par conséquent il est suggéré que les institutions africaines trouvent les ressources nécessaires pour lutter contre ces fléaux sociaux.

Mots clés : fonction expérientielle, idéologie, religion, criminalité, point de vue, psychologie.

 

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Article n°010- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

READING OF GHOSTLY APPEARANCES WITH A REVELATION VIEW IN SHAKESPEARE’S HAMLET AND MACBETH

Casimir Comlan SOÉDÉ

University of Abomey-Calavi, Bénin

Email: cacoss12000@yahoo.fr

Ibrahim YEKINI

Université d’Abomey-Calavi, Bénin

Email: adebiaye20@gmail.com

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Résumé

La consultation prophétique pour l’action à entreprendre aussi bien que la mort d’un proche sont souvent source de peur et de rappel d’un manquement ou d’une tâche non accomplie. Ces aspects du surnaturel dans Hamlet et Macbeth semblent être incompris par la plupart et font souvent objet de plusieurs interprétations. Dans cette perspective, la présente étude nous a permis de faire la lumière sur ce rôle éveilleur du surnaturel dans l’accomplissement d’une destinée. Ainsi la théorie de la Réponse du lecteur nous a été d’une grande utilité dans nos analyses  dans l’utilisation que Shakespeare a fait du surnaturel dans ses pièces de théâtrale Hamlet et Macbeth, s’agissant des fantômes et sorcières combinée à comment il exploite le patrimoine culturel de son pays notamment de croyances et de superstitions de l’époque élisabéthaine. Il ressort des analyses faites des pièces Hamlet et Macbeth que les fantômes servent de catalyseurs dans la mesure où le surnaturel a une intime relation avec le caractère des principaux personnages et par ricochet avec ses proches.

Mots clés : fantômes, surnaturel, sorcières, apparition

 

Abstract

The prophecy in advance of an action to be taken as well as the death of someone or a relative seems to be most of time a source of fears or a guidance to take as flowchart for the achievement of a goal. Those dimensions of the supernatural seem to be misunderstood by many, and sometime it is subjected to many interpretations. For that purpose, the current research work aims at enlightening on the reminder role the supernatural plays in the accomplishment of a destiny. So, thanks to the Reader-Response theory, the use Shakespeare makes of the supernatural in Hamlet and Macbeth as far as ghosts and witches are concerned are shown and deciphered with the view on how the author exploits the cultural heritage of the country; the beliefs and the superstitions of the Elizabethan era. In short,   it is observed in Hamlet and Macbeth that, the ghosts are used as catalysts and mind re-sharper in the sense that the supernatural is always placed in the closest relation with the main characters.

Keywords: Ghosts, supernatural, witches, appearance.

 

 

Introduction

In the days of William Shakespeare there was a strong belief in the supernatural. As a result, the supernatural is a recurring issue in most of his plays. In Hamlet and Macbeth, the supernatural is an integral part of the structure of the plot. It provides a catalyst for action, an insight into characters, and augments the impact of many key scenes. The supernatural appears to the audience in many varied forms. In Hamlet, there appears perhaps the most notable of the supernatural forms, the ghost. However, in Macbeth, not only does a ghost appear but also a floating dagger, witches, and prophetic apparitions make appearances. Therefore, the role of the supernatural is very important in Hamlet and Macbeth.

This supernatural element certainly cannot, in most cases, if in any, be explained away as an illusion in the mind of one of the characters. Furthermore, it does contribute to the action, and is, in more than one instance, an indispensable part of it. But the supernatural is always placed in the closest relation with the character. It gives a confirmation and a distinct form to inward movements already present and exerting an influence; to the sense of failure in Brutus, to the stifled workings of conscience in Richard II, to the half-formed thought or the horrified memory of guilt in Macbeth, to suspicion in Hamlet. Moreover, its influence is never of a compulsive kind. It forms no more than an element, however important, in the problem which he has to face. And we are never allowed to feel that it has removed his capacity or responsibility for dealing with this problem.

 

  1. The Elizabethan belief in the supernatural

In Macbeth, the supernatural is manifested through witches, apparitions and a ghost. To Macbeth the witches foretell that he will be Thane of Cawdor and King of Scotland: “All hail, Macbeth! That shalt be king hereafter”. (1-II-50) And when he realizes that he is trapped and doomed to die, he curses the supernatural powers which have led him astray. The witches show him apparitions which give him promises concerning his fate, but the last apparition is no other than Banquo’s ghost, which brings Macbeth back to his latest crime.

They show him eight kings, with many more reflected in a mirror, with the ghost of Banquo following them. For Macbeth, although Banquo has been murdered by his orders, Fleance, Banquo’s son, has escaped, and is destined to be the father of a line of kings. Although Macbeth has won the throne, it is foretold that his children will never follow him in a royal line. Another manifestation of the supernatural is the vision Macbeth has a little while before he murders the king. Macbeth sees the vision of a dagger placed ready for him to clutch. Drops of blood appear on it.

In two plays, portents, once more, fill the heavens, ghosts rise from their graves, an unearthly light flickers about the head of the doomed man. But in Macbeth, the supernatural effect is quite different. The solemn majesty of the royal Ghost in Hamlet, appearing in armour and standing silent in the moonlight, is exchanged for shapes or horror, deeply seen in the murky air or revealed by the glare of the cauldron fire in a dark cavern, or for the ghostly face of Banquo badged with blood and staring with blank eyes. Thus, embodying the Elizabethan belief about the supernatural, Hamlet and Macbeth give us various illustrations of its manifestations as exemplified precedently, and then confirm that, in the Elizabethan period, the supernatural played an incontestable role in society.

 

  1. Father Hamlet’s ghost in action for its Soul Sake

In Hamlet, old Hamlet’s secret murder justifies the apparition of the ghost, because young Hamlet needs to be told about it so as to have a solid motivation for revenge. Moreover, the ghost’s task is not easy because of Hamlet’s indolence.

In fact, in the two plays understudy, the ghost plays different roles. A ghost, appearing in the form of Hamlet’s father, makes several appearing in Shakespeare’s play Hamlet. It first appears to the watchmen, Marcellus and Bernardo, along with Horatio near the guardsmen’s   post. The ghost says nothing to them and is perceived with fear and apprehension. It is not until the appearance of Hamlet that the ghost speaks, and only then after Horatio has expressed his fears about the Hamlet’s ghost which seems to follow him everywhere. The ghost asks Hamlet to seek revenge for the king’s death and Hamlet is thus propelled to set into action a series of events that ends in his own death.

The conversation between the ghost and Hamlet serves as a catalyst for his later action and provides insight into Hamlet’s character. The information the ghost reveals incites Hamlet into action against a situation he was already uncomfortable with, and now even more so. Hamlet is not quick to believe the ghost, and thus, an aspect of Hamlet’s character is revealed. Having no suspicion of the ghost after the production by players, Hamlet encounters the ghost next in his mother’s room. In this scene the ghost makes an appearance to Hamlet. Hamlet is now convinced of the ghost and he no longer harbours any suspicion. He now listens to it: “Speak to her, Hamlet” (I-v-90)

The supernatural occurs four times in the course of Macbeth. So it takes form first in all the appearances of the witches. Secondly, it appears in the form of Banquo’s ghost. It is thirdly observable in the apparitions with weirds’ prophecies. And finally, it takes the form of “air-drawn” dagger that guides Macbeth towards his victim.

Of the supernatural phenomena present in Macbeth the witches are perhaps the most important. The witches stand for Macbeth’s evil ambitions. They are the catalysts which unleash Macbeth’s evil aspirations. Macbeth believes the witches and he wishes to know more about the future so after the banquet he seeks them out at their cave.  He wants to know the answers to his questions regardless of whether the consequence to be violent and destructive to nature. The witches’ answers to Macbeth’s requests, add further unnatural ingredients to the cauldron and call up their masters. This is where the prophetic apparitions appear. The first apparition is Macbeth’s own head (later to be cut off by Macduff) confirming his fears of Macduff. The second apparition tells Macbeth that he   cannot be harmed by anyone born of woman. This knowledge gives Macbeth a false   sense   of security because he believes that he cannot be harmed, yet Macduff was not of woman born, his born. This leads to Macbeth’s downfall. A child with a crown on his head, the third apparition, represents Malcolm, Duncan’s son. This apparition also gives Macbeth a false sense of security because of the Birnam Wood’s prophesy.

The appearance of Banquo’s ghost provides insight into Macbeth’s character. It shows the level that Macbeth’s mind has recessed to. When he sees the ghost he reacts with horror and upsets the guests. Macbeth wonders why murder has taken place many times in the past before it was prevented by law – “statute purged the gentle weal” – and yet the dead are coming back.

The final form of the supernatural is the “air-drawn” dagger which leads Macbeth to his victim. When the dagger appears to him, Macbeth finally becomes victim to the delusions of his fevered brain. The dagger points to Duncan’s room and appears to be covered in blood. The dagger buttresses the impact of his key scene in which Macbeth slays King Duncan. However, the ghost is not the only motivating force behind the revenge tragedy in Hamlet because other motivating forces are underneath.

We can notice that young Hamlet appears for the first time in the second scene of the play, dressed in black, which is an implied criticism of the royal marriage which has just been celebrated. Although young Hamlet dislikes Claudius and regards him as a usurper of the throne, he appears to be a competent and even an amiable ruler. Claudius, after referring diplomatically to his marriage, dispatching ambassadors to Norway and giving Laertes permission to return to France, he urges young Hamlet to stop his excessive mourning, and not to return to Wittenberg. The audience, having already seen the ghost, is aware that “something is rotten in the state of Denmark”. (I-v-90), and will sympathize with young Hamlet’s feelings about his mother’s hasty remarriage, especially as marriage with a deceased husband’s brother was not permitted without a special dispensation.

The youngster first soliloquy is designed to show his state of mind before his interview with the ghost. He is profoundly shocked by Gertrude’s marriage to his uncle in less than two months after her first husband’s death, although he has no conscious suspicion that his father has been murdered or that his mother had committed adultery. He wished suicide were permissible, he compares the world to Eden after the fall, he contrasts Gertrude’s two husbands, the godlike one and the bestial one, and, with a tendency to generalize characteristic of him, he assumes that all women are like his mother.

His depression and his tears are underlined by his initial failure to recognize Horatio; but he rouses himself sufficiently to make the bitter witticism about the funeral baked meats, and his cross-examination of the three men who have seen the ghost reveals that his intelligence has not been blunted by his grief. It is apparent from the four-line soliloquy at the end of the scene, in which he speaks of “foul play” and “foul deeds”, that he now suspects that his father has been murdered.

In the further scene, before the appearance of the ghost, young Hamlet spoke on the drunkenness of the court, which leads him to generalize on the way “some vicious mole of nature” (I-iv-24) or some bad habit outweighs a man’s good qualities and destroys his reputation in the eyes of the world. Young Hamlet had already referred, in the second scene, to the drinking habits of the new court, and one function of this speech is to show the deterioration of Elsinore in the reign of Claudius. Another function, equally important from the theatrical point of view, is to distract the attention of the audience so that they are surprised by the reappearance of the ghost, and this function is aided by the extreme complexity of the syntax, which would require the undivided attention of the audience.

When the ghost appears again, in the Closet scene, it is to remind young hamlet of his unfulfilled task, and to protect Gertrude from the knowledge of Claudius’ crime. The visitation of the ghost confirms the prompting of his prophetic soul that some foul deed has been committed. The ghost has then cast Hamlet in the role of avenging angel, when all his faculties cry out for him to be a moral scourge. The ghost has asked him to be active, but his disposition is to be reflective, intellectually questioning, and in moral terms, admonitory.

But what are the means and effect of the ghost? And in particular, why does Shakespeare make the ghost so majestically a phantom, giving it that measured and solemn utterance, and that air of impersonal abstraction which forbids, for example, all expression of affection for young Hamlet and checks in young Hamlet the outburst of pity for his father? Whatever the intention may have been, the result is that the ghost affects imagination not simply as apparition of a dead king who desires the accomplishment of his purposes, but also as the representative of that hidden ultimate power, the messenger of divine justice set upon the expiration of offences which it appeared impossible for man to discover and avenge a reminder of a symbol of the limited world of ordinary experience with the vaster life of life of which it is but a partial appearance.

The appearance of the specter means a breaking down of the walls of the world and the germination of thoughts that cannot really be thought. Chaos has come again. So far, it is clear now that the ghost is solely concerned about speeding young Hamlet to revenge and to protect the queen (which is the purpose of the second visitation by the ghost). The ghost, through all that precedes, seems not to be the only instigator of the revenge tragedy in Hamlet. Jealousy seems to be another cause. The question that is raised here is to know the reason why the ghost is apparent to everybody in Act I and only to young Hamlet the second time?

In Act I, the ghost appears four times. In the first scene, it appears twice to Bernardo, Marcellus and Haratio as to confirm that the account Bernardo and Marcellus are giving to Haratio about its first two appearances to them is true. Then, Haratio cannot doubt anymore because the ghost appears “In the same figure, like the king that’s dead” (I-i-41). He even asserts “before my God, I might not believe this without the sensible and true avouch of mine own” (I-i- 56-58). But it does not say anything despite Haratio’s two injunctions; “Speak; speak, I charge thee, speak”, (I-i-51).

The third time we see it again is in the fourth scene. It appears to young Hamlet, Haratio and Marcellus. This time, it beckons young Hamlet to go away with it to a removed ground. Although it does not speak to them it shows clearly that it needs young Hamlet. Maybe it does not want to speak to him in the presence of anyone else, and this is well proved by its fourth appearance. This occurs in the fifth scene of Act I when we see only the ghost and young Hamlet, the former making confidences to the latter. This is the first time we notice that the ghost speaks and speaks to young Hamlet alone. It gives its true identity to him before revealing its unnatural murder and its author.

The ghost is visible to everybody in the first Act while in Act III, it is only visible to young Hamlet. But why is this so? It might be because, on the one hand, Marcellus, Bernardo and Horatio are not involved in the sin, while on the other hand, Gertrude is the sinner for marrying the dead king’s brother and within so short a time after the death of her husband. Moreover, a ghost, in Shakespeare’s day, was able, for any sufficient reason, to confirm its manifestation to a single person in company.

At the beginning of the play we have this intimation, conveyed through the medium of the received religious idea of a soul come from purgatory, so in the end, conveyed through the similar idea of a soul carried by angels to its rest, we have an intimation of the same character, and a reminder that the apparent failure of young Hamlet’s life is not the ultimate truth concerning him.

 

  1. Banquo’s ghost in Shakespeare’s Macbeth

While considering the peculiarities in the tragedy, it will be agreed that, while young Hamlet certainly cannot be called in the specific sense a “religious drama”, there is in it, nevertheless, both a freer use of popular religious ideas, and a more decided, though always imaginative, intimation of a supreme power concerned with human evil and good, than can be found in any other of Shakespeare’s tragedies. And this is probably one of the causes of the special popularity of this play just as Macbeth, the tragedy which, in these respects most nearly approaches it, has also the place next to it in general esteem. A ghost also appears in the case of Macbeth. But here it is a mere hallucination.

Macbeth and Lady Macbeth have then plotted and executed Duncan. The King of Scotland’s murder in his castle has been skillful enough to let everybody believe that his attendants have committed the crime. They have killed Duncan to hurry on the fulfillment of the witches’s prophecy according to which Macbeth will be the king. But the witches have also foretold that Banquo will be the root of generations of the kings, which Macbeth would not digest, and from then on would look for any opportunity to get rid of him. It is in purpose that he has invited Banquo to a banquet in his castle. But Banquo never attented that banquet because he was killed before it took place.  However, the couple Macbeth has organized the banquet.

Then Banquo’s ghost intervenes to stop the feast. The ghost of Banquo comes and sits down in Macbeth’s place at the table. But only Macbeth can see it. While “digestion”, “health”, “sauce”, and “meat” are being enjoyed, Banquo’s ghost breaks into the festivity, disperses it, throws it into disorder, “Against this life-forms of feasting, conviviality, social friendliness and order, comes a death, a ghost, smashing life-form with phantasms of evil and guilt: an unreality, a “nothing”, like the air-drawn dagger, creating chaos of order and reality, dispersing the social unit. It is the conquest of the real, the life-giving by the unreal and deathly. It corresponds to the murderous deed whose “hideous trumpet” (II- iii- 87) waked the “downy-sleep” (II- iii- 81) of Macbeth’s guests at Inverness, raising them to walk like “spirits” (II- iii- 84) from death, like young Hamlet’s father, shattering at that dead hour all a natural peace and rest”. That is John Wain’s opinion of the ghost. This point of view is not different from the general one according to which a ghost is a soul or specter of a dead person, usually appearing as a living being or as a nebulous likeness of the deceased and occasionally, in other forms.

Banquo’s ghost has come to replace the whole being of Banquo. Indeed and based on tradition, when you are invited you should come; the least courtesy is to come.  And, when you cannot come, you reply to or you let your host know that you cannot. It seems that it is in that logic that Banquo’s ghost finds its importance by making its apparition at the banquet in order to fulfill either of these two obligations.

Macbeth has invited Banquo, Macbeth has killed him, and only he can see his ghost. And we cannot say that all this is a mere accident. The appearance of the ghost seems to occur to counteract Macbeth who does not mind at all Banquo’s absence at the feast. In fact, he does not mind because he knows the truth and is utterly sure that Banquo would never come. it seems that Banquo’s ghost appears to accuse Macbeth of his fault which nobody knows, and of which he does not care. It comes to haunt the state banquet of Macbeth. It comes to torment Macbeth. Normally, after killing Banquo, Macbeth should feel safe from his enemies, but fate quickly descends upon him in a most horrible form, the form of the ghost, Banquo’s ghost. This is a terrible punishment both for his crime and also the evil pretence of expecting Banquo to be at the banquet.

So, the ghost appears and only Macbeth, the sinner, can see it. The appearance of the ghost does not leave Macbeth indifferent. It moves him. The other guests cannot see the ghost, but they can notice its effects on Macbeth. They can notice that he is being moved; that’s why Lenox asks:“What is it that moves your highness?”(III- iv- 49-50). Macbeth cannot hide the reason or the object of his trouble then and straightforwardly answers with another question; “Which of you have done this?” (III-iv- 48). This question cannot be answered by the guests because they know nothing of what it is about. At such a level of conclusion, any other guest would react the same way. They seem completely confused and start becoming suspicious about Macbeth. Throughout the fourth scene of Act III lots of Macbeth’s speeches raise suspicion.

In fact, right at the beginning of the banquet, when Banquo’s ghost enters and sits in Macbeth’s place, and the others cannot see it but only Macbeth can see it, suspicion has been planning. All the others notice that a place is reserved for Macbeth, but the latter can see no free place. Instead, he sees Banquo’s ghost and is affected by this sudden appearance. The others can then notice that something is wrong with him. Their suspicion starts from this moment.

The suspicion and probably the confusion increase when Macbeth keeps on this incontestable self-accusation: “Thou canst not say I did it. Never shake thy gory locks at me” (III-iv-50-51). The guests are then quite sure that “something is rotten in the state of Denmark” and choose to leave. The after-effects of such a situation on them is that they may continue being suspicious about Macbeth. But they do not leave because Lady Macbeth asks them to stay. She covers up the incident to dissuade them from any suspicion. Yet, the strategy does not work for it is clearly shown that Macbeth has probably committed a crime.

The consequences of the appearance of the ghost on Macbeth arouse suspicion of him because of the conflict he is having with somebody we do not know and cannot see but for a reason we may guess since most of his speeches allude to it.

When the ghost has appeared, Lady Macbeth has not seen it, and maybe she cannot see it. But she has known it must be there. This, perhaps because of she has been informed about everything of her husband’s fault and trouble that she has quickly understood him and has even tried to rescue him. Could she do otherwise as a partner, a wife and a lover, whose duty is also to be truthful to her husband mainly when the latter is in trouble? She knows the crime committed by her husband mainly when the latter was in trouble. She also knows the crime committed by her husband towards Banquo. Now at the banquet, Banquo is missing and suddenly her husband starts speaking to somebody nobody else can see, referring to something wrong which has been done against that same unknown person. To prove or to show her care and her love for her husband, she has to save him from shame. Shame, because the guests might, at last, understand everything about what is happening. In other words, they could understand that something is wrong, a crime has been committed by their host and that, now he is sorry for what he has done, he is having remorse. That his conscience is troubled as Cain was, in the Holy Bible, after killing his brother Abel. So, the ghost’s appearance at the feast reveals or lets any reader think that Lady Macbeth loves her husband, he is careful of he is welfare and would not like to let him fall into trouble. This explains her first excuse:

My lord is often thus,

And hath been from his youth: pray you, keep seat;

The fit is momentary; upon a thought

He will again be well. If much you note him

You shall offend him, and extend his passion;

Feed, and regard him not (III-iv-53-58)

 

Everything is then quite clear. What else could be expected from a wife? Lady Macbeth has done the least she can. To let the royal banquet split so easily, so unworthily, would be a great shame for the royal family. Thus, she has promptly decided to save the honor of the royal family. By attributing Macbeth’s trouble to a simple or an ordinary discomfort which often occurs to him and does not last long, she really wants the feast to continue. She did not want the royal renown to be spoilt; she vividly opposed herself to the guests to prevent them from discovering the truth. As a matter of fact, the appearance of the ghost consolidates the relationship between Lady Macbeth and Macbeth.

The appearance of the ghost at the banquet is so important that it can constitute a scene in itself. When a banquet starts, it is expected to continue in joy, in peace, and not to be interrupted by a phantom or ghost as occurred in Macbeth. Here the ghost came to the banquet to trouble it, to disturb it. It came just at the instant when the feast was about to start. Nobody could see it except Macbeth. But its effect on Macbeth had repercussions on the whole feast. Macbteh organized the banquet, and he was disturbed and he suddenly started feeling unwell. The suddenness of his trouble surprised the guests and could not let them enjoy the banquet. Since then, neither the guests nor Lady Macbeth could be in the mood to enjoy anything, and were , on the contrary, made anxious by Macbeth’s disturbance. If only any of them could do anything to make him recover, it would be helpful. But they could do nothing but sympathise. Only Lady Macbeth, as she could guess the origin of her husband’s disturbance, might have done something to help him recover. Unfortunately, she did nothing because she could not do anything. The problem was beyond her ability. All she could do and did in fact, was to prevent the guests from asking Macbeth questions so as not to make him tell everything about his crime. Instead of having only subject of preoccupation, which would be the banquet, the appearance of the ghost has suddenly become another subject, and not the least, of preoccupation. It even surpassed the banquet as it succeeded at last in putting an end to it. Thus, the whole scene has suddenly changed from a banquet scene to a ghost’s scene.

The first appearance of Banquo’s ghost was at the banquet, and its purpose was to haunt the banquet and to torment Macbeth. It probably came to reproach Macbeth. But despite this, Macbeth would not decide to put an end to his wicked instincts. He still had in mind the witches’ prophecies which foretold that Banquo would be the root of many kings. Despite his crime against Banquo, he was still obsessed by that prophecy. That’s why he decided to consult the witches once more to know much more about the future. Three apparitions came to satisfy his curiosity. The first, an armed head, warned him against Macduff: “Macbeth! Beware Macduff; Beware the Thane of Fife-Dismiss me-Enough” (IV-i-71-72). He wanted to know more about this, but the spirit would not obey his orders. The second, a child covered in blood, said he needed fear “none of waman born”. (IV-i- 80)

The third, a child, with a tree in its hand, said that Macbeth would not be defeated until the wood of Birnam moved to the hill of Dunsinane. But Macbeth was still not satisfied; he wanted to know whether in fact Banquo’s children, and not his own, would be kings in the future. Then there was a display of eight kings, the last carrying a mirror which reflected many more; and the ghost of Banquo followed them. These stood for the future kings of Scotland, and were the heirs of Banquo. When Macbeth was consulting the witches, the second appearance of Banquo’s ghost was more significant than the others.

Indeed, the ghost’s reappearance is, like the phantasmal dagger, a “horrible shadow”, an unreal mockery, and it opposes the natural joys of feasting and “health”, life-forms, life-forces, just as Macbeth’s original “horrible imagings”, the “horrid image” of the proposed murder, unfixed his hair and made his heart beat wildly “against the use of nature”, shook his “state of man” and smothered “function” in “surmise”. So the evil makes of unity, “love”, feasting and social order a chaos, dispersing and disintegrating society. The disorder thought is important, running throughout Shakespeare and vividly apparent: order is the natural grouping of life-forms, disorder a desecration of the ties of hospitality, blood-relationship and allegiance.

 

Conclusion

The supernatural is a recurring aspect in many of William Shakespeare’s plays. In Hamlet and Macbeth, the supernatural is an integral part of the structure of the plot. In these two plays, the authors gives insights about the manifestations of the supernatural in its various forms notably as a weird, ghost, air-drawn dagger and prophecy. Through this way of plotting, Shakespeare, on the one hand, would like to call his reader attention on his or her wrongdoings towards his counterparts. His writings are an invitation of people to avoid catching the life expectancy of our neighbors.  On the other hand, the playwright is showing is reader the dimensions that can take the supernatural to correct misconduct or to achieve a goal. In fact, the supernatural provides a catalyst for action by the characters. It supplies insight into the major players and it augments the impact of many key scenes. The supernatural appeals to the audience’s curiosity of the mysterious and thus strengthens their interest.

References

  1. Brook, N. (1998). The Tragedy of Macbeth. Oxford: Oxford University Press.
  2. Brown, J. R. (2006). Hamlet: a guide to the text and its theatrical life. Macmillan: Palgrave Press.
  3. Kloutsé K. B. (2014). The dramatic Function of the Supernatural in Four Plays by Shakespeare, Doctoral Dissertation, Lomé – Togo: Université de Lomé.
  4. Shakespeare, W. (1983). Hamlet, London: Longman Press
  5. Shakespeare, W. (1984). Macbeth, London: Longman Press
  6. Tillyard E.M. W, Litt D (1978). The Elizabethan World Picture. London: Chatto and Winelus.
  7. Sampson, G. (1970). The Concise Cambridge History Literature, 3rd Edition Published London: Cambridge University Press.
  8. Soédé N. Y. (2017). Inventer une Afrique autre. Monde invisible, Développement et Christianisme. Abidjan : Editions Paulines.

 

 

Article n°9- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

PROMOTING CITIZEN RESPONSIBILITY AND FLUENCY IN BENINESE EFL CLASSES USING SERVICE LEARNING

 

Estelle BANKOLE MINAFLINOU

Université d’Abomey-Calavi

bankestelle@yahoo.fr

Juvenale PATINVOH AGBAYAHOUN

Université d’Abomey-Calavi

Dossa0259@yahoo.com

Dossou Flavien LANMANTCHION

INSTI, UNSTIM Abomey

Flavienlam81@yahoo.fr

 

 

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Abstract

English language teaching and learning in Beninese Secondary Schools is much more examination-oriented than meaning acquisition-oriented. Real world issues and human values are not fully promoted as teachers hardly prepare the next generation for a lifelong commitment to productive citizenship. This study suggests the use of service learning to promote citizenship as well as to build fluency in EFL classes. The methods used during the investigation have considered introducing, experimenting and evaluating the proposed model throughout four regions in Benin Republic.  The results show that the implementation of service learning has made a significant impact on learners. 97% among the participant EFL teachers acknowledged the value of the use of meaningful contexts in EFL learning.

Keywords: Service learning, human values, fluency, EFL classes, citizenship

 

Résumé

L’enseignement et l’apprentissage de l’anglais dans les collèges au Benin est beaucoup plus axé sur l’examen que sur les réalités de la vie. Les problèmes du monde concret et les valeurs humaines ne sont pas mis en avant et les enseignants préparent difficilement la prochaine génération à un engagement à long terme en faveur d’une citoyenneté productive. Cette étude suggère l’utilisation de l’apprentissage par le volontariat pour promouvoir la citoyenneté ainsi que pour améliorer l’expression orale en anglais langue étrangère. Les méthodes utilisées au cours de l’enquête ont consisté à introduire, expérimenter et évaluer le modèle dans quatre villes de la République du Bénin. Les résultats ont démontré que la mise en œuvre de l’apprentissage par le service communautaire a eu un impact significatif sur les apprenants. 97% des enseignants participants ont reconnu l’importance de l’utilisation de contextes significatifs dans l’exécution de l’approche.

Mots Clés: volontariat, valeurs humaines,  expression orale, anglais langue étrangère (ALE),  citoyenneté.

 

 

  1. Introduction
  • Research Rationale

Benin National Teachers of English Association with the support of the U.S Embassy Cotonou has recently organized four workshops on service learning in four towns in the country: Aplahoue, Bohicon, Glazoue and Pobe. Service learning involves students going out into their communities and using that which they learn in class to help people, and bringing that which they learn in their community service back into the classroom to enhance their learning (Lieberman & Miller 2001, p14). Service learning is a teaching and learning strategy that integrates meaningful community service with instruction and reflection to enrich the learning experience, teach civic responsibility and as a result, strengthen communities.The main goal of the training is to raise participant teachers’ awareness on the importance of service learning and how to introduce the model into their daily teaching so asto promote citizenship as well as to foster fluency in EFL classes.The researchers happened to be part of the facilitation teamand as teacher- researchers we set out to solve two common problems found in many partsof the country, which was that the curriculum used was not sufficient to develop students’ communicative abilities, something which we highly want to improve. We also wanted to encourage volunteering spirit and citizen engagement in the country. Young people are the future generation. The actions of ordinary citizens are more likely to affect others across the country and even beyond. So we explore ways of using service learning as a means of promoting citizenship and evaluating participant beliefs about service learning in EFL classes in the four regions. The  English language  has no fixed subject matter, and as such the teacher of English could bring real world issues into the classroom, for students come to class expecting to have fun and be engaged in meaningful discussions. The role and function of higher education is to prepare the next generation for a lifelong commitment to productive citizenship (Howard et al; 1999, 41). This paper has attempted to examine EFL teachers and students’ appraisal of the introduction of lesson-based service learning in EFL classes and how EFL teachers can teach by creating meaningful contexts for the language learner by drawing out and cultivating human values.

 

  • Objectives of the Study and Research Questions

EFL teachers must teach differently and have greater success than everbefore. In order to teach better, teachers have, according to Lieberman et al. (2001), to be at the centre of all efforts to reform and improve schools. This is the objective of this study. It is to explore ways to develop citizen responsibility and fluency in Beninese EFL classes using Service Learning. To reach this, the following three research questions have been considered:

  • What meaning do the participating instructors make of the use of service learning in EFL Classes?
  • What do the participating students think of the service learning approach?
  • Is there a relationship between the implementation of Service Learning based on the learner-centered teaching activities and instructional techniques and the students’ fluency?

 

  • A Review of Literature

As language teachers, we all know that to learn alanguage well, learners need meaningful contexts.Facts and skills that are taught in isolation and not connected to something meaningful cannot be remembered without considerable practice and rehearsal… Second language classroom activities that are meaningful create an ideal learning opportunity for second language students to learn more information in a shorter time, with less effort. (Christison 1999, p.23). Latulippe (1999) suggests that wherever possible, students should be placed in context-rich situations.This point does not need belaboring. But there is another need that young learners have, especially at school level, which hasn’t received  much attention in the field of second and foreign language learning. The need is referred to as the development of human values. Service-learning is ideal for second and foreign language teaching because it meets the learners’needs and creates meaningful contexts for the language learner and it draws out and cultivates human values (Berry et al, 1999, p. 13). Along with the provision of meaningful contexts for language learning, service-learning has the added benefit of fostering students’personal growth. Service-learning makes learners think more and more about needy people (Akpovi 2018). Service learning also makes learners plan the future considering poor and needy people and gives a different point of view. It makes learners grow in spirit and mind and in their way of seeing things.This is a responsibility that until fairly recently many higher learning institutions took very seriously. As Mithra (2000) asserts, the role and function of schools were earlier seen as integral to the processes of social engineering, developing in students critical faculties, creative potential and initiative towards applying these to the tasks of freeing people from material want and intellectual deprivation (Berry & Chisholm 1999, p.12).Today there is a broadening concern for citizen responsibility. There is a growing numberof educators who, like Howard (1999) believe that foremost among the purposes of higher education is that of giving learners the skills and breadth of knowledge to think deeply about the structures of their society and to appropriate values which must govern their personal and professional lives (p.17).And there are even those, like Louis (2005), who insists that preparing the next generation for a lifelong commitment to productive citizenship is the most important challenge facing educators and communities at the local, regional, national, and global levels.

The introduction of service-learning into ESL and EFL programs has revitalized its curriculum and made a significant impact on students. Knowles (1989) advocates that students learn best when they are committed, when the topic the learning session is concerned with is of immediate relevance, which means it can be applied right away in their personal and professional lives. Students learn best when they are doing. They learn more when they are engaged in learning for a purpose. Everything in the literature on pedagogyand how students learn supports using Service Learning. Successful language learning entails learner motivation, cooperation and it enables learners to assume responsibility for their own learning. This is one of the main objectives of education. In fact, it aims at linking the learners’ socio-cultural environment to the classroom experience so as to motivate them to become true agents of change and development in their respective communities.

  1. Data for the Study

In order to understand teachers’ beliefs and views about Service Learning, one Service Learning ‘roadshow’ was conducted in each selected region in the academic year 2017- 2018. Four towns were selected in total: Pobe, Aplahoue, Bohicon and Glazoue. During the ‘roadshow’ the Service Learning model was explained and its implementation elaborated on. A questionnaire was developed and distributed to 160 participant teachers (Forty respondent teachers per region) who attended Service Learning ‘roadshow’.  The 160 participant teachers belong to Beninese Teachers of English Association. Table1 provides more details on the participant teachers’ characteristics.

 

Table 1 Showing Participants Characteristics

Town                                Participants                  Female                      Male

Pobe                                           40                                     14                               26

Aplahoue                                  40                                      09                               31

Bohicon                                      40                                     18                               22

Glazoue                                     40                                        11                               29

 

The participant teachers with the facilitators made a list of community needs and decided on some actual service activities that can be carried out per town. The participants matched the service activities to the learning situations in the curriculum. They expanded to include a reflection activity in the learning situation. The teachers tried to find out how the model could be translated into a lesson and were then given the opportunity to plan a lesson incorporating the solution of one community needs.  See below more detailed information about each selected town, community needs and activities planned.

 

Town: A

Community Needs : How to prevent erosion in the village?

Solution                    :  Planting trees

Curriculum              : Learning situation two of “Seconde”: “The Environment”

Procedure                

  • Find some seeds with the students that theysow to grow baby trees/seedling
  • Bring the seedling to the village where the erosion is occurring and then the students and the community will plant the trees together
  • Raise awareness in the village to help fill in eroded areas with sand from other places
  • Raise awareness not to cut trees everywhere

 

Town: B

Community Needs: Avoid catching STDs

Curriculum  : Learning situation 1 – Youth Problems, Sequence 1 – STDs

Solution: Help the community know about dangerous sexual activities and their consequences

Procedure:                                                                                                           

  • Lead students to hospital to visit infected people and see their conditions
  • Students discuss with doctors and patients to get more information
  • Students get advice from doctors and patients
  • After coming back, students will write articles to build awareness in their classmates about STDs
  • Students will have an appointment with the chief of the village in order to organize a meeting with the villagers
  • During the meeting the students will share the causes, symptoms, prevention and consequences of STDs.

 

Town: C

Community needs  : Raise awareness about Sexually Transmitted Diseases

Curriculum              : Learning Situation 1:   Sexually Transmitted Diseases

Solution                    : Students make posters to raise awareness about HIV/AIDS

Procedure                

  • ‘Troisième’ students visit ‘quatrième’ students in class sessions to present their posters
  • ‘Troisième’ students go to the nearby hospital to present posters

 

Town: D

Community Needs: Clean environment

Solution: Collecting litter from the hospital grounds, like plastic bags and other waste

Curriculum – Learning situation ‘two’ in the Second textbook “The Environment”

Procedure: Send students to the hospital to help raise awareness and clean the hospital ground

 

  1. Results

This part pinpoints the outcomes of the study. It is divided into two subsections: participant teachers’ meaning of the introduction and experiment of the model in EFL classes and learners’ feedbacks on the model.

  • Participant Teachers’ Meaning of Service Learning.

More than 99% of the respondents agreed that a well implemented service learning method has benefited teachers, students, and communities. Participants believed that Service Learning gave them a sense of achievement and satisfaction. The model has encouraged interactive teaching methods and reciprocal learning and added new insights and dimensions to class discussions. It also promotes the use of authentic learning tasks. Some of the participants even went further by opining that Service Learning has promoted students’ active learning; engaged students with different learning styles and developed students’ civic and leadership skills as well as encouraged highly motivated and engaged students. Teacher Gbetoho asserts:

People who have knowledge but no action to help others never possess power. The combination of learning and service is a powerful methodology in EFL programs and promotes citizenship.

Teachers reported that they had been satisfied with the approach since the model provided them with different activities to engage in. These activities not only helped students to increase their English knowledge through gaining valuable insights but also contributed to learners’ community engagement. Respondents opine that Service Learning would please communities and enable teachers to be appreciated by communities. The majority of respondent teachers asserted that a well implemented Service Learning would also benefit the students. Students would thereafter beable to develop independence, a sense of responsibility and self-esteem. However, 66% of respondents are afraid of always using the model in that there are many obstacles. Here are some excerpts from the respondent teachers which point out the challenges:

Teaching examination-oriented activities make me feel guilty all the time. I wish I had more time for more interactive activities using service learning, but no, I don’t have time. We do not have time. (Agbolossou)

I have always wanted to do something fun and creative. But I don’t think my headmaster will like [it]. We have to focus on drilling, my students are very weak. (Gbetoho)

Fun learning? For students who are not in examination classes, yes; not for candidates. Definitely not for ‘Troisième’ and ‘Terminale’; too much work, expectations are high. We are pressured under the syllabus (Dossou).

 

The respondents point to a number of challenges that the implementation of the approach faces which include time constraints, curriculum and student background. Beninese secondary school classrooms are tightly regimented by a timetable and a number of factors that can constrain the experimental sessions with the Service Learning. These factors are related to a number of internal and external elements: teachers’ knowledge about the Service Learning pedagogy, current school pedagogical practices, availability of learning resources and study materials; students, skills and knowledge as well as their perception about the target language; and assessment procedures used to evaluate learner-centered teaching method.A successful implementation of the model also depends on the teacher’s mastery of how to design effective activities or tasks. Despite these challenges, the majority of the participants believe that the Service Learning model can solve many problems in the country in terms of civics and learners’ fluency.

  • Learners’ Benefits from the Approach

The approach has positively impacted students. Students have developed many skills, especially in the areas of communication, collaboration, and leadership skills. They got opportunities to act on their values and beliefs of community engagement. The model has increased students understanding of the class topics and students gain hands-on experience topics. They learn more about social issues and their root causes. The approach develops critical thinking and problem-solving skills in participant learners and they learn more about social issues and their root causes. The model has made the students more aware of targeting fluency in a systematic way. 73.4% of the students have improved self-confidence after the implementation ofthe approach, even among those who were generally shy and anxious.Anxiety as an affective state is defined as an uncomfortable emotional state in which one perceives danger, feels powerless, and experiences tension in the face of an expected danger (Blau, 1955).The findings suggest thatthe use of the model has alleviated learners’ anxiety.  In general, students’ responses indicated that the activities that relate to the students on a personal level result in the most comfort. The study showed that increased exposure over time to many learner-centered activities and techniques brings about a decrease in anxiety (Egounléti, 2008). Several activities and techniques meet with mixed reactions even after the students have had considerable experience with them, and students reactions vary at different stages of proficiency. Through the experimentation, real-life problems can be used to motivate students, to challenge them to think deeply about meaningful contents. The approach has also made learners, teachers and communities work collaboratively. In addition to that, learners have been directed towards discussions with professionals in the communities.Students have tested out their skills, interests, and values in potential career paths, or fields of interest and they had the opportunity to connect with students, professionals and community members whom they learned from.

We were surprised at how readily students embraced self- evaluation and how they naturally fed information back to each other about their performance. The research project has not just impacted participant students, but has also had a positive wash back effect on other areas. Firstly, it has greatly influenced teaching styles, which have become more student-centred and focused on students being more aware of their learning. The project has made us more aware of targeting fluency in a systematic way. The researchers could have dug deeper and looked at speech rates, non-lexical fillers and interjections, and setting more effective criteria to establish a more student-centred approach. In future research projects, we would like to explore technology, in particular speech recognition technology, and also apps that measure students’ oral speaking in service learning.

 

  1. Discussion

Beninese National Philosophy of Education encompasses the ideals of a national citizenry whose members are wholesome and balanced in all dimensions of human development, and who can contribute to the well-being of fellow members and to the nation. The school curriculum was thus designed towards achieving these ideals. One of the premises of this curriculum is that the teaching and learning process should allow for developmental growth of students in both the affective and non-affective dimensions of human development. This is clearly visible in the curriculum prescriptions at the primary and secondary school levels where teachers are to adopt a student-centered pedagogy in the classroom. In fact, this approach called Competency-based Approach (CBA) is based on constructivism, a theory which states that the learner is the main actor in the building of knowledge, and the cognitivist theory of representation which selects, structures the information and guides the behavior. It focuses on acquiring life-coping skills while developing the language to perform it, by preparing and equipping learners with the qualities and abilities of a responsible citizen fully aware of his/her role in the community (Patinvoh-Agbayahoun2011). In other words, for effective learning to take place, students need to know that what they are studying will improve their lives. Hence, the promotion of Service Learning which stands the chance of giving a meaning to the learning by showing them what they are learning at school is for, in the active life; by putting a stress on the competencies that the learners must master, rather than on what the teacher teaches alone (Gelmon 2001).

Language learning/teaching entails five major components – students, teachers, teaching approaches, teaching materials, and evaluation. Conventionally, the instructor in the teacher-centered model determines what the teaching materials will be and tries to transmit them in one way or another. The test of learning is dependent heavily on the students’ ability to memorize and produce the data at stated intervals. In this case, the students’ task is to listen, remember, and then give evidence that they have recorded the materials in their minds. Students, in the EFL context, focus on memorizing vocabulary, phrases, grammatical rules, and sentence structure, but they have difficulties applying the target language to their real life communication. The teacher-centered model in language classrooms has been questioned in educational settings. One way to modify this traditional pattern of teaching/learning is to give students more responsibility for learning. Some educators have maintained that the teacher at best can only establish an atmosphere for learning; the student must learn as a result of individual efforts (Patinvoh-Agbayahoun2011). Teachers need to encourage students to rely more on themselves and less on the teacher. Students should be self-motivated with an inquiring nature (Liu, 2007). A number of studies reveal that motivation, engagement and attitude are closely related to achievement in language learning (Gardner and Lambert, 1972).

School is like home in the educational sense of the word. School as an appendix of family should not tolerate counter values but keep learners from steadily being transformed into streets dwellers. School should be an instrument of development, a manpower builder of the development of the nation and a leadership skills builder. EFL teachers are called upon their responsibilities of promoting civics, ethics and moral valuesamong learners to prepare them for good governance, good citizenship and leadership, and motivate them to become true agents of change and development in the community. This sort of program can really put an extra burden on teachers, [about seventy percent (70%) of the teaching force in Benin is untrained] (Lanmantchion 2016)   for it assigns them a new profile just as complex as diverse and requires an acute imagination, creativity, and flexibility difficult to face by an untrained teacher.These multiple demands imposed on him/her require adequate training in many areas including updated pedagogical issues in language teaching/learning, in adolescent psychology, school practice, the world we live in etc. However, it has been demonstrated in this field that no such a program can be effective if capacities are not built in teachers to promote new ways of performing their professional roles. There is then an urgent need to reinforce teachers’capacity in the teaching of English as a foreign language through the command of time management tools, etc. Beninese EFL teachers need to adjust their craft and expand their teaching toolkit so that they might be able to meet new challenges and educate students to their fullest potential (Carter et al; 2001).

 

Conclusion

This study explored ways to develop citizen responsibility and fluency in Beninese EFL classes using Service Learningin four regions in Benin Republic. The research has confirmed that effective teaching should create the need to learn by means of significant activities which, in turn, will activate motivation and thereby create an effective learning setting (Brown, 2001). Motivation coupled with the taking into account oflearners’ needs is indispensable to ensure success in EFL learning. As a teacherof English, one should be more inclined to use methodologies which exposestudents to meaningful contents and topics, within the scope of their fields ofstudy, so that students might feel they are not only learning English just to sitfor examinations, but also that they are learning a lot through English, and moreimportantly for short and long-term life goals.

 

References

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  8. Gardner, R. C. and Lambert, W. E. (1972). Attitudes and Motivations in Second Language Learning. Rowley, MA: Newbury House.
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  10. Lanmantchion, D. F. (2016). « Creating a Balance between Examination-Oriented Activities and Meaningful Language Learning through PBL in Beninese EFL Classes » in Revue du CAMES ‘ Littératures, Langues et Linguistique’ No 4 pp. 65-71 ISSN 2424-726x.
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  16. Nunan, D. (2004). Task-Based Language Teaching. Cambridge: Cambridge University Press.
  17. Patinvoh-Agbayahoun, J. (2011). “Prospective EFL Teachers’ beliefs about the Competency-based approach: a case study of a teacher education program in Benin. Doctoral Dissertation, Abomey-Calavi University.
  18. Yildirim, Z. (2005). Hypermedia as a Cognitive Tool: Student Teachers’Experiences in Learning by Doing. Educational Technology & Society, 8(2), 107-117

Article n°8- Rilale-Uac/ Volume 1, Issue n°1

 SUPERSTITION AS SEEN THROUGH MARK TWAIN’S THE ADVENTURES OF TOM SAWYER (1876)

 

Ferdinand KPOHOUE

Université d’Abomey-Calavi

ferdinandkpo@yahoo.fr

 

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Abstract

Mark Twain is the pen-name of Samuel Langhorne Clemens who was born in Florida, Missouri, in 1835, and grew up in nearby Hannibal, a small Mississippi River town. Hannibal would become the model for St. Petersburg, the fictionalized setting of his two most popular novels, The Adventures of Tom Sawyer (1876) and The Adventures of Huckleberry Finn (1884). In St. Petersburg, life is ruled by some superstitious beliefs and traditions people respect. Twain’s main characters (Tom, Huck) are taken to carry out activities likely to make them visit the churchyard at midnight, Jackson’s Island, the haunted house in search of treasure, etc. These uncommon places in The Adventures of Tom Sawyer have offered the opportunities for Tom, Huck and other characters to explore the very world of superstition. The objective of this paper is to investigate how Twain has dealt with the concept of superstition in The Adventures of Tom Sawyer in order to understand how people lived in early nineteenth century in America. The results are amazing because St. Petersburg’s people are very superstitious and all aspects of their life carry some features of superstition. Tom and Huck have taken the readers to the world of witches, ghosts, charms, and other beliefs people accept simply because they do not have any scientific clarification of them.  Twain is criticizing these blind beliefs in the novel because he has made Tom and Huck discover the truth many times. In places where they are supposed to meet ghosts, they meet people they know and the miracles or misfortunes they are expecting never appear.

Key words: Superstition, belief, witches, ghosts, America.

 

Résumé

Mark Twain est né en 1835 en tant que Samuel Langhorne Clemens en Floride (Missouri) et a grandi à Hannibal, une petite ville du Mississippi. Hannibal deviendra le modèle mais nommé St. Petersburg, le décor fictionnel de ses deux romans les plus populaires, The Adventures of Tom Sawyer (1876) and The Adventures of Huckleberry Finn (1884). À St. Petersburg, la vie est régie par certaines croyances superstitieuses et certaines traditions respectées par les habitants. Les personnages principaux de Twain (Tom, Huck) sont amenés à faire des activités susceptibles de les conduire à visiter le cimetière à minuit, Jackson’s Island, la maison hantée à la recherche de trésor, etc. Tous ces lieux insolites dans The Adventures of Tom Sawyer ont offert des opportunités à Tom, Huck et d’autres personnages pour explorer le monde même de la superstition. Mon objectif dans cet article est d’examiner comment Twain a traité le concept de superstition dans The Adventures of Tom Sawyer afin de comprendre comment les gens vivaient au début du XIXe siècle en Amérique. Les résultats sont étonnants parce que les habitants de St. Petersburg sont très superstitieux et tous les aspects de leur vie portent des traits de superstition. Tom et Huck ont ​​amené les lecteurs dans le monde des sorcières, des fantômes, des charmes et d’autres croyances que les gens acceptent simplement parce qu’ils n’ont aucune explication scientifique les concernant. Twain critique ces croyances aveugles dans le roman parce qu’il a fait découvrir la vérité à plusieurs reprises à Tom et Huck. Dans les endroits où ils sont censés rencontrer des fantômes, ils rencontrent des personnes qu’ils connaissent et les miracles ou malheurs auxquels ils s’attendent n’apparaissent jamais.

Mots clés: superstition, croyance, sorcières, fantômes, Amérique.

 

 

Introduction

Set in a fictional town on the Missouri bank of the Mississippi River, The Adventures of Tom Sawyer is, in many ways, a tribute to Clemens’ own childhood in Hannibal. Episodes, characters, and settings from his own childhood -the cave, Injun Joe, Aunt Polly, the Cadets of Temperance has become important parts of Tom’s story. During the writing process, he has focused specifically on Tom’s boyhood. Within the framework of the novel, however, he manages to be critical of the small-town society he has grown up in. The story takes place in the fictional town of St. Petersburg known for its superstitions. Superstition which is the belief of supernatural forces is the consequence of the incapacity of men to understand some natural phenomena. For the primitive man, the sun, the storm, the breeze and the calm represent miracles. The thunder, the sudden attack of mysterious illness, the earthquake, etc. are evil spirits and powers to be propitiated. Being contagious, superstition quickly spread everywhere. When someone fears and suspects a phenomenon, his neighbors fear and suspect it too. With the daily childish activities of Tom and Huckleberry Finn, many aspects of the superstitions regulating life in St. Petersburg are revealed.

This paper is an attempt to explore the superstitious aspects of the fiction of Twain in the early nineteenth century. As a matter of fact, Tom and Huck are mischievous but clever teenagers who are involved in activities likely to make them refer to superstitions like all people living in their community. They have undertaken to cure warts with a dead cat; they go to the churchyard at midnight to meet spirits; they hide in the Island or visit the haunted house in search of treasury. The howling of a dog for them is a bad omen. All these episodes have taken them to refer to superstitious beliefs in order to achieve their goals. Mark Twain’s literary technique is but to question these beliefs that can be handicaps for the evolution of society.

 

  1. Superstitions and their origins

According to Oxford Advanced Learner’s Dictionary, superstition is defined as the belief that particular events happen in a way that cannot be explained by reason or science. It is also the belief that particular events bring good or bad luck. Many of our superstitious beliefs and practices began long, long ago and it is interesting to trace back through the years to find the origin of some of the common ones. The origin of most of them is, undoubtedly, to be found in man’s effort to explain the phenomena of nature and in an attempt to appease an angry deity and to invite a better fortune. From these sources come many of the absurd notions still practiced among primitive people and which have been handed down in modified form to us.

Man has ever found it difficult to understand the mysteries surrounding him on all sides and groping in the dark. He has tried by prayer, incantation, peculiar practices to force nature to do his bidding.

In his book entitled The Customs of Mankind, Eichler explains the causes and origins of superstition. According to him:

The first note in all superstitions is, of course, ignorance – an ignorance to which fear is closely allied. The true origin of superstition is to be found in primitive man’s effort to the phenomena about him; his wish to avoid evils he could not understand; his desire to propitiate fate and invite fortune; his attempt to pry into the future.

Being contagious, superstition quickly spread everywhere. What one man feared and suspected, his neighbor was bound to fear and suspect. (Eichler, 1924, pp.23-24)

Superstition, therefore, arises primarily from ignorance. Early man believed that every phenomenon of nature was the work of a spirit or devil. His intelligence could not suggest any other explanation. To this belief was added fear. The thunder, the lightning, the earthquake and darkness, all filled him with fearful dread. To him they were the workings of spiteful powers to be propitiated.

Where ignorance and fear are surrounded by danger they will always grope for a way of escape. Thus superstition is born.  A belief in the existence of spirits antagonistic to man gave rise to most of the old superstitions.

In Egypt, Greece and Rome, superstition gave birth to mythology with its pagan rites and ceremonies. During the Dark and middle Ages when most people were  illiterate, superstition flourished.

For Eichler, there are some interesting bits of history about some of our popular superstitions. According to him:

Some of the early superstitions, originally concerned with the evil eye and with customs for banishing or destroying its influence, have survived and are still observed. The survivals have taken the form of bad luck omens such as the black cat, the spilling of salt, the number thirteen, and so forth. And, of course, there are methods for overcoming the bad luck promised by these omens, as casting a pinch of the salt over the shoulder, or whispering a benediction after the Sneeze. (Eichler, 1924, p.640)

The fear of the unknown and dread of the evil eye led early man to avoid whatever seemed, to his superstitious mind, an omen of bad luck. He saw signs of warning in the simplest of evil and hence something to be shunned. The examples of the black cat and the number thirteen can help to understand how people form and perpetuate superstitions and myths.

The black cat is the traditional companion of witches. Because of this old tradition, the black cat is associated with omens such as misfortune and ill luck. According to Eichler (1924, p.642), ‘there is an ancient superstition that spirits are able to assume the form of black animals, particularly black cats.’ The black cat is even said to be a witch in disguise and killing it does not even mean killing the witch because the witch can take on the body of a cat nine times. Today, the black cat is not feared as it was in earlier times, but there are many superstitious people who still regard it as an unlucky omen. Some other people spread this belief over all cats having nine lives. It is a matter of belief and as such it is difficult to convince believers about the lack of veracity related to some phenomena.

The second example concerns the number thirteen which is believed to be an unlucky number. For this reason, some hotels do not have a room number thirteen. But how and where has this belief come from? In fact, nobody could answer. Eichler has provided an explanation in the following words:

In Scandinavian mythology there are twelve Aesir or Demigods, and the old legend is that Loki came among them, making the thirteenth. This Loki was cruel and evil, according to the story, and among the Demigods he became the “the chief author of human misfortunes.” Because he was evil, and because he was the thirteenth, the number thirteen came to be looked upon as an omen of ill luck.

Another explanation as to the origin of this superstition is that the Valkyrs, or Virgins, who waited upon the heroes in Valhalla were thirteen in number. Many writers believe that from this source sprang the common superstition concerning the bad luck of the number thirteen, especially in connection with guests at a table. (Eichler, 1924, p.641)

So many explanations are provided to explain the origins of this belief but nobody can tell the truth about it. It is even said that there were thirteen people at the Last Supper and Judas was represented as the thirteenth guest. He betrayed Jesus-Christ and he was arrested and crucified. So many other examples can be given, but without any irrefutable evidence. In short, superstition, as a belief, is transmitted through generations and is used to fill the gaps of ignorance. Natural phenomena human-being cannot explain are subject to superstition and some means to get protected against are imagined by initiated people who claim to know about them. For a long time and even today, some superstitious beliefs exist about the thunder, the tide, the sea, the rainbow, death, the moon, the sun, etc. The point to discuss in this paper is not actually superstition and its origins, but rather the use of superstition by Mark Twain in The Adventures of Tom Sawyer.

Set in a fictional town on the Missouri bank of the Mississippi River, The Adventures of Tom Sawyer has been, in many ways, the story of Clemens’ own childhood in Hannibal. The preface of the novel mentions clearly that

‘Most of the adventures recorded in this book really occurred; one or two were experiences of my own, the rest those of boys who were schoolmates of mine. Huck Finn is drawn from life; Tom Sawyer also, but not from an individual — he is a combination of the characteristics of three boys whom I knew, and therefore belongs to the composite order of architecture’. (Twain, 1876, p.xv)

So Twain has fictionalized his own life experiences forty-one years after his birth in 1835. It is a way to revisit his childhood through the lenses of an adult mind and maturity views. In fact, Twain’s original plan for the book was to cover the span of Tom’s life well into adulthood, when he would return to visit St. Petersburg as a grown man, the same way Twain himself had done during a lecture-tour. During the writing process, however, he decided that Tom shouldn’t grow up in the book, and focused specifically on Tom’s boyhood. Within the framework of the novel, however, he managed to create a story that, while upbeat, managed to be critical of the small-town society he grew up in.

  1.   Cases of Superstition in The Adventures of Tom Sawyer (1876)

Many of the characters in Mark Twain’s stories—Huck Finn, Tom Sawyer, Ben Rogers, Aunt Polly…live in worlds they do not understand and are powerless to control. These characters often used superstitions and other creative logic to try to explain the unexplainable occurrences in their lives. This is the best way for them to live in St. Petersburg where beliefs in outer forces influence and determine the life of its dwellers.

  • Warts cure

Warts viewed with modern eyes are so simple to understand and heal. As a matter of fact, a wart is a small growth with a rough texture that can appear anywhere on the body. It can look like a solid blister or a small cauliflower. Warts are caused by viruses in the human papillomavirus (HPV) family. Treatments include salicylic acid, duct tape, cryotherapy, surgery, laser treatment, electro cautery, photodynamic therapy, chemical treatments, topical creams, cantharidin, and antigen shots. That is what modern science suggests nowadays. But at the time of Twain’s childhood when modern science was at its primitive level, Tom and Huck could view the matter with a different lens.

Tom Sawyer and Huckleberry Finn, two adolescent main characters have definite ideas on the best way to cure warts in St. Petersburg. Tom has proposed spunk-water (rain water in a rotten tree stump) whereas Huck’s favorite prescription requires a dead cat. For that purpose, Huckleberry Finn has got a dead cat from Ben Rogers in exchange for a hoop stick in order to perform the ritual likely to cure warts. Huck has convinced Tom about the use of his cat in the following words:

‘What’s that you got?’

‘Dead cat.’…………

‘Say — what is dead cats good for, Huck?’

‘Good for? Cure warts with.’

‘No! Is that so? I know something that’s better.’

‘I bet you don’t. What is it?’

‘Why, spunk-water.’

‘Spunk-water! I wouldn’t give a dern for spunkwater.’  (Twain, 1876, pp.50-51)

For Huck, spunk water is not appropriate to cure warts. Before it has the healing force, it requires some typically superstitious ceremonies. Huck explains the process:

‘Aha! Talk about trying to cure warts with spunkwater such a blame fool way as that! Why, that ain’t agoing to do any good. You got to go all by yourself, to the middle of the woods, where you know there’s a spunkwater stump, and just as it’s midnight you back up against the stump and jam your hand in and say:

‘Barley-corn, barley-corn, injun-meal shorts,

Spunk-water, spunk-water, swaller these warts,’

and then walk away quick, eleven steps, with your eyes shut, and then turn around three times and walk home without speaking to anybody. Because if you speak the charm’s busted.’ (Twain, 1876, pp.51-52)

The incantations and the attitudes required are from superstitious beliefs because they have no scientific explanation and they cannot be understood by common people. Even the people performing the rites do not know how they come to them.  It is simply a matter of belief. Huck’s warts remedy has something impossible to understand. The process goes like this:

But say — how do you cure ‘em with dead cats?’

‘Why, you take your cat and go and get in the graveyard ‘long about midnight when somebody that was wicked has been buried; and when it’s midnight a devil will come, or maybe two or three, but you can’t see ‘em, you can only hear something like the wind, or maybe hear ‘em talk; and when they’re taking that feller away, you heave your cat after ‘em and say, ‘Devil follow corpse, cat follow devil, warts follow cat, I’m done with ye!’ (Twain, 1876, pp.52-53)

How is it possible to provide scientific explanation for the above process described by Huck?

Mark Twain himself is unable to explain the phenomena he has described in his novel or he wants to raise the matter related to the origins of some beliefs. When Tom has tried to know the origins of this cure, Huck replies he has received the explanation from the old Mother Hopkins who is said to be a witch. In fact, people fear witches because they believe they have supernatural powers and are able to know what common people ignore. To know more about witches, I refer to the definition provided by Maxwell-Stuart. In Witch Beliefs and Witch Trials in the Middle Ages, P.G. Maxwell-Stuart has tried to associate the term witch with some Italian terms: ‘Stregones and stregule are Italian terms derived from the Latin strix meaning ‘night owl’, often taken to be a bird of ill-omen, and associated with feeding upon young or small creatures. Hence, when it became one of the terms for ‘witch’, it implied shape-changing and attacks upon babies or infants, especially at night. (Maxwell-Stuart, 2011, 32)  According to Lara Apps and Andrew Gow, ‘the word ‘witch’ almost invariably denotes a female person, a woman or a girl. For example, the Concise Oxford Dictionary defines ‘witch’ in female terms, as ‘a sorceress, esp. a woman supposed to have dealings with the Devil or evil spirits’ (Apps and Gow, 2003, 8).  So many other definitions exist but for this study, I stick to the idea that witches are believed to have supernatural forces likely to allow them to carry out some strange and maleficent actions only initiated people can explain. People refer to witches or witchcraft simply to stop investigating about certain deeds and events. It is simply a belief because Tom and Huck believe they are in the presence of devils even when they see people coming to the churchyard at midnight. They are afraid. According to them, ‘It’s the devils sure enough. Three of ‘em! Lordy, Tom, we’re goners! Can you pray?’ But they have come closer Huck and Tom come to recognize that ‘They’re humans!’(Twain, 1876, 76) Tom and Huck have heard Muff Potter’s voice. They know him quite well and come to be convinced that he is not a ghost. Superstitions resist up to the very day people happen to find some scientific explanations for them. However, a hundred years after the American Declaration of Independence in 1776, Mark Twain has written about the common beliefs of his childhood through Tom and Huck. Twain is criticizing these blind beliefs because, at the graveyard, Tom and Huck hide in a clump of elms waiting for devils to appear.  After a while, three figures approach the grave. The boys believe with a horrified delight that these are the devils, but they turn out to be three adults from the town carrying out a midnight mission of their own. Tom and Huck are surprised to discover the young Dr. Robinson accompanied by two local outcasts, the drunken Muff Potter and Injun Joe. The worst comes when Dr. Robinson orders the other two men to dig up Hoss Williams’s corpse, presumably for use in medical experiments. After the job, the two boys have witnessed the murder of Doctor Robinson after a fight with Injun Joe. The desecration of the fresh grave of Hoss Williams, the fight and the murder of Dr. Robinson at the very place where ghosts and other spirits, are said to dwell show the deceptive aspects of superstitions.

 

  • The howling of dog

Tom and Huck have run away from the graveyard after the murder of Dr. Robinson. But instead of going straight home, they run to a deserted tannery and hide. They decide that if they tell what they have seen and Injun Joe escapes hanging, he will probably kill them. Consequently, they decide to swear in blood never to tell anyone what they saw. After taking the oath, they hear the howls of a stray dog, which they interpret as a sign that whomever the animal is howling at will die. Tom and Huck assume the dog’s howls are for them, but when they go outside, they see that the dog is facing Muff Potter. Their reaction can explain their superstitious view about the phenomenon:

They turned and saw the strange dog standing within a few feet of where Potter was lying, and facing Potter, with his nose pointing heavenward.

‘Oh, geeminy, it’s him!’ exclaimed both boys, in a breath.

‘Say, Tom — they say a stray dog come howling around Johnny Miller’s house, ‘bout midnight, as much as two weeks ago; and a whippoorwill come in and lit on the banisters and sung, the very same evening; and there ain’t anybody dead there yet.’

‘Well, I know that. And suppose there ain’t. Didn’t Gracie Miller fall in the kitchen fire and burn herself terrible the very next Saturday?’

‘Yes, but she ain’t dead. And what’s more, she’s getting better, too.’

‘All right, you wait and see. She’s a goner, just as dead sure as Muff Potter’s a goner. That’s what the niggers say, and they know all about these kind of things, Huck.’ (Twain, 1786, 87)

The howling of dogs is believed to be an announcement of a bad omen. According to Eichler, ‘An ancient belief is that the howling of dogs portends death and calamities. This appears to be a relic of the time when men made deities of animals. As a deity, the dog was supposed to be able to foresee death and give warning of it by howling or barking’. (Eichler, 1924, p.648)

Superstition is a shared belief and is transmitted from a generation to another. The interpretation of the howling of dogs as an ill omen has been heard from slaves from Africa. The universal dimension of the belief in superstition is underlined here. Through this belief, Tom and Huck are afraid first but feel out of danger when they notice the dog is facing Muff Potter.

  • The rattlesnake rattles

A rattlesnake is a poisonous American snake that shakes its tail to make a noise when it is angry. A rattle, according to Eichler, ‘is older than you would suspect and is said to have been invented by Archytas. He made painted clay puppets, representing human beings or animals, and put small stones inside of them to cause a rattling noise’. (Eichler, 1924, p.606)

A rattler, at the origin, is not a magic power used for protection but certain superstitious beliefs of supernatural forces men can put in some things, people come to believe it protects. Tom is definitely conscious that his rattlesnake rattle protects him against cramps. As a matter of fact, Tom, Huck and Joe Harper trip to Jackson’s Island where nobody in St. Petersburg can discover them. Feeling mistreated after ill-treating Aunt Polly’s cat, Tom resolves to act on his earlier impulse to become a pirate. He meets Joe Harper, who is likewise disaffected because his mother has wrongly accused and punished him for stealing cream. They find Huck Finn, always up for a new adventure, and the three agree to slip away to Jackson’s Island, an uninhabited, forested isle three miles downriver from St. Petersburg. That night, the three boys take a raft and pole their way to the island, calling out meaningless nautical commands to one another as they go. At about two in the morning they arrive on the island, build a fire, and eat some bacon that Joe has stolen for them. The three boys are playing when Tom notices he has lost his protective device. His reaction is automatic:

Then Joe and Huck had another swim, but Tom would not venture, because he found that in kicking off his trousers he had kicked his string of rattlesnake rattles off his ankle, and he wondered how he had escaped cramp so long without the protection of this mysterious charm. He did not venture again until he had found it, and by that time the other boys were tired and ready to rest. (Twain, 1786, p.126)

Superstitious beliefs take people to accept as true the power of charms prepared by some conjurors for protective purposes. Ignorance takes people to see the manifestation of supernatural forces everywhere. As a matter of fact, a cramp is a sudden, involuntary muscle contraction caused by muscle fatigue or a lack of electrolytes such as low sodium, low potassium or low magnesium. In early nineteenth century people could not explain the mechanism of cramp and therefore attributed it to mystical forces.

  • The haunted house and its treasure

From the twenty-fifth chapter, Mark Twain introduced again the phenomena of witch, haunting spirits and unlucky day to make the superstitious world more significant to explore. So, one day Tom has a desire to hunt for buried treasure. He encounters Huck Finn, and the two characters discuss possible places to find treasure, what form the loot might take, and how kings have hundreds of diamonds. They then set off for the nearest dead-limbed tree, since such trees are typical hiding places for treasure. That afternoon, the boys dig in a number of places around the tree but find nothing. At first, Tom blames a witch, and he then realizes that they are going about it all wrong: they need to find where the shadow of the tree limb falls at midnight. They return that night and dig for a time, again without result. Eventually frustration and fear of the darkened woods make them give up because they fear haunted houses because ‘they’re a dern sight worse’n dead people. Dead people might talk, maybe, but they don’t come sliding around in a shroud, when you ain’t noticing, and peep over your shoulder all of a sudden and grit their teeth, the way a ghost does. I couldn’t stand such a thing as that, Tom —nobody could.’ (Twain, 1786, p.192)  Tom and Huck believe in ghosts and are sure they can appear any time in this haunted place. People have spread the belief and they can repeat it with determination and certitude. It even happens that people defend they have met dead people that have walked to avoid them. In fact, they have met the double of the dead one and with faith take it for truth.

Still in this haunted house, Tom and Huck confuse misfortune and superstition because their vain attempt to find out the hidden treasury is assimilated to the power of a witch. In the following dialogue, Tom and Huck explain the reasons of their bad luck:

Sometimes witches interfere. I reckon maybe that’s what’s the trouble now.’

‘Shucks! Witches ain’t got no power in the day- time.’

‘Well, that’s so. I didn’t think of that. Oh, I know what the matter is! What a blamed lot of fools we are! You got to find out where the shadow of the limb falls at midnight, and that’s where you dig!’ (Twain, 1786, p.190)

In fact, when people are unable to explain a phenomenon, it is attributed to ghostlike powers influencing ongoing actions. People are not able to question their techniques or knowledge because of the period when the actions take place. Here the second solution regarding the shadow of the tree at midnight is more ambiguous because it may be a night without sunshine. Even though it is the case, the position of the moon is important to determine.

The other superstitious reason mentioned by Tom and Huck is about the day. It is Friday, the most unlucky day of the week. They decide to make their way to the haunted house on Saturday. The fear of Friday has no scientific roots and simply believed to be so. Eichler’s point of view confirms my assertion:

The origin of the superstition concerning Friday is traced by most authorities to the crucifixion of Christ on that day. But there are some writers who advance the theory that Friday is regarded as an unlucky day because it was on Friday that Adam and Eve partook of the forbidden fruit. It is quite probable that this popular old legend gave rise to the superstitious notions concerning Friday. (Eichler, 1924, p.645)

It is but a matter of belief and environment simply because there exists no material evidence to show its veracity. He who does not believe in Christianity can laugh at such an explanation whereas Jesus Christ disciples may find an interest to accept it. Mark Twain refers to superstitious beliefs simply to trace to his own childhood and take the readers to appreciate this period of time when every aspect of life can be subject to its superstitions.

Conclusion

Twain first explores superstition in the graveyard, where Tom and Huck go to try out a magical cure for warts. From this point forward, superstition becomes an important element in all of the boys’ decision-making. The convenient thing about Tom and Huck’s superstitious beliefs is that there are so many of them, and they are so freely interpretable; Tom and Huck can pick and choose whichever belief suits their needs at the time. The humorousness of the boys’ obsession with witches, ghosts, and graveyards papers over, to some extent, the real horror of the things to which the boys are exposed: grave digging, murder, starvation, and attempted mutilation. The relative ease with which they assimilate these upsetting events into their childish world is perhaps one of the least realistic aspects of the novel. The boys negotiate all this horror because they exist in a world suspended somewhere between reality and make-believe. Their fear of death is real and pervasive, for example, but surely they do not really understand death and all of its ramifications. Twain uses this innocence of adolescence to spotlight the phenomenon of superstition in St. Petersburg and in the early nineteenth century. The very strategy used by Twain consists in revealing the falseness of what is believed. Wherever Tom and Huck are expected to meet ghosts, they happen to discover people they know. Nowhere in The Adventures of Tom Sawyer has a superstitious belief comes true. Twain has written the novel in 1876 to demystify superstition. He has made use of teenagers who are still fragile in their beliefs to go where adults can never accept to go because of their strong beliefs in superstition. Huck, a pariah in St. Petersburg, is used to play this role because no parents can allow his child to experience superstitious events. The other boys (Tom and Ben Rogers sometimes) follow him for the purpose. Superstition is less and less important because of the evolution of science.

 

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